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Ghost in the Shell Perfect Edition 1

The Ghost in the Shell Perfect Edition – Tome 1

The Ghost in the Shell Perfect Edition – Tome 1 Éditeur : Glénat
Titre original : Kôkaku Kidôtai
Dessin : Masamune SHIROW
Scénario : Masamune SHIROW
Traduction : Anne-Sophie THÈVENON
Prix : 14.95 €
Nombre de pages : 352
Date de parution : 15/03/2017

Après Akira et Gunnm, découvrez l’une des œuvres fondatrices du manga en France dans sa forme la plus complète. La trilogie de Masamune Shirow, Ghost in the Shell, Ghost in the Shell 2: Man-Machine Interface et Ghost in the Shell 1.5: Human Error Processor, popularisée par le film d’animation de Mamoru Oshii, a toujours été disponible en France dans un format cartonné, sens de lecture inversé, basé sur l’édition américaine. Le monde redécouvre aujourd’hui le major Kusanagi sous les traits de Scarlett Johansson, et il nous était indispensable de proposer l’œuvre d’origine, dans une édition revue par l’auteur : sens de lecture japonais, onomatopées sous-titrées, écritures de l’auteur respectées… À lire absolument avant de passer au cinéma !

Près de 21 ans se sont écoulés entre la première édition de The Ghost in the Shell (avril 1996) et la toute dernière offerte par Glénat en ce mois de mars 2017. Une chose est sûre, l’oeuvre de Masamune SHIROW est un must read manga de ce début d’année.

Autant commencer par clarifier une chose importante : le manga et l’anime possèdent des différences majeures dont on devrait vous parler tout au long de cette chronique. Si vous pensiez retrouver la même ambiance que dans le film d’OSHII, les séries Stand Alone Complex ou encore les OAV Arise, vous risquez d’être un peu déçu.

Au niveau des points communs, à part l’apparence physique des personnages (et encore, certains changent2 légèrement même si, grosso modo, on les reconnaît assez facilement) et l’univers futuriste dans lequel ils évoluent, difficile de trouver grand chose.
Ce n’est pas forcément un point négatif mais plutôt un avertissement : il ne faut pas aborder les deux oeuvres en pensant qu’elles se complètent. Ce serait une erreur. Avec le temps, l’anime s’est créé sa propre mythologie et a forgé ses propres personnages.

Cependant, nous sommes ici pour parler du manga. En premier constat, il faut l’avouer, l’oeuvre de SHIROW n’est pas facile à lire du tout. Un lecteur un peu jeune qui ouvrirait le tome à la FNAC ou même en librairie sera très rapidement découragé par la dose assez effrayante de texte présente sur chaque page.

Il ne s’agit pas seulement des dialogues. Dans un souci de cohérence et de réalisme (que l’on pourrait qualifier d’effrayant), le mangaka rajoute une multitude de notes personnelles dans ses planches pour donner un détail détail sur une arme ou une précision sur une organisation mentionnée.
L’éditeur a bien sûr pris la peine de les traduire mais parfois sans effacer la version japonaise pour une raison qu’il est très difficile d’imaginer. Mis à part une demande direct de l’auteur (et on se demande pourquoi il aurait refusé que l’on garde uniquement la traduction), impossible de justifier ce choix qui ne fait que densifier les pages.

En plus de notes, l’auteur aime aussi beaucoup parler de son univers, de le développer en 4/5 lignes sous chaque planche. C’est plus vrai au début du tome que vers la fin mais il tartine quand même un max, ce qui dénote un certain manque de travail au niveau de mise en scène et de la narration, à tel point qu’on se dit que SHIROW aurait presque été meilleur écrivain que mangaka.

Il possède un sens du détail exceptionnel, c’est indéniable. Chaque nouvel intervenant, nouvelle situation décrite aura le droit à sa petite description en bas de page et le résultat est ce monde fignolé à l’extrême et qui semble si vivant pour quiconque pose ses yeux sur l’oeuvre et réussit à vraiment rentrer dans l’histoire.

Cette dernière ne commence d’ailleurs à prendre de l’ampleur vers la fin du tome. Les premiers chapitres ne sont qu’une succession de petites missions qui servent à présenter les personnages et à montrer la création de la fameuse Section 9.

