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Seven Deadly Sins 1

Seven Deadly Sins – Tomes 1 à 13

Seven Deadly Sins – Tomes 1 à 13 Éditeur : Pika Édition
Titre original : Nanatsu no Taizai
Dessin : Nakaba SUZUKI
Scénario : Nakaba SUZUKI
Traduction : Fédoua LAMODIÈRE
Prix : 6.95 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 19/03/2014

De la magie, des combats… et des cochons ! Il y a dix ans, au royaume de Britannia, un groupe de chevaliers très cruels, les Seven Deadly Sins, s’est rendu coupable d’un crime abominable… Depuis, ils ont disparu et personne ne sait ce qu’ils sont devenus ! La princesse Elizabeth est prête à tout pour retrouver ces légendaires chevaliers. À ses yeux, ils représentent le seul espoir du royaume contre les surpuissants Chevaliers Sacrés qui ont renversé le pouvoir et sèment la terreur ! Sa rencontre avec Meliodas, un garçon à la force exceptionnelle, et Hawk, son cochon, marque le début d’une quête riche en rebondissements, où magie et combats sont au rendez-vous !

Avec la sortie d’une édition limitée pour le tome 24 (Pika l’accompagne d’une couverture exclusive et de quelques badges) fin novembre, l’éditeur montre qu’il tient à soutenir l’un de ses meilleurs shônenSeven Deadly Sins (Nanatsu no Taizai).
De notre côté, on s’est dit que c’était l’occasion parfaite pour revenir sur le premier arc de la série, histoire que ceux qui n’ont pas encore succombé au charme du titre de Nakaba SUZUKI finissent par se laisser emporter !

Si vous vous êtes un peu documenté sur le titre, vous avez pu lire plusieurs fois qu’il y avait une certaine similarité entre le dessin de Nakaba SUZUKI et celui d’Akira TORIYAMA.
Ce n’est pas quelque chose qui saute véritablement aux yeux et quand on regarde bien, on remarque que les traits sont même assez éloignés, beaucoup moins ronds chez SUZUKI (on le voit en particulier sur les animaux). Quand on regarde les personnages, ils ont même plutôt une petite touche URASAWA (les visages avec des yeux assez petits ne sont pas sans rappeler ceux de l’auteur de Monster).

Cependant, on retrouve une certaine simplicité dans le design et dans les décors qui n’est pas sans rappeler le coup de crayon de l’un des pères du shônen moderne. Ce dessin au charme suranné est probablement l’un des points forts du titre.
Il fait naître un sentiment de nostalgie qui ne sera pas désagréable au lecteur né dans les années 90. Par contre, pour le nouveau venu, il faudra peut-être un petit temps d’adaptation pour se rendre compte ce style n’est pas là par hasard et qu’il vient renforcer la fluidité de l’oeuvre.

Là où on peut parler de réelle similarité, ce serait plutôt dans l’ambiance de la série qui est vraiment très « dragonballesque ». Elizabeth, la Bulma d’une époque plus médiévale, va faire la rencontre de Meliodas, un Goku au passé mystérieux plus ou moins mélangé avec Oolong, dont la propension à parler de petites culottes va être utilisée comme élément comique récurrent.

Les deux amis vont donc partir à l’aventure à la recherche d’autres compagnons pour enrayer la menace qui pèse sur leur royaume. On le voit bien ici, l’auteur nous propose une base de shônen que l’on pourrait qualifier de scolaire et sans faille puisqu’elle reprend tous les codes du genre.
Le personnage principal vit clairement en mode carpe diem et qui possède un passé inconnu, les gentils sont conspués et calomniés par des méchants diaboliques, il y a quelque chose à sauver (ici un royaume), et un climat d’aventure permanent s’échappe de toutes les pages de l’oeuvre…

Le coup de maître de SUZUKI, c’est que là où tout auteur aurait probablement raté son coup en tentant de rajouter un élément pour faire « original », lui reste fidèle à son idée de base en développement tranquillement l’univers qu’il a mis en place.

