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Re/Member - Tome 1

Re/Member – Tome 1

Re/Member – Tome 1 Éditeur : Ki-oon
Titre original : Karadasagashi
Dessin : Katsutoshi MURASE
Scénario : WELZARD
Traduction : Jean-Benoît SILVESTRE
Prix : 7.65 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 11/02/2016

Une terrifiante légende urbaine circule parmi les élèves du lycée d’Oma. Une créature surnaturelle, la Rouge-Sang, hanterait les couloirs de l’établissement sous les traits d’une fillette de 11 ans couverte du sang de ses victimes… Le quotidien d’Asuka et de cinq de ses camarades bascule le jour où, frappés par le maléfice de la Rouge-Sang, ils se retrouvent condamnés à revivre sans arrêt le même cycle funeste : transportés tous les soirs à la même heure dans l’enceinte de l’école, ils sont pourchassés puis inéluctablement massacrés par la créature infernale… avant de ressusciter le matin suivant !

Nuit après nuit, le rituel macabre se répète jusqu’à ce que les lycéens comprennent qu’il n’y a qu’un moyen de briser la malédiction : retrouver les 8 parties du corps d’une victime de la Rouge-Sang, éparpillées dans tout le lycée…

Si vous suivez un peu l’actualité manga depuis quelques années, vous avez dû remarquer l’émergence des mangas et anime de « Survival game » ou « Survival Horror » (Mirai Nikki, Enigma, King’s game, Darwin’s game, etc). Ainsi, en voyant la parution d’un nouveau manga sur ce thème, on est désormais en droit d’espérer un renouveau, ou au moins un récit captivant et qui ne sente pas le réchauffé.

Re/member ne réinvente pas le genre, loin de là. On aurait espéré ne pas y retrouver certains des clichés habituels du genre horrifique. Malheureusement, ils sont bien présents. Le premier, qui se développe au fil du tome, est sans doute l’aspect stéréotypé des personnages.

On retrouve donc la « bimbo » (Rumiko), le « sportif ayant le QI d’un boulot cuit » (Takahiro), « l’intello odieux et calculateur » (Shota), la « Fille candide et apeurée » (Rei), le « marginal un peu à l’ouest » (Kenji) et enfin notre héroïne, la « bonne copine normale » (Asuka).

En revanche, ils sont tous un peu idiots, ce qui fait que, hormis Takahiro, ils se valent tous plus ou moins sur le plan intellectuel. J’entends par-là que, comme dans les autres titres du genre, ils font ou disent parfois des choses qui semblent totalement saugrenues et peinent à comprendre qu’Haruki est morte et que ce qu’ils voient n’est autre qu’un fantôme.

Re/Member - Planche 1
KARADASAGASHI © 2014 by Welzard, Katsutoshi Murase / SHUEISHA Inc.

De plus, lors de la seconde séance du jeu de chasse, ils décident de faire deux groupes qui vont se séparer, ce qui est tout de même l’un des gros clichés des scénarios d’horreur. Néanmoins, étant donné les pouvoirs de la Rouge-Sang, on peut tout de même y trouver une certaine logique car en restant groupé, ils se mettent plus en danger qu’en se séparant. De ce fait, le cliché n’en devient pas grotesque, et il prend, au contraire, le lecteur en contre-pied.

C’est d’ailleurs cela qui fait la qualité de premier tome : suivre une sorte de mode d’emploi du récit d’horreur, mais en l’exploitant avec brio à travers le dessin. En effet, MURASE arrive très bien à instaurer un climat angoissant, malsain et horrible tout en se basant sur des éléments vus maintes fois. Clairement, on n’est pas confronté à quelque chose d’inédit, pourtant cela fonctionne très bien.

Ce qu’on peut considérer comme le meilleur aspect du titre, c’est son imposant jeu de contrastes entre le clair et l’obscur, l’ombre et la lumière, qui donne à l’œuvre toute sa dimension d’horreur et d’Unheimliche (« inquiétante étrangeté »). On peut déjà penser aux zones blanches, semblables à des spectres de fumée qui ne sont pas sans faire penser à des feux follets qu’on peut voir dans des cimetières, évoquant ainsi une mort fantomatique.