C’est l’introduction du Marionnettiste (ou “Puppet Master”, un nom qui devrait plus parler à ceux qui ont vu le premier film) qui va venir donner une profondeur nouvelle à l’intrigue. L’auteur va se focaliser un petit peu plus sur le devenir de Motoko et évoquer de nombreuses questions philosophiques comme le sens de la vie ou même ce qui peut vraiment être considéré comme « vivant ».
Un peu comme dans le film, il faudra s’accrocher et surtout relire plusieurs fois certaines cases pour être bien sûr de comprendre tout ce que le mangaka essaye de nous dire et croyez nous sur parole, il cherche à en dire énormément !

L’arrivée de ce personnage intrigant sera aussi donc l’occasion de développer le personnage de Motoko. Cette dernière, comme beaucoup d’autres personnages, n’a pas grand chose de la Motoko animée. Le Major de SHIROW est capricieuse, badine, facétieuse et n’hésite pas à rouler son boss dans la farine dès qu’elle le peut.
Certes, elle va acquérir un degré de conscience supplémentaire lors de sa rencontre avec le Puppet Master mais on est loin du soldat robotique qui vit pour son combat de la série.

Batô aussi est… Comment dire… méconnaissable. La version manga de ce personnage fait office de clown plus qu’autre chose. Sa tête est souvent ridicule et on ne retrouve pas ce personnage qui fait presque peur dans l’anime lorsqu’il passe aux choses sérieux. Ici, c’est un bouffon qui ne sert pas à grand chose si ce n’est à mettre en valeur le Major, chose un peu dommage.

On ne voit pas pas plus Pazu et Boma que ça mais bon, disons que ça ne change pas beaucoup de leur traitement dans Stand Alone Complex. Togusa et le chef de la section 9, Aramaki, ont été gardés quasi tels quels lorsqu’ils ont été adaptés pour le grand écran. On retrouve l’humain un peu maladroit et le leader aux multiples connections et qui sait tout sur tout.
Mention spéciale pour le chara design d’Aramaki qui ressemble vraiment à un singe dans le manga, pour lui qui se fait traiter de vieux macaque en permanence, on voit plus facilement d’où vient la référence.

Graphiquement, on est dans une œuvre typique de la fin des années 80 et du début des années 90. L’utilisation des trames reste assez simplistes et le dessinateur doit faire preuve d’une véritable prouesse technique pour bien différencier tous les plans de l’action.

Impossible aussi de ne pas apprécier ce côté « dessiné à la main » qui commence à manquer à certaines oeuvres modernes de mangaka qui utilisent de plus en plus l’outil numérique. Les personnages de SHIROW savent s’adapter aux situations et peuvent être sérieux (dans les phases d’action) mais aussi mignons et facétieux (dans les scènes du quotidien).

En ce qui concerne le découpage, l’auteur change son style en fonction des situations. mais reste quand même attaché au format “case”. On note quelques grandes cases dans les situations où un grand angle est nécessaire mais plus généralement, c’est à une multitude de petites cases qui est utilisée pour, encore une fois, montrer un maximum de choses et dans un maximum d’angles différents.
Ce n’est pas pour rien si on vous disait plus haut que SHIROW avait peut-être raté sa vocation d’écrivain !

Pour l’édition, Glénat nous propose un pavé souple de 352 pages (qui ne fait même pas l’épaisseur d’un de leurs tomes doubles de Kurogane no Linebarrels, c’est dire à quel point le papier est fin…) dans un format 145 x 210 mm (le même que l’édition manga de Ghost in the Shell: Stand Alone Complex) et avec, il faut le préciser, un nombre de pages en couleur non négligeables.
Ce tome correspond au volumes 1 et 2 de l’édition de 1996 dont le format était 195 x 295 mm. On perd donc au niveau format, particulièrement avec les planches chargées de SHIROW, mais au moins cela respecte au mieux l’édition japonaise d’origine. Au menu jaquette (alors que précédemment on était sur du hardcover) et visuels de couvertures japonais jusqu’au texte du rabat que l’auteur aurait demandé à ne pas traduire.
Pour quasiment le prix d’un volume de l’édition française d’origine, on a droit aux 352 pages du tome japonais entier avec ses multiples pages couleurs bien reproduites et des planches noir et blanc aux noirs profonds et très propres.