Dès le départ, la série s’inscrit dans un univers très médiéval-fantastique, un peu à la Fairy Tail même si la magie n’a pas de rôle trop important à jouer dans le monde de Seven Deadly Sins. Cela n’empêche pas l’auteur d’inclure des éléments fantastiques dans son titre.
On peut prendre pour exemple la taille de gamin de Meliodas qui crie pourtant haut et fort qu’il est plus vieux qu’il en a l’air ou encore la taille complètement fantaisiste de la première alliée retrouvée par nos deux protagonistes.

SUZUKI ne se contente pas de personnages plats. Il les développe intelligent au fil du temps. Meliodas conserve son caractère enfantin et pervers mais on lui découvre un côté sérieux qui ressort quand il est nécessaire, un peu comme Ryo Saeba.
Si Elizabeth n’apparaît pas forcément comme un personnage très intéressant au début, la jeune fille va prendre un peu de poids au fil des tomes et s’affirmer comme quelqu’un de courageux et de fiable, tout le contraire de bon nombre d’héroïnes de shônen.

Bien sûr, ce n’est pas uniquement grâce à ses personnages particulièrement bien traités ou à son graphisme d’un autre temps que Seven Deadly Sins est une excellente lecture. Nakaba SUZUKI possède un talent fou dans la gestion de sa narration.
Le rythme est contrôlé à la perfection et on se retrouve avec un titre sans temps mort et qui se lit sans sourciller. C’est d’ailleurs un autre élément que l’auteur emprunte à TORIYAMA : sa gestion de la page va balader le lecteur exactement où il le souhaite

Ce rythme quasi parfait ne serait pas possible sans une traduction du même acabit. Fédoua LAMODIÈRE semble avoir bien compris la façon de parler des personnages et propose des textes d’une fluidité exemplaire et avec un niveau de langue approprié. Il n’y a pas grand chose à redire à ce niveau là.

En ce qui concerne l’édition, Pika avait sorti les deux premiers volumes d’un coup en mars 2014 et a continué à un rythme soutenu depuis. Les fans ne sont donc qu’à quelques petits tomes d’écart avec le Japon (5 pour être précis puisque le tome 29 est prévu mi-décembre au pays du soleil levant)…
Pour le format, on retrouve une fabrication classique pour du shônen chez l’éditeur. L’ouvrage est petit, le papier épais et le lettrage souvent bien senti puisque Pika fait partie de ces éditeurs qui permet à ses lettreurs de varier la taille du texte selon leurs besoins (et pas juste pour un gros cri).

Si l’éditeur l’a vendu lors de sa sortie comme un énième « shônen de l’année » (il serait peut-être temps de réfléchir à de nouvelles accroches, surtout quand un titre possède autant de qualités), force est de constater que la série de Nakaba SUZUKI est parvenue à s’installer dans la longueur comme un excellent shônen.

Dans Seven Deadly Sins, le fan de shônen retrouvera tout ce qu’il aime dans le genre. Le mangaka mélange, arrange, organise tous ces éléments dans un univers riche, fouillé et rempli de personnages exotiques et fantasques. Si ça ne suffisait pas, n’oubliez pas le petit bonus nostalgie que l’on retrouve dans un dessin d’une efficacité qui n’est plus à prouver.

C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures confitures

Graphisme - 79%
Histoire - 69%
Mise en scène - 88%
Originalité - 66%
Édition - 75%
Dans son genre - 90%

78%

Péché capital

Seven Deadly Sins, c'est un titre qui s'apparente un peu à de la cuisine. Il y a plein d'éléments qu'on aime, rien de révolutionnaire, mais ils sont super bien utilisés et ça donne un résultat terriblement bon ! Pour le coup, on peut même dire que c'est un vrai régal (à consommer sans modération !).




A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

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