Haruko, dès la première page, transmet un malaise, car rien dans son regard ne respire l’humain ou le vivant. Il est totalement vide. De plus, le contraste flagrant entre ses cheveux noirs et son teint blanc, ainsi qu’entre ses pupilles dilatées et ses sclérotiques, lui rajoutent un bon capital « peur » ; sans parler du fait qu’elle peut tourner sa tête à 180°, et que parfois, une main sort de l’arrière de son crâne pour en dévoiler un œil exorbité.

Quant à la Rouge-Sang, dès sa première apparition également, on est mal à l’aise face à elle, mais pas uniquement à cause du contraste clair-obscur. Son apparence enfantine, avec sa robe recouverte de sang, et le fait qu’elle tienne un ours en peluche, n’est d’ailleurs pas sans m’évoquer la gagnante que l’on voit au tout début du film Battle Royal, ce qui la rend forcément malsaine. À cela s’ajoute son sourire carnassier et psychotique, ainsi que sa chanson lugubre.

Re/Member - Planche 3
KARADASAGASHI © 2014 by Welzard, Katsutoshi Murase / SHUEISHA Inc.

La mise en scène est également bien maîtrisée. Le gore est présent mais sans aller jusqu’à la surenchère d’hémoglobine. La tension et l’horreur sont instaurées grâce à des doubles pages fréquentes qui se focalisent sur un détail (par exemple, un œil). Néanmoins, d’après moi, c’est une scène précise qui fait ressortir la qualité du tome : celle dans les toilettes.

En voulant échapper à Haruko, Asuka va se réfugier dans les toilettes et se cache dans une des cabines. C’est alors que la mise en scène se fait la plus forte. Les onomatopées vont participer à cette ambiance : en marquant explicitement le bruit des pas, mais surtout les battements de cœur de la jeune fille, les auteurs font ressentir de manière encore plus forte la peur du personnage face à cette apparition.

Concernant le scénario, bien qu’il reste classique, il demeure tout de même maîtrisé. Pensez au sinistre présage auquel Rie et Asuka sont confrontées avant leur arrivée au lycée : la mort d’un chat, renversé par une voiture. Cette scène, qui aurait pu être la scène d’exposition, n’est présentée qu’au début du chapitre 2. On ne découvre qu’a posteriori ce présage de mort, qui fait écho avec ce qui attendra les personnages dans le reste de leur journée.

Je terminerai donc sur l’édition que nous offre Ki-oon. Une fois encore, on retrouve un papier agréable au toucher, bien qu’il soit plus rugueux que dans d’autres mangas de l’éditeur. On le doit vraisemblablement au nombre de scènes où l’obscurité est très présente. Mis à part cela, rien à signaler : l’impression rend hommage à la mise en scène, les paroles sont bien retranscrites. L’immersion est forte grâce à un travail d’édition toujours au top.

Si vous suivez un peu l'actualité manga depuis quelques années, vous avez dû remarquer l’émergence des mangas et anime de "Survival game" ou "Survival Horror" (Mirai Nikki, Enigma, King's game, Darwin's game, etc). Ainsi, en voyant la parution d'un nouveau manga sur ce thème, on est désormais en droit d'espérer un renouveau, ou au moins un récit captivant et qui ne sente pas le réchauffé. Re/member ne réinvente pas le genre, loin de là. On aurait espéré ne pas y retrouver certains des clichés habituels du genre horrifique. Malheureusement, ils sont bien présents. Le premier, qui se développe au fil du…

On va jouer à un jeu...

Graphisme - 77%
Histoire - 59%
Mise en scène - 78%
Originalité - 59%
Edition - 75%
Dans son genre - 70%

70%

Effroi

Bien que le titre ne soit exempt de certains clichés propres au genre du "Survival Horror", il arrive à ne pas tomber dans le grotesque et demeure efficace dans son traitement. Le dessin est très maîtrisé. On attend impatiemment la suite du jeu, pour voir si la série restera sur cette lancée prometteuse.

A propos de L'Otak' des Lettres

L'Otak' des Lettres
Professeur otak' qui adore fouiller en profondeur l'essence des mangas, afin d'en dégager le bon et le moins bon.

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