Là où c’est moins bon, c’est au niveau de la traduction. Ce n’est absolument pas fluide et la construction des phrases est véritablement bancale par moments avec des groupes circonstanciels insérés à des endroits aléatoires à coup de virgules utilisées faute de mieux.
Plusieurs choses peuvent expliquer pourquoi on en est arrivé à ce niveau là. Soit Anne-Sophie THÈVENON a laissé de côté toutes ses années d’expérience pour tenter un coup de poker, soit le texte de base était mal écrit ou on peut même imaginer que la personne à l’adaptation/correction a voulu réarranger et s’est plantée.
Cette dernière hypothèse me semble la plus probable vu les multiples coquilles du tome. Vous en noterez d’ailleurs une magnifique page 55. Je ne vous en dit pas plus !

Cette réédition de Ghost in the Shell arrive à point nommé pour préparer les lecteurs à la sortie du film live (prions tous) le 31 mars. Il offre un bon retour aux sources pour le fan des adaptations animées mais aussi un point de départ intéressant pour le lecteur aventureux et motivé et le tout, dans une édition qui revient enfin au sens de lecture original.

Près de 21 ans se sont écoulés entre la première édition de The Ghost in the Shell (avril 1996) et la toute dernière offerte par Glénat en ce mois de mars 2017. Une chose est sûre, l'oeuvre de Masamune SHIROW est un must read manga de ce début d'année. Autant commencer par clarifier une chose importante : le manga et l'anime possèdent des différences majeures dont on devrait vous parler tout au long de cette chronique. Si vous pensiez retrouver la même ambiance que dans le film d'OSHII, les séries Stand Alone Complex ou encore les OAV Arise, vous risquez d'être un peu déçu. Au niveau des points communs,…

"They created me but they cannot cont-"... Faute de frappe, désolé !

Graphisme - 83%
Histoire - 78%
Mise en scène - 63%
Originalité - 77%
Edition - 65%
Dans son genre - 85%

75%

(Le) GITS (et le couvert)

Cette réédition de Ghost in the Shell arrive à point nommé pour préparer les lecteurs à la sortie du film live (prions tous) le 31 mars. Il offre un bon retour aux sources pour le fan des adaptations animées mais aussi un point de départ intéressant pour le lecteur aventureux et motivé et le tout, dans une édition qui revient enfin au sens de lecture original.




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A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

7 commentaires

  1. Bonjour,
    Enfin une nouvelle édition de GITS… Cependant, petite coquille au début de l’article, entre la 1er édition en 1996 et celle-ci en 2017 ce n’est pas 11 ans mais 21ans qui se sont passés… le coup de vieux est encore pire! ^_^

  2. Bonjour,

    je n’ai pas encore acheté ce tome, mais j’ai pu le feuilleter par hasard dans une grande surface ce midi. J’ai trouvé le papier carrément mieux que celui utilisé dans la dernière édition d’Akira!

    C’est moi ou personne ne l’a remarqué?!
    (je dis juste ça par rapport à votre remarque sur la finesse du papier)

    Bonne journée!

    • Perso je trouve que le papier utilisé ressemble grandement à celui utilisé par soleil sur dorohedoro, blanc éclatant, lisse au toucher, peu transparent mais assez fin, ce qui au final donne des tomes peu épais malgré une forte pagination par contre franchement, le rendu est bon.

      c’est pareil sur dorohedoro, on est sur +200 pages parfois et les tomes sont assez fins.

  3. Il est dommage que vous ayez oublié de mentionner que, comme dans la précédente édition, une ou deux pages en couleur ont disparu pour cause de censure, censure qui n’est certainement plus justifiée aujourd’hui.

    • Ours256

      J’ai vu plusieurs collègues en parler sur Twitter et si je ne les ai pas mentionnées, c’est tout simplement parce qu’elle n’apportent pas grand chose à l’oeuvre en elle-même. Avec ou sans, la chronique ne change pas d’où la non-mention 🙂

      • Dans l’absolu, je suis d’accord, mais c’est le genre de choses qu’il est bon de savoir avant l’achat (c’est plus le principe qui me chiffonne qu’autre chose).

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