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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

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Smokin’ Parade – Tome 1

Smokin’ Parade – Tome 1 Éditeur : Kana
Titre original : Smokin' Parade
Dessin : Kazuma KONDO & Jinsei KATAOKA
Scénario : Kazuma KONDO & Jinsei KATAOKA
Traduction : Cyril COPPINI
Prix : 5.95 €
Nombre de pages : 216
Date de parution : 20/10/2017

Le jour de ses 15 ans, Yôkô Kakujô assiste impuissant au meurtre de sa seule famille : sa petite soeur, Mirai. Cette dernière, transformée en une créature monstrueuse sur le point de l’exécuter, est alors tuée par une brigade se faisant appeler les « Jackalope ». Dans le but de découvrir ce qui est arrivé à sa soeur, Yôkô décide malgré tout de les rejoindre. Commence ainsi la longue traque de ces bêtes étranges nommées « spider »…

Plus de 3 ans… C’est le temps qu’il aura fallu attendre avant de retrouver les auteurs de l’excellent Deadman Wonderland en France. Pour les maniaques de la collection, bonne nouvelle, c’est bien Kana qui nous propose Smokin’ Parade.

Le duo Kazuma KONDO et Jinsei KATAOKA est donc de retour avec une nouvelle série qui reste dans la continuité directe de son précédent succès. En fait, c’est peut-être l’une des choses les plus faciles à reprocher à ce titre, la base de l’histoire est très similaire à l’histoire de Ganta.

On commence donc avec Yôkô, un ado qui vit une vie particulièrement tranquille et sans soucis. Le jour où sa soeur subit une greffe, il va basculer dans l’horreur. La jeune fille perd le contrôle et un mystérieux virus la transforme en monstre assoiffé de  sang.

Un acte d’une violence rare vient perturber le quotidien d’un ado banal, ça ne vous rappelle rien ?
Niveau originalité, les auteurs auraient peut-être pu se creuser un peu plus la tête. Même chose pour les « Jackalope » qui sont très similaires aux « deadmen ». Ici, ce n’est pas le sang qui sert de catalyseur mais les parties de corps perdues et qui ont été remplacées (tous ont subi une greffe).

Attention, même si la base développée possède de nombreux liens avec leur série précédente, les auteurs ont été assez intelligents pour la faire évoluer.
La première preuve n’est autre que l’attention toute particulière portée aux personnages. Ils n’ont pas grand chose à voir avec ce que l’on connaît des mangakas et même s’ils rentrent dans certains archétypiques, ils possèdent tous un petit quelque chose qui les rend intéressants et uniques.

Le déroulement de l’histoire est aussi complètement différent puisqu’il n’est pas question ici d’univers carcéral mais il y a quand même un certain danger qui vient des « officiels » (ou du gouvernement si vous préférez) puisque les monstres que sont les « Jackalope » sont recherchés et passent donc leur temps à fuir et ce, même s’ils essayent de sauver le monde.

Pour l’ambiance, le duo n’a rien perdu de son talent et on retrouve ce qui faisait le piquant de sa série précédente. Il y a toujours cette sensation étouffante et ce côté un peu macabre qui rendaient les travaux des auteurs particulièrement attrayants.
Ajoutez à cela des réactions réalistes et surtout cohérentes (avec leur état d’esprit) de la part des personnages et vous obtenez un cocktail qui saura convaincre les lecteurs les plus réticents.

Comme dit plus haut, la série n’est pas parfaite non plus et il va dire que celui qui n’a pas lu Deadman Wonderland devrait l’apprécier un peu plus puisqu’il découvrira un univers original et d’une profondeur remarquable dans le paysage manga moderne.

On notera aussi une petite lenteur à démarrer qui ne plaira pas à tous. Les mangakas prennent leur temps pour installer le récit et font en sorte de ne pas laisser le public dans le brouillard. Le mystère se situe plutôt dans des éléments de l’histoire plutôt que sur les personnages eux-mêmes (malgré le manque d’information sur les « Jackalope »).

Au niveau graphique, il faut le dire, c’est juste sublime. Le trait est d’un dynamisme rarement égalé et le soin apporté à tous les éléments mécaniques force le respect. KONDO parvient à donner un petit côté steam punk qui n’est pas désagréable du tout.

Dans Smokin’ Parade, on retrouve aussi ces magnifiques pages doubles qui en mettent plein les yeux. Le découpage est vraiment pensé pour optimiser le rythme au maximum. Il n’y a aucun temps mort et tout s’enchaîne à une vitesse folle, ce qui donne un dynamisme exceptionnel aux combats.
Avec tout ce qui se passe, on se laisse porter par les cases et le pire, c’est cette fluidité naturelle qui s’en dégage… Impressionnant !

Kana propose une édition similaire à ce qu’ils avaient fait sur Deadman Wonderland. C’est plutôt sympa compte tenu de ce qu’on peut voir avec leur papier ces derniers temps. Pour le coup, on a un ouvrage souple mais pas au point de plier complètement dans les mains ainsi que des pages en couleurs pour le plaisir des yeux.
Si le nom de Cyril COPPINI ne vous dit rien, il officie pourtant depuis un petit moment chez l’éditeur, notamment pour Détective Conan. Il se débrouille bien et fait vite oublier les phrases assez maladroites de Pascale SIMON grâce à des dialogues bien adaptés et intelligemment rythmés.

L'araignée tisse sa toile...

Graphisme - 88%
Histoire - 67%
Mise en scène - 65%
Originalité - 62%
Édition - 70%
Dans son genre - 77%

72%

Cut

Après un très bon Deadman Wonderland, Jinsei KATAOKA et Kazuma KONDO reviennent en forme avec Smokin' Parade. Sur les pas de Ganta, les aventures de Yôkô prennent tout de suite la même odeur de sang. Le duo capitalise sur ce qu'il fait de mieux et propose une ambiance aux petits oignons, des personnages originaux et un univers particulièrement macabre. Entrez y à vos risques et périls !




A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

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