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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

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Shônan Seven – Tome 1

Shônan Seven – Tome 1 Éditeur : Kurokawa
Titre original : Shonan Seven
Dessin : Shinsuke TAKAHASHI
Scénario : Tôru FUJISAWA
Traduction : Nesrine MEZOUANE
Prix : 6.8 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 08/08/2016

Ikki Kurokami s’inscrit au lycée Tsujidô pour tenter sa chance au tournoi des Shônan Seven : des battles opposant les sept racailles les plus fortes du secteur Shônan. Celui qui battra les autres combattants recevra tous les honneurs et apportera la gloire à son lycée. Mais avant d’arriver aux Shônan Seven, encore faut-il devenir le meilleur de son établissement. Et pour Kurokami, c’est loin d’être gagné…

Onizuka est de retour ? Non pas vraiment. Avec Shônan SevenKurokawa permet plutôt à l’univers dont est issu le célèbre professeur pervers de revenir sur le devant de la scène. Si on veut être plus précis, c’est même le cadre de sa jeunesse que Shinsuke TAKAHASHI met ici en images.

Young GTO ou Shônan jun’ai gumi est une série en 31 volumes sortie chez Pika il y a quelques années (et dans la première moitié des années 90 au Japon). Elle nous racontait la jeunesse du célèbre Onizuka ainsi que son ami Ryuji Danma dans le lycée Tsujidô (celui là même qui accueille Ikki dans le nouveau titre des éditions du Fleuve Noir). Manga de furyo dans la plus pure tradition du genre, la série sert de base à celle qui nous intéresse aujourd’hui.

Dans Shônan Seven, FUJISAWA vient continuer son premier gros succès en lui proposant une suite directe. Même s’il n’est pas au dessin, on comprend assez rapidement qu’il est au scénario dans la mesure où les références à la précédentes séries sont subtiles et bien senties (si vous avez relus Young GTO ou Shônan 14 Days récemment, vous ne devriez pas louper la petite allusion à Joey par exemple).

Cependant, il n’est en aucun nécessaire d’avoir lu ces deux titres pour apprécier ce retour à Shônan. Tôru FUJISAWA a fait en sorte de pouvoir contenter les anciens comme les nouveaux lecteurs grâce à une histoire accessible qui se pose petit à petit.

On découvre donc un tout nouveau personnage, Ikki Kurokami et même si ce dernier semble avoir un lien très fort avec l’un des personnages principaux de Young GTO (le suspense est à son comble !), il a décidé de vivre sa vie à sa façon et sans se soucier de son glorieux ainé.
Cette décision permet donc aux auteurs de faire comprendre aux lecteurs qu’ils ne vont pas leur faire lire une autre histoire d’Onizuka. Ce sont les aventures d’Ikki qui seront racontées et pas celles d’un autre personnage. Ainsi, malgré les références, il n’y a, dans ce premier tome, aucune apparition directe d’un ancien personnage.

Au contraire, FUJISAWA et TAKAHASHI installent progressivement leur nouveau héros mais aussi ses rivaux potentiels dans le tournoi qui devrait le mener au sommet. On retrouve des personnages plutôt drôles comme monsieur « face de gorille » ou encore le détestable Kamijo, personnage qui a l’air très propre sur lui mais qui n’hésite pas à faire quelques petits coups en traître quand il l’estime nécessaire.

L’élément le plus notable de ce Shônan Seven, c’est sûrement son ambiance. Cet univers si particulier des voyous lycéens est vraiment bien retranscrit avec son héros belliqueux mais pas trop et ses personnages secondaires qui n’hésitent pas à provoquer quiconque croiserait leur regard.
Dans un monde où la virilité passe par l’audace (comprenez qu’il faut avoir des c******) et la force, on retrouve quand même deux personnages féminins. L’une reste très mystérieuse et on ne sait pas encore trop à quoi s’attendre avec elle mais la seconde, amie d’enfance du héros, vient souvent le remettre à sa place, un peu comme Shinomi ne manquait pas de rappeler Onizuka à l’ordre dans Young GTO.

Même s’ils ne sont pas aussi musclés que les hommes de Gengoroh TAGAME (auteur du Mari de mon frère dont on vous parlera très prochainement), les voyous de Shinsuke TAKAHASHI n’ont rien à envier aux boxeurs de George MORIKAWA même s’ils possèdent un style qui joue beaucoup moins avec les rondeurs. Le seul lien que l’on retrouve, c’est la structure plus ou moins similaire du lycée Tsujidô mais déjà à l’époque, il faisait très « standard ».

Ce nouveau dessinateur tranche donc énormément avec le style de FUJISAWA qui restait assez inexpérimenté et proposait des choses qui pouvait avoir l’air très brouillon dans Young GTO. Fini la banane, les jeunes voyous ont toujours des cheveux décolorés mais ils ont des coupes à faire pâlir d’envie les footballeurs (une toute petite exagération) !
Le mangaka nous sert un graphisme moderne, efficace qui devrait assez facilement accrocher le lecteur qui feuillettera ce premier tome (pour peu qu’il apprécie la représentation exagérée des muscles imposée par le genre).

Kurokawa est un éditeur qui semble aimer les défis. Après avoir tenté de remettre les mangas historiques sur le devant de la scène avec Les Misérables, les titres de super sentaï avec Ultraman, les voilà qui tentent de redonner une place de choix au manga de furyo. Ils le font comme il se doit avec un premier titre plutôt bon et dont l’édition a été soignée à tous les niveaux.

Ce qui ressort le plus, c’est le parti pris visuel. L’habillage graphique du titre est travaillé et correspond parfaitement à l’ambiance et au style du titre tout en changeant un peu la colorimétrie choisie sur la jaquette japonaise. Plutôt qu’un fond blanc, le graphiste de Kurokawa a choisi le duo noir/rouge qui donne une impression de puissance renforcée et surtout, rend la couverture beaucoup moins standard qu’à l’origine.

Young GTO sans GTO

Graphisme - 75%
Histoire - 61%
Mise en scène - 68%
Originalité - 77%
Edition - 75%
Dans son genre - 85%

74%

PAF

Shônan Seven, c'est le retour du manga de furyo en France et ça nous fait carrément plaisir ! Après Young GTO, Crows, Clover, Racailles Blues (pour ne citer qu'elles), on espère que le genre retrouvera son public (et par la même occasion ses lettres noblesses) sur un marché souvent impitoyable avec les séries dérivées.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

5 commentaires

  1. Fujisawa ? inexpérimenté ?

    Quoi qu’il en soit, c’est bien dommage, si y a bien une configuration qu’il fallait éviter, c’était bien Fujisawa au scénario. C’est justement là ou il est assez faible, et ce qui a causé pas mal d’arrêt prématuré de ses séries.

    Il est pourtant si bon au dessin…..

    • Ours256

      Oui oui, je te confirme, FUJISAWA était inexpérimenté lorsqu’il a publié Young GTO (une de ses premières séries).

      Après, qu’il soit au scénario, quand il s’agit d’une série de la licence GTO, en général, il ne se rate pas trop et je pense que Shônan Seven le prouve une fois de plus.

  2. Pourquoi évoquer Clover enfin de chronique , l’arrêt de cette série chez nous est encore un souvenir douloureux 🙁

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