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Sangsues – Tome 1

Sangsues – Tome 1 Éditeur : Casterman
Titre original : Hiru
Dessin : Daisuke IMAI
Scénario : Daisuke IMAI
Traduction : Aurélien ESTAGER
Prix : 7.95 €
Nombre de pages : 224
Date de parution : 13/05/2015

Êtes-vous sûr que personne ne s’invite chez vous pendant votre absence ? Ne vous est-il jamais arrivé, en regagnant votre domicile à la fin de la journée, de remarquer d’infimes changements ? Un coussin qui aurait légèrement changé de place sur le canapé, une bouteille de jus de fruits un peu moins remplie que lorsque vous l’avez rangée dans le réfrigérateur le matin, une bouteille de shampoing que vous étiez persuadé d’avoir refermée mais que vous trouvez ouverte ?

Vous vous êtes fait la remarque, puis vous êtes passé à autre chose, car après tout, c’est très probablement votre mémoire qui vous joue des tours, quoi d’autre… Pour Yoko, c’est la réalité. Ordinaire à premier vue, cette jeune fille de 21 ans s’est évaporée pour échapper à sa vie « d’avant ». Nous ne la voyons pas, mais elle est là, juste sous nos yeux : elle vit chez nous pendant notre absence, allant d’un appartement à un autre selon ses besoins et ses envies. Si cette nouvelle existence se déroule dans l’insouciance et l’enthousiasme, Yoko déchante rapidement.

Elle se croit seule dans son cas, elle va découvrir toute une société parallèle où la violence est omniprésente. Immigrés clandestins, criminels en cavale ou simples citoyens ayant tourné le dos à la société pour des raisons plus ou moins avouables, les sangsues se disputent nos domiciles, qu’elles appellent des nids, s’affrontent dans de sanglantes guerres de territoire et se livrent à des vendettas qui tournent volontiers au massacre.

« En lisant Sangsues, j’ai cru voir ma soeur. » C’est une phrase que beaucoup pourront prononcer, pour peu qu’ils aient une soeur, alors qu’ils refermeront ce premier volume de ce nouveau titre de Daisuke IMAI.

Quand on lit bien, Sangsues est un manga en deux temps. On commence avec un pitch particulièrement intrigant qui nous pousse à continuer grâce à la curiosité mal placée que possède tout être humain (et qui permet de vendre des kilos de magazines people ridicules). On a envie de découvrir comment Yoko fait pour vivre sans exister.

D’ailleurs, qu’est-ce qu’exister ? Dans notre société moderne, le mot est très souvent associés à d’autres comme « social » ou « interagir ». Yoko n’a pas l’air malheureuse, elle qui ne parle à personne et se fait oublier de tous. La jeune fille est débrouillarde, autonome et parvient à subvenir à ses besoins de base.

Peut-on la considérer comme un parasite ? En réalité, Yoko ne possède rien, elle puise dans les ressources d’autres personnes pour survivre, un peu comme une bactérie ou un virus qui se nourrit des forces de son hôte pour se multiplier. Des habits ? Elle emprunte ce qu’elle trouve. De la nourriture ? Elle regarde dans le frigo. Niveau hygiène ? Tout dépend de ce qui se trouve dans l’appartement dans lequel elle vit.

Les disparus le sont-ils vraiment ? Là, on rentre clairement dans de la paranoïa mais on pourrait presque se poser la question. Je suis sûr que tous les fans de la « théorie du complot » l’ont déjà fait : « Si Daisuke IMAI avait vu ce qu’il ne fallait pas voir et qu’un lobby voulait faire passer ça pour de la pure fantaisie ? ».

Imaginez : La jeune fille se balade d’appartement sans être vue, sans que personne ne fasse attention à ce qu’elle fait. Comment réagirait une personne lambda si tout ça s’avérait réel ? Jusqu’où est prêt à aller l’homme moderne pour se protéger d’une « invasion » potentielle ?

Comme vous l’avez vu, la première partie pose un certain nombre de questions et fait tout pour favoriser la réflexion du lecteur ainsi que son imagination. Le point noir de Sangsues, c’est sa deuxième partie. Alors que Yoko rencontre d’autres gens comme elle, le titre bascule dans une sorte de jeu de survie que l’auteur aurait pu éviter.

La jeune fille va apprendre qu’il existe des territoires et qu’elle ne peut pas vraiment agir à sa guise. Ce monde où elle pensait avoir trouvé la liberté est beaucoup plus dangereux et bien plus codifié qu’elle ne l’avait imaginé. Sans soutien, survivre risque d’être assez difficile…

Parlons quand même un peu technique. Graphiquement, Sangsues n’est pas un titre qui abuse des trames. Le trait reste très fin et les aplats de noirs sont utilisés efficacement pour donner le ton de la série. IMAI n’hésite pas d’ailleurs à varier énormément les éclairages pour donner une ambiance intense, angoissante parfois, à son titre.

L’édition est, comme d’habitude chez Sakka, soignée. Le format est celui d’un seinen classique chez beaucoup d’éditeurs et on ne note pas de soucis particuliers de bulles coupées ou autres mots manquants et bulles inversées. C’est du sérieux, c’est du solide.

« En lisant Sangsues, j’ai cru voir ma soeur. » C’est une phrase que beaucoup pourront prononcer, pour peu qu’ils aient une soeur, alors qu’ils refermeront ce premier volume de ce nouveau titre de Daisuke IMAI. Quand on lit bien, Sangsues est un manga en deux temps. On commence avec un pitch particulièrement intrigant qui nous pousse à continuer grâce à la curiosité mal placée que possède tout être humain (et qui permet de vendre des kilos de magazines people ridicules). On a envie de découvrir comment Yoko fait pour vivre sans exister. D’ailleurs, qu’est-ce qu’exister ? Dans notre société moderne, le…

Squatteur un jour...

Graphisme - 55%
Histoire - 66%
Mise en scène - 68%
Originalité - 73%
Edition - 71%
Dans son genre - 70%

67%

Cling

Au final, Sangsues est un titre intéressant principalement pour sa première partie qui mettra votre paranoïa à l’épreuve. Vérifiez vos affaires, souvenez-vous de ce pull que vous ne retrouvez plus depuis des semaines. Où est-il passé ? Est-ce que vous êtes sûrs de l’avoir oublié quelque part ? Vous le considérez comme perdu ? Il a peut-être été « récupéré » par une sangsue, qui sait…

A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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