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Route End

Route End – Tome 1 de Kaiji NAKAGAWA (Ki-oon)

Route End – Tome 1 de Kaiji NAKAGAWA (Ki-oon) Éditeur : Ki-oon
Titre original : Route End
Dessin : Kaiji NAKAGAWA
Scénario : Kaiji NAKAGAWA
Traduction : Anne-Sophie THÈVENON
Prix : 7.9 €
Nombre de pages : 208
Date de parution : 07/06/2018

Taji travaille pour une entreprise de nettoyage spécialisée dans les cadavres en décomposition. Les macchabées découverts sur le tard laissent des traces insupportables pour le commun des mortels, mais lui a le cœur bien accroché. La mort, il la connaît depuis l’enfance. Il a vu le corps de sa mère se balancer au bout d’une corde. Le traumatisme lié à ce suicide est ancré en lui, et chaque nettoyage est une catharsis. Son quotidien est bouleversé quand son quartier devient le théâtre de meurtres en série. Les victimes sont découpées en morceaux, puis alignées pour former un mot, le même à chaque fois : “END”. Taji est chargé du nettoyage de la dernière scène de crime en date. L’affaire prend une tournure personnelle pour lui lorsqu’il découvre que son patron, véritable figure paternelle, est peut-être impliqué dans ces morbides mises en scène… La chasse à l’homme est lancée ! Personnages complexes et meurtres mystérieux, tous les ingrédients sont réunis pour une enquête palpitante signée Kaiji Nakagawa, le nouveau talent du thriller psychologique !

Reprenant de nombreux codes et le style de Naoki URASAWA, Route End, création originale de Ki-oon, est une série mêlant une enquête policière avec un mystère presque surnaturel dont la résolution nous tiendra probablement en haleine jusqu’au bout. Ce premier tome met en place tous les protagonistes et prend le temps de poser le décor autour du métier du héros : nettoyeur de cadavre, tout un poème.
À noter que c’est une première série pour Kaiji NAKAGAWA, petit prodige vainqueur de nombreux concours dans le magazine Afternoon.

La mort, c’est un peu la grande héroïne de cette série. Elle existe à travers des différents personnages : la mère du héros, le frère de la policière, le métier de nettoyeur, les victimes du tueur en série ou encore les penchants nécrophiles des collègues de Taji… Elle n’est jamais abordée de façon philosophique mais elle va conditionner les caractères et les actions de chacun.
Sans forcément être morbide, la série traite même le sujet d’une manière assez distante sans pour autant oublier que la grande faucheuse peut marquer les gens de façon irrémédiable.

Route End balance des cadavres en veux-tu en voilà. Il y a d’abord ceux dont les nettoyeurs doivent s’occuper, c’est le moment pour l’auteur de faire passer ses messages, sur la solitude, sur le respect, sur quelques aspects qui ont permis au héros de s’en sortir suite à son traumatisme.
Si la mort doit être traitée de manière digne, plusieurs éléments viennent contrebalancer cet équilibre. Tout d’abord, impossible de ne pas citer ces collègues qui ne peuvent s’empêcher de faire l’amour sur leur lieu de travail, pour être vivant justement. Second élément : le tueur en série qui découpe ses victimes sans égards.

Au milieu de tout cela, Taji a ce caractère un peu en décalage. Il a le mal de vivre, c’est indéniable mais il tente de surmonter son traumatisme. Il est donc intéressant de voir comment il va gérer le décès de son patron, véritable père pour lui, car il lui a enseigné tout ce qu’il sait. C’est là que commence le travail d’investigation, que l’on remonte la seule piste viable et que l’on peut voir le talent de l’auteur pour narrer son histoire.

Ce premier tome n’est pas avare en détails et en indices, instillant même un coté presque fantastique à l’histoire avec une sombre forêt et un psychothérapeute étrange. De nouveaux éléments donnent un rythme différent sur la seconde partie du volume et suscitent assez d’intérêt pour vouloir connaître la suite. Afin d’achever de nous convaincre, la fin du premier tome met en place un cliffhanger de poids concernant End, le tueur en série.

Grand mystère sur lequel repose tout le coté enquête policière, ce tueur en série découpe donc ses victimes de façon à former les lettres « E N D » d’où son nom. On ne saura rien d’autre si ce n’est que sous l’une de ses victimes repose un squelette que le patron de Taji aurait pu poser là. Il prononce également une phrase énigmatique au sujet d’une « fin ». Le mystère reste entier et seule la lecture de la suite nous permettra d’y voir plus clair. Ce qui est assez intéressant, c’est que l’auteur le met en scène à la première personne, on le voit installer ses œuvres comme si on était lui. Sa place dans ce premier tome est assez marquante.

Le style narratif et graphique de Kaiji NAKAGAWA n’est vraiment pas sans rappeler celui de Naoki URASAWA bien que moins maitrisé et détaillé. Nul gore dans ses planches, cadavres et victimes sont dessinés sans plus de détails. De façon générale, le graphisme reste moyen même s’il est tout à fait dans le style seinen. On regrettera parfois le manque de maîtrise pour rendre les personnages plus expressifs. Néanmoins, il s’agit ici d’une première œuvre, et pour le (pluri)vainqueur du fameux prix des Quatre Saisons du magazine Afternoon de Kodansha, gageons qu’il fera de ce titre un succès assuré.

Au final, on se plonge très bien dans cette ambiance un peu sordide entre les nettoyeurs de cadavres et les fantômes du passé qui hantent tous les protagonistes. Avec sa galerie de personnages atypiques où chacun est un potentiel suspect, Route End est un nouveau venu qui devrait peser lourd dans les seinen d’enquête policière.
Ce premier tome est d’ailleurs bien épais avec une édition propre à la traduction soignée permettant une bonne immersion dans l’ambiance déroutante de ce titre.

Cadavre exquis

Graphisme - 56%
Histoire - 65%
Mise en scène - 68%
Originalité - 70%
Édition - 71%
Dans son genre - 69%

67%

End

Malgré un manque d'expérience dans le dessin, le scénario et le rythme de ce premier tome indiquent un auteur qui sait où il va, prenant même quelques risques très intéressants. À voir si la série se confirme dans un style un peu fantastique ou purement policier. Dans tous les cas, vivement la suite.




A propos de Marcy

Juste un chat qui traine partout, fan de Sailormoon devant l'éternel, spécialiste du glauque et du déviant, chose étrange: ne travaille pas/plus dans le monde de l'animation.

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