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[Dossier] Bilan de l’année manga 2016 : les tops, les flops, l’état du marché…

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Reine d’Égypte – Tome 1

Reine d’Égypte – Tome 1 Éditeur : Ki-oon
Titre original : Aoi Horus no Hitomi - Dansou no Joou no Monogatari
Dessin : Chie INUDOH
Scénario : Chie INUDOH
Traduction : Fédoua LAMODIÈRE
Prix : 7.9 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 09/03/2017

C’est le début d’une nouvelle ère dans l’Égypte des pharaons : le mariage de la jeune Hatchepsout et de son demi-frère Séthi fait de ce dernier l’héritier légitime du trône, sous le nom de Thoutmosis II. Représentants des dieux sur terre, ils resplendissent sous leurs parures et forment à première vue un couple parfait. Seulement, sous ses airs d’épouse idéale, Hatchepsout cache une colère profonde… Elle ne veut pas être simple reine, mais plutôt devenir pharaon elle-même, comme son guerrier de père ! Enfant, elle ne cessait d’humilier Séthi au combat à l’épée, et elle est imbattable au tir à l’arc. Pourquoi ne serait-elle pas digne d’accéder au rang suprême, juste parce qu’elle est née femme ? Pour Hatchepsout commence alors un combat pour s’affranchir des conventions ancestrales d’une des plus grandes civilisations du monde !

Pour inaugurer sa nouvelle collection baptisée KizunaKi-oon nous propose un titre signé Chie INUDOH (invitée par l’éditeur au Salon du Livre Paris du 24 au 27 mars) qui mêle historique et fantaisie romantique. Dans Reine d’Égypte, on retrouve une héroïne qui a encore tout à apprendre du monde dans lequel elle vit.

© 2015 Chie INUDOH / KADOKAWA CORPORATION

Autant le mentionner dès le départ, la lecture de ce premier volume de Reine d’Égypte vous donnera assez souvent l’impression de lire Bride Stories. Ce n’est pas vraiment un problème mais disons qu’il est ainsi très difficile de ne pas comparer les deux titres.
Chepsout, le personnage principal, est une femme qui se veut forte, déterminée et qui n’est pas sans rappeler les mariées de Kaoru MORI et en particulier Amir (l’amour pour son mari en moins).
Le cadre historique aidant, on retrouve ce souci du détail dans les habits que l’on pouvait voir dans la série de l’auteure d’Emma. INUDOH fait d’ailleurs un très joli travail à ce niveau là, mention spéciale à la robe royale portée par Chepsout pour affirmer sa qualité de régente en titre.

On retrouve aussi un rythme très similaire dans les deux titres. On alterne entre des scènes de réflexion de l’héroïne et des scènes où elle brille par sa force mentale et son envie de s’affirmer. D’une manière générale, c’est très calme mais la mangaka n’hésite pas à insérer quelques scènes un peu plus vives pour bien prendre de court le lecteur en utilisant le personnage de Séthi.

Au niveau de la mise en scène, Chie INUDOH semble encore tâtonner un peu.
Elle ouvre son titre sur la cérémonie d’accession au trône du nouveau Pharaon pour immédiatement enchaîner sur plusieurs flashbacks montrant une princesse totalement différente de celle que l’on voit. Ces scènes sur la jeunesse de la princesse ont leur importance mais elles sont assez longues et auraient bénéficié d’une structure peut-être un peu plus classique.
Dans la mesure où le lecteur a « vu » le présent, il n’a pas forcément envie de passer autant de temps dans le passé, surtout que la mangaka fait le coup deux fois. Si elle tenait autant à nous montrer la jeunesse de Chepsout, la placer en début de tome ensuite faire une ellipse jusqu’au jour où le nouveau pharaon est nommé.

Ces deux flashbacks sont pourtant cruciaux pour comprendre une héroïne qui aura souffert à cause d’un événement tragique mais qui révèle aussi un caractère bien trempé et une volonté de fer face à l’adversité. INUDOH se sert de ces retours dans le passé pour vraiment dessiner les contours psychologiques de son personnage et ce n’est évidemment pas pour rien si elle les a inclues dans son récit.

© 2015 Chie INUDOH / KADOKAWA CORPORATION

Reine d’Égypte, c’est donc l’histoire d’une femme qui a du mal à comprendre que sa position n’est pas celle qu’elle désirerait. L’époque dans laquelle elle est née favorise énormément les hommes et pour une enfant avec autant de caractère, c’est très difficile à accepter. Ce n’est pas pour rien que Chepsout veut aller faire la guerre et qu’elle n’hésite pas à ridiculiser son frère au combat.

La jeune fille veut faire ses preuves et obtenir la reconnaissance de son père de la même manière qu’un garçon. Elle n’a pas encore conscience que dans la société égyptienne antique, se marier était la seule option de futur pour une femme…

Pourtant, elle ne va rien lâcher et toujours garder à l’esprit son objectif. Même si elle doit faire quelques sacrifices, elle pourra, une fois adulte, commencer à faire changer les mentalités (ou du moins essayer) et ce, même si elle doit aller au bras de fer avec son frère.

Graphiquement, le titre est vraiment magnifique. Chie INUDOH apporte un soin tout particulier aux décors et aux costumes. La couverture est un très bon moyen pour s’en rendre compte mais elle doit passer un temps fou à dessiner toutes les petites détails caractéristiques des tenues et des bijoux égyptiens.
Temples, jardins, chambres… Il y a assez de variété pour que les arrière-plans tournent bien et ce, même si on note une utilisation de trames similaires assez fréquente. On reste dans du très beau travail et le résultat global est plus que satisfaisant.

Pas de réelle prise de risque au niveau du découpage pour ce premier tome même si l’auteure aime beaucoup les cases longues et les double-pages pour installer un rythme contemplatif. Elle se laisse quand même le droit de faire sortir quelques personnages des cases et notamment Pharaon pour montrer sa toute-puissance et son côté divin, « hors normes ».

Ki-oon semble avoir changé légèrement sa fabrication pour ce tome qui paraît plus souple en main que ses autres titres. On a toujours un volume épais (il ne fait que 192 pages mais fait l’épaisseur de deux titres de chez Kana) mais qui plie plus qu’à l’accoutumée…
Pas de pages en couleur mais deux pages de hiéroglyphes qui ne sont pas en noir et blanc mais dans une sorte de vert kaki pour venir mettre le lecteur dans l’ambiance avant même qu’il ne découvre les premières pages de la série.

Pour la traduction, Fédoua LAMODIÈRE commence à être une habituée du genre historique puisque c’est déjà elle qui s’occupe d’Altaïr chez Glénat (pour ne citer que celui là). Fluide, vraiment bien sentie sur certaines répliques, le tome se lit vraiment bien grâce à un vocabulaire riche et des tournures qui font souvent mouche.

© 2015 Chie INUDOH / KADOKAWA CORPORATION

On ne naît pas Pharaon, on le devient ?

Graphisme - 80%
Histoire - 66%
Mise en scène - 68%
Originalité - 74%
Edition - 70%
Dans son genre - 76%

72%

Femme

Reine d'Égypte est un titre qui s'inscrit dans la lignée d'un Bride Stories. Même si Chie INUDOH ne semble pas encore avoir trouvé le bon rythme, elle livre un premier tome convaincant qui devrait plaire assez facilement aux amateurs du genre.




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A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

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