Publicité


Springald

Springald

Springald Éditeur : Ki-oon
Titre original : Kuro Hakubutsukan - Springald
Dessin : Kazuhiro FUIJITA
Scénario : Kazuhiro FUJITA
Traduction : Sébastien LUDMANN
Prix : 8.9 €
Nombre de pages : 208
Date de parution : 22/09/2016

Au cœur de Scotland Yard, le Black Museum conserve secrètement les pièces à conviction des enquêtes liées aux pires criminels du pays, dont le mystérieux Jack Talons-à-Ressort… Londres, 1837. Un monstre aux jambes immenses, à la bouche en feu et aux griffes acérées apparaît la nuit pour déchirer les vêtements d’innocentes jeunes filles avant de s’enfuir en sautant de toit en toit, ne laissant derrière lui que l’écho d’un rire aigu aux accents de folie… Son surnom : Jack Talons-à-Ressort ! Le criminel disparaît de lui-même au bout de six mois… avant de refaire la une des journaux trois ans plus tard. Mais cette fois, pour meurtre ! Ce qui avait des allures de farce a pris un tour macabre : les victimes, toutes des femmes, sont retrouvées éventrées… L’inspecteur James Rockenfield, connu pour ses méthodes d’investigation brutales, s’est juré de mettre la main sur l’insaisissable Jack. Hélas, l’enquête se corse lorsque les indices le mènent aux portes du manoir d’un des nobles les plus fortunés du pays…

Springald, c’est la dernière folie des éditions Ki-oon. Sortir du FUJITA en France, plus personne ne l’attendait après l’échec cuisant de Karakuri Circus chez Delcourt et les ventes anecdotiques de Moonlight Act chez Kazé. Pourtant, l’éditeur prend un risque en sortant ce one shot, le premier de la série Black Museum qui intéresse même les américains puisqu’ils vont eux-même en sortir un opus (The Ghost and The Lady).

springald-logo

L’histoire, c’est un peu celle de Jack l’Éventreur et les amoureux des affaires sordides n’auront aucun mal à retrouver les idées véhiculées par le fait divers et ses suites. Il y a quand même une différence majeure entre le personnage de FUJITA, Jack Talons-à-Ressorts, et le tueur de prostituées : la violence.

Le héros de l’histoire ne va pas jamais chercher à tuer ses victimes. Ses méfaits relèvent plus de la bouffonnerie qu’autre chose, son but étant de mettre à « nu » les jeunes femmes pour satisfaire un plaisir très certainement discutable. C’est d’ailleurs l’une d’entre elle qui va le pousser à la retraite.
Le problème se pose surtout lorsqu’un Jack Talons-à-Ressorts sorti de nulle part commence à commettre des meurtres. La violence fait donc intrusion chez un personnage que le public ne voyait pas comme une menace sérieuse.

FUJITA est un raconteur né. Il sait comment mener son histoire, comment placer ses flashbacks. Il fait partie de ces auteurs qui sait prendre le lecteur et ne jamais le lâcher. Une fois démarré, il est difficile de lâcher Springald et ce, même si la plupart de l’histoire reste assez prévisible. On devine assez rapidement les intentions du personnage principal ainsi que ses raisons d’agir ainsi. Derrière la machination, le « criminel » est, lui aussi, découvert très rapidement. Le manga n’est pas une oeuvre policière à suspense et ne cherche pas à l’être du tout.

C’est par son atmosphère variable qu’il va venir se démarquer. Il y a des moments qui tirent sur l’angoisse avec un personnage terrifiant qui laisse échapper une fumée épaisse, symbole d’une monstruosité qui vient défier la réalité et la rendre floue. Il y en a d’autres qui sont plus calmes, plus posés comme les discussions entre l’inspecteur et son principal suspect qui, dans la mise en scène, ne sont pas sans rappeler certaines histoires de Sherlock Holmes (ou des épisodes de Columbo, on a les références qu’on mérite !) tant l’échange entre les deux personnages est intelligent.

Graphiquement, le mangaka propose un travail découpé de manière très classique même s’il n’hésite pas à casser cette normalité pour faire bondir le personnage hors de certaines cases. On aurait peut-être apprécié de le voir plus souvent sur des double-pages qui se font un peu trop rares compte tenu des possibilités apportées par le personnage.
L’encrage de FUJITA donne un côté très particulier à son travail. On aime ou on aime pas, il est très difficile de ne pas avoir un avis tranché. Si vous avez déjà ouvert un tome de Moonlight Act, vous ne devriez pas être dépaysés même si Springald utilise des trames beaucoup plus sombres pour poser des ambiances moins joviales et plus inquiétantes.

KUROHAKUBUTSU-KAN SPRINGALD © Kazuhiro Fujita / Kodansha Ltd.
KUROHAKUBUTSU-KAN SPRINGALD © Kazuhiro Fujita / Kodansha Ltd.

Petit mot sur l’édition tout simplement fabuleuse de Ki-oon qu’il est impossible de ne pas encenser.  La traduction de LUDMANN s’adapte parfaitement avec l’époque qui est décrite. On retrouve donc un vocabulaire qui peut paraître assez vieux mais dans la mesure où l’histoire se passe en 1837, on se met dans le bain plus facilement !
Avec sa couverture « écailles de dragon » qui donne un cachet vieillot à l’ouvrage, ses dorures qui font ressortir le titre et les cadres de la couvertures, il y a de quoi faire pour le fan de beaux objets. Avec ses 250 pages (dont quelques unes en couleurs sur papier glacé au début), les 8,90 euros ne sont vraiment pas volés !

L’arrivée de Springald est une excellente surprise et même si deux éditeurs ont échoué, on espère que Ki-oon parviendra à faire du titre un succès pour donner à Kazuhiro FUJITA le succès qu’il mérite en France. Qui sait, cela mènera peut-être aux autres opus du Black Museum et, soyons complètement fous (et rêveurs…), une réédition de Karakuri Circus… 

"Couvrez ce sein que je ne saurais voir !"

Graphisme - 72%
Histoire - 65%
Mise en scène - 86%
Originalité - 80%
Edition - 90%
Dans son genre - 84%

80%

Bounce

Springald est une oeuvre singulière dont il serait dommage de se priver. Son graphisme atypique et son cadre bien croqué en font un manga qu'il est difficile de ne pas conseiller. L'éditeur n'a pas hésité à se faire plaisir en proposant une édition qui saura ravir les fans et qui ne manquera pas d'attirer l'oeil du lecteur en librairie.




A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

Laisser un commentaire

[the_ad id="59920"]