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Sukedachi 09 – Tome 1

Sukedachi 09 – Tome 1 Éditeur : Kurokawa
Titre original : Sukedachi Nine
Dessin : Seishi KISHIMOTO
Scénario : Seishi KISHIMOTO
Traduction : Pierre GINER
Prix : 7.65 €
Nombre de pages : 208
Date de parution : 09/06/2016

Véritables incarnations de la loi du Talion dans le Japon féodal, les « Sukedachi », des guerriers d’élites, ont disparu après des siècles de présence… mais les voici de retour au sein d’une organisation gouvernementale pour appliquer leur justice : impitoyable, irrémédiable et définitive ! Bras vengeurs, assassins, mercenaires, anges exterminateurs ou démons… qui sont ces guerriers aux multiples noms ? Face à une société moderne qui semble trop laxiste vis-à-vis de la criminalité, les Sukedachi reviennent pour rétablir une justice radicale qui a fait ses preuves. Mais où s’arrête la justice et où commence la vengeance ?

Après le bon Crimson Wolf, Seishi KISHIMOTO était attendu au tournant par ses fans. Avec Sukedachi 09, le mangaka revient une fois de plus chez Kurokawa avec un titre au pitch plutôt intrigant.

Autant répondre tout de suite à la question qui brûle les lèvres de tous les lecteurs… Si vous voulez savoir ce qu’est un sukedachi, c’est tout simple, il s’agit d’un exécuteur des temps modernes. Ces hommes chargés de faire respecter une nouvelle loi, la « loi de réparation », viennent remplacer les bourreaux du Moyen-Âge même s’ils prennent beaucoup plus de risques.

Pour humaniser la peine de mort, le déroulement des événements doit être le suivant : un comité doit étudier le dossier de « demande de réparation », le sukedachi et le condamné doivent se trouver dans un endroit désert et la mort du détenu doit être identique à celle de sa victime. Il n’y a aucune autre restriction et les opposants peuvent utiliser tout ce qui leur passe sous la main.

Ainsi, le condamné a « une chance » de s’en sortir s’il parvient à tuer son bourreau. Évidemment, ce n’est qu’une apparence puisque les membres de l’unité d’élite qui servent d’exécuteurs sont surentrainés et n’hésitent pas à préparer le lieu d’exécution avec les outils nécessaires à leur travail. Le bonus : les sukedachi portent une caméra qui permet à un proche de la victime de regarder toute la scène et donc d’obtenir le repos.

Expliquée comme ça, l’idée de base a l’air plutôt bonne, non ? Très sincèrement, elle l’est. Le problème, c’est que Seishi KISHIMOTO n’est pas parvenu à l’exploiter correctement. À la lecture, ce premier tome de Sukedachi 09 est long… vraiment très long… et pas franchement passionnant, la faute à un rythme pas franchement maîtrisé. Pourtant, ça part d’une bonne intention, l’auteur voulant simplement donner autant de détails que possible…

En fait, il s’attarde trop sur les crimes et les condamnés qui sont bien plus développés que les sukedachi. Il ne donne presque aucune information sur son unité d’élite et ne les montre en action que sur un nombre assez limité de pages. Est-ce une manière pour lui d’entretenir le mystère ? Possible mais pour le moment, il n’y a aucun moyen de le savoir.

Il faudra lire le tome 2 pour avoir une idée plus claire des intentions de l’auteur vis à vis de son histoire puisque pour l’instant, il n’a fait que nous proposer une suite (assez similaires) d’exécutions et aucune intrigue de fond, ce qui n’aide pas à voir ce qu’il cherche à développer.

Il n’est pas non plus question d’entrer dans des débats philosophiques sur la peine de mort (un peu comme dans Ikigami). Personne ne cherche à remettre en cause la « loi de réparation » qui semble plutôt bien acceptée et très utilisée par le public. Dommage pour ceux qui cherchaient des thèmes un peu plus adultes…

Les personnages ne vont pas non plus venir sauver l’oeuvre puisqu’aucun ne réussit vraiment à sortir du lot. Un peu à la manière de robots, aucun n’appelle d’empathie particulière. On leur donne un ordre et ils s’exécutent (avec la manière, soit), c’est aussi simple que ça.

Graphiquement, le mangaka possède toujours ce style si similaire à celui de l’auteur de Naruto (Masashi KISHIMOTO, son frère) et ne semble pas vouloir trouver sa griffe personnelle. On notera cependant une utilisation des ombres et un encrage un peu plus seinen que dans ses oeuvres précédentes. Pour le reste, c’est très propre à tous les niveaux mais ça manque peut-être un peu de saveur (les décors sont mornes) pour être au top.

Kurokawa a fait son boulot d’édition avec son niveau d’exigence habituel. On a donc un ouvrage de bonne qualité et une couverture laminée au design efficace. Les deux pages en couleur sur papier glacé n’ont pas été oubliée non plus.
Qui dit « loi » dit texte et pour le coup, il y en a pas mal dans ce premier tome de Sukedachi 09 même si ça reste plutôt digeste. Le vocabulaire utilisé et clair et les répliques s’enchaînent avec une fluidité exemplaire et ce, malgré la lourdeur de certains thèmes abordés (la bureaucratie, ce n’est pas fun tous les jours…), preuve que Pierre GINER a fait du bon boulot.

Robert Badinter n'aime pas ça

Graphisme - 64%
Histoire - 50%
Mise en scène - 53%
Originalité - 62%
Edition - 75%
Dans son genre - 45%

58%

Mooooort

Même s'il y a quelques bonnes trouvailles au niveau de l'histoire, le rythme adopté par l'auteur est loin d'être convenable. Il s'attarde énormément sur les crimes en eux-mêmes mais sans vraiment aller dans le fond des choses et reste souvent très "gentillet", "propre". Sachant qu'il reste en surface, on ne sent ni enjeu ni prise de risque de la part de Seishi KISHIMOTO dans ce premier tome de Sukedachi 09.




A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

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