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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

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school judgment 3

School Judgment – 1~3

School Judgment – 1~3 Éditeur : Kana
Titre original : Gakkyû Hôtei
Dessin : Takeshi OBATA
Scénario : Nobuaki ENOKI
Traduction : Cyril COPPINI
Prix : 6.85 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 04/11/2016

Pour enrayer les problèmes de persécutions et de châtiments corporels dans les écoles, le gouvernement japonais a introduit dans les programmes d’enseignement une heure de « tribunaux scolaires ».
Il s’agit d’une nouvelle forme de justice, organisée par les enfants et pour les enfants !

Il y a quelques jours, je vous présentais ma chronique du tome 1 de School Judgment, une série en 3 tomes de Nobuaki ENOKI (scénario) et Takeshi OBATA (dessin), parue chez Kana au début du mois de novembre. Je vous recommande de lire d’abord cette chronique détaillée, si ce n’est pas encore fait, le présent article étant destiné à faire un point sur l’ensemble de la série.

Alors que le tome 1 posait les bases de l’histoire, nous présentant la majorité des personnages (dont Abaku Inugami, le personnage principal) et le concept des tribunaux scolaires, dans une ambiance relativement bon enfant, les tomes 2 et 3 gagnent en profondeur, tant sur le fond que sur la forme.

En effet, la progression de l’histoire, de l’introduction à la conclusion, est très bien menée : si, au début de la série, on se contente d’évoquer le secret qui entoure Inugami (fil conducteur de la série, comme on l’avait supposé), l’apparition de deux personnages qui partagent le passé de ce dernier vont permettre au mystère de venir se placer au centre de l’intrigue et de s’éclaircir peu à peu (je ne peux malheureusement pas vous en dire plus, sous peine de spoiler…).
Ces personnages, deux des trois meilleurs avocats au monde (le troisième étant Inugami, bien entendu), connus sous le nom « d’écoliers de la langue divine”, vont également favoriser une diversification dans le scénario, puisque désormais notre jeune avocat aura des adversaires différents (et plus redoutables que la petite “Sailor Pyne”) à affronter dans chaque affaire.

Parallèlement, les dossiers traités deviennent légèrement plus complexes, et on appréciera la variété dans le type d’affaires (meurtre, drogue, plagiat…) ainsi que dans les méthodes employées par les différents personnages durant leur plaidoirie (accumulation de preuves, intimidation…). Inugami sera même amené, lors d’un procès, à affronter un procureur adulte.

Du côté de l’arsenal (“des armes de poche qui permettent aux procureurs et aux avocats de se défendre en cas d’urgence”), la diversité est aussi au rendez-vous : un livre des lois digne de l’Inspecteur Gadget qui peut se transformer, selon les besoins, en bazooka ou en ordinateur ; un sabre de ninja (c’est toujours sympa d’en caser un dans un shônen) ; une corde à sauter pouvant servir de fouet, de lasso ou encore de détecteur de mensonges ; une flûte électrique aux allures de sabre laser, façon Star Wars ; des menottes en forme de cartable, appelées “ailes des anges”…

Au niveau de la mise en scène, le schéma reste globalement le même, si ce n’est que le nombre de chapitres nécessaires à la résolution des affaires sera de plus en plus important : le dernier procès, qui aboutira également à la conclusion du fameux “procès du sang” évoqué dans le tome 1, occupera à lui seul six chapitres. Cette conclusion est d’ailleurs assez étonnante, et j’avoue que je n’avais pas pensé à un tel dénouement !

De temps en temps, Inugami s’adresse au lecteur, l’invitant à s’aider des indices pour tenter de trouver le coupable avant qu’il ne donne la solution, ce qui donne un aspect ludique à l’histoire. Les termes compliqués et spécifiques au domaine juridiques sont clairement expliqués. Nobuaki ENOKI nous raconte, entre deux chapitres, qu’il a assisté à de véritables procès, et on sent qu’il a été touché par certains d’entre eux dans les messages qu’il tente de faire passer à travers son histoire.
Les enfants ont des capacités que les adultes ont complètement perdues en grandissant.” ou encore “Douter de la parole des autres, mentir pour se protéger, la haine et la rancoeur… Tous ces sentiments déformés entraînent des crimes plus effrayants et plus malheureux que n’importe quel assassin. Le vrai “démon” est en nous, enfoui dans nos coeurs.
Notons d’ailleurs que, « pour éviter des décisions hâtives et influencées par l’âge », les jugent qui président les tribunaux scolaires sont des élèves de maternelle, surnommés « Baby », qui ressemblent à des « vieux » à cause du stress que leur fonction génère.)

On a également droit, entre les chapitres, à des anecdotes sur l’écriture et à l’explication du processus de fabrication du manga. La fin du tome 3 nous offre même, en bonus, la première version de l’histoire, qui avait été écrite ET dessinée par Nobuaki ENOKI.

Pour le dessin, je n’ai pas grand-chose à ajouter par rapport à ce qui avait été mentionné dans la chronique du tome 1, à savoir qu’on reconnaît bien le style de Takeshi OBATA (Death Note, Bakuman), même s’il est adapté à une histoire plus légère que dans ses séries habituelles. On mettra quand même un petit bémol quant à la taille parfois exagérée de la poitrine de fillettes de 12 ans, requête du scénariste au dessinateur qui m’a semblé un peu incohérente…

Enfin, pour l’édition, la qualité des livres se maintient jusqu’au bout. Les tomes sont légers mais solides, avec des jaquettes colorées ; la traduction est fluide et le vocabulaire bien choisi. Si vous comptez vous procurer les trois tomes en même temps, je ne peux que vous recommander le coffret qui, orné d’une illustration inédite, offre un joli écrin à la série.

La séance est levée !

Graphisme - 71%
Histoire - 65%
Mise en scène - 68%
Originalité - 62%
Edition - 67%
Dans son genre - 65%

66%

Retenue

School Judgment offre une histoire bien menée, tant sur le fond que sur la forme. Le scénario de Nobuaki ENOKI est original et bien servi par le talent de Takeshi OBATA au dessin. Les personnages sont sympathiques et les affaires traitées sont adaptées au contexte scolaire, avec une progression dans leur complexité, une variation dans les thèmes et un fil conducteur mystérieux qui évitent de tomber dans la monotonie, malgré un schéma assez répétitif. Ainsi, la série, adressée aux plus jeunes, n'est pas complètement dénuée d'intérêt pour le public plus âgé.




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A propos de Neko

J'ai des goûts très éclectiques, avec une préférence pour les trucs de garçons, parce que je suis une fille... Et sinon, j'aime les chats.

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