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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

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Stray Souls 1

Stray Souls – Tomes 1 & 2

Stray Souls – Tomes 1 & 2 Éditeur : Pika Édition
Titre original : Kakuriyo Monogatari
Dessin : Ryu FUJISAKI
Scénario : Ryu FUJISAKI
Traduction : Thibaud DESBIEF
Prix : 7.2 €
Nombre de pages : 208
Date de parution : 21/09/2016

La princesse Ame et son ami d’enfance, Saruta-hiko, vivent dans le monde des esprits. Ils ne viennent dans le monde des vivants que pour aider les humains lorsque de terribles esprits vengeurs, les onryô, les attaquent. Depuis quelque temps, les apparitions de ces monstres sont de plus en plus fréquentes ! Qui est responsable de ce phénomène ? Ame et Saruta-hiko vont devoir payer de leur personne pour le découvrir…

Après Hoshin chez Glénat et Shi Ki chez Kazé Manga, Ryu FUJISAKI est de retour en France (chez un troisième éditeur : Pika) avec une troisième oeuvre, Stray Souls, qui vient emprunter un peu à ses deux titres précédents. Que ce soit le côté japonais mystico-traditionnel du premier ou le côté plus sombre et inquiétant du deuxième, on voit tout de suite que le mangaka est maintenant capable de proposer une oeuvre complète et bien rythmée.

Les deux mangas cités ci-dessus n’ont probablement pas eu l’impact qu’ils méritaient en France avec une aura qui ne parlera pas forcément aux non-initiés. Pourtant, les amateurs de japoniaiseries des premières heures devraient réagir lorsqu’ils liront Hoshin ou encore le titre de son adaptation animée Soul Hunter.
Le titre fait, en effet, partie des premières grosses publications de Glénat en France. C’était en 2001, alors que le manga commençait à bien se démocratiser dans l’hexagone. Issue du Shônen Jump, la série attirait l’oeil par un graphisme assez atypique mais encore un peu brouillon (elle date quand même de 1996 au Japon).

Stray Souls arrive un peu plus de vingt ans après les débuts de l’auteur (qui s’est mis à dessiner professionnellement au début des années 90) et la différence entre les deux série est flagrante. Rien que qu’en comparant avec Shi Ki paru il y a quelques années seulement, la différence est flagrante.
C’est vraiment très beau, rien à dire à ce niveau là avec une utilisation de la 3D détaillée par l’auteur lui-même qui nous explique qu’il passe des heures à modéliser certains bâtiments pour ne les utiliser que pendant quelques pages… Les mangaka ont parfois de drôles de hobbies, vous ne trouvez pas ?

Pour ce qui est du découpage, on sent que l’auteur cherche à limiter au maximum la prise de reste avec des cases très scolaires mais surtout à imposer un rythme assez lent à son histoire avec de nombreuses planches comptant moins de 5 cases. Gros plans, variations d’angles et autres artifices graphiques sont mis en place pour que le lecteur soit mis à l’aise dans une histoire plutôt ambitieuse pour un shônen.

Dans le déroulement, on se rapproche fortement de Noragami (aussi disponible chez Pika) avec des éléments divins du folklore japonais, des esprits sombres et malins qui cherchent à nuire aux humains et des histoires d’âmes corrompues par les regrets et les remords. Intéressant de voir que deux titres du catalogue de l’éditeur se font aussi clairement écho.

Les personnages sont, pour l’instant, un peu trop stéréotypés pour être qualifiés de remarquables.
On retrouve le héros fort, déterminé et surtout qui ne recule devant rien pour défendre celle qu’il aime. C’est un peu trop vu et revu pour vraiment faire de l’effet et son passé triste ne vient pas vraiment aider l’originalité non plus…
L’héroïne d’une pureté sans pareille, c’est aussi quelque chose qui aurait pu être évité pour ne pas trop tomber dans le cliché mais l’auteur n’ayant pas encore eu trop le temps de la développer, on peut encore espérer qu’il fasse quelque chose, en particulier au niveau de la relation avec sa soeur.
Cette dernière vient jouer le rôle du méchant (même s’il y a un vrai manipulateur qui se cache dans l’ombre, un personnage qui devrait être bien plus intéressant) un brin ingénue avec une attitude pas forcément belliqueuse mais une volonté d’aider le mal à se libérer (en tout bien tout honneur).

Si l’histoire met un petit moment à démarrer, c’est parce que le cadre que cherche à poser FUJISAKI est particulièrement complexe, même très ambitieux pour un shônen. Il limite au maximum les personnages pour pouvoir se concentrer sur le destin d’Ame qui, en suivant le chemin ouvert par sa soeur, se dirige droit vers une morte certaine.

Saruta-hiko va pourtant tout faire pour lui permettre de vivre comme une fillette normale (elle a 11 ans mais paraît beaucoup plus vieille à cause de l’utilisation de son pouvoir) mais, alors que les combats se multiplient, il va rapidement se demander s’il n’y a pas quelque chose à faire pour soulager son amie de ce pouvoir qu’il voit plus comme une malédiction qu’autre chose.

Au niveau de l’édition, Pika fait du Pika avec son format shônen traditionnel qui va bien (même papier, même soin sur le lettrage) à une exception près : la couverture. Cette dernière à le droit à un vernis sélectif du plus bel effet couplé à un effet peau de pêche sur la partie blanche. C’est vraiment du beau boulot et on sent un véritable travail derrière l’élaboration de la jaquette.
Petite remarque à propos de la traduction : Thibaud DESBIEF a laissé de nombreux termes en en langue japonaise (les fameux « intraduisibles »), ce qui aura peut-être pour effet de décourager certains lecteurs. Ce serait une véritable erreur puisque passés les deux premiers chapitres, les mêmes sont utilisés de manière récurrente et vu le nombre de répétitions, on finit pas ne plus se poser la question.

Du rififi chez les âmes errantes

Graphisme - 87%
Histoire - 70%
Mise en scène - 67%
Originalité - 72%
Edition - 80%
Dans son genre - 86%

77%

Bondage ?

Stray Souls est un titre qui sait puiser dans l'énorme vivier culturel japonais pour proposer une histoire qui sait mêler histoire, mystique et amour, le tout sous une plume tout simplement fabuleuse (FUJISAKI saura flatter vos rétines). Pika ayant eu la bonne idée de sortir les deux premiers tomes, vous n'aurez même pas l'excuse de l'histoire trop longue à démarrer pour ne pas le prendre !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

2 commentaires

  1. J’ai trouvé ce titre tellement minable à tout les niveaux je ne comprend absolument pas les critiques online à son sujet … c’est moche mais d’une force incroyable, les proportions mauvaises, les personnages ridicules, leur chara-design sans saveur et le découpage horrible. c’est fouillis et les dialogues insipides et indigestes avec des répétitions d’une lourdeur infinie.

    Sûrement le plus mauvais titre que j’ai lu depuis bien longtemps.

  2. Je dois aussi avoir des goûts de m****, j’ai adoré ces 2 premiers tomes:D

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