Publicité


Publicité

RED DRAGON T01

Red Dragon – Tome 1

Red Dragon – Tome 1 Éditeur : Glénat
Titre original : Red Dragon
Dessin : Masahiro IKENO
Scénario : Masahiro IKENO
Traduction : Djamel RABAHI
Prix : 7.6 €
Nombre de pages : 232
Date de parution : 04/10/2017

Les royaumes combattants ne sont plus. Dans ce pays qu’on n’appelle pas encore la Chine, l’autoritarisme de la dynastie des Qin dégénère en guerre ouverte… Une guerre où des héros d’exception s’affrontent, luttant pour eux-mêmes ou pour une cause qui les dépasse… Liu Bang et Lu Wan, deux amis d’enfance issus de la classe populaire, décident d’allier leurs forces pour organiser une rébellion et prendre le pouvoir, l’un par sa force et l’autre par son intelligence. Ce sera le début d’une belle aventure pour nos deux jeunes héros !

Masahiro IKENO est un nom qui n’est pas inconnu des amateurs de mangas de l’hexagone puisqu’il a déjà été publié aux éditions komikku (avec Malicious Code) qui l’avaient même invité à Japan Expo en 2013. Le mangaka est de retour chez Glénat avec un Red Dragon, un titre qui change complètement de registre : fini le futur apocalyptique puisqu’il nous plonge dans la Chine ancienne !

Avec une ambiance digne de Hero Tales d’Hiromu ARAKAWA, il est difficile de ne pas se laisser entraîner dans l’univers de Red Dragon pour peu que l’on aime les séries ayant un contexte historique ancré dans la réalité.

Le dessinateur a choisi une période charnière de l’histoire chinoise puisque l’on est plongé directement dans les événements qui vont créer le pays le plus peuplé du monde. Si la Chine n’existe pas encore réellement (dixit le résumé en 4e de couverture), le nom est quand même employé, preuve que les événements créateurs de l’empire sont en marche.

La série peut compter sur deux protagonistes particulièrement complémentaires. À la manière d’un film d’action des années 90 avec un duo d’acteurs principaux, on retrouve un Liu Bang qui sert de cerveau aux opérations alors que Lu Wan représente les muscles.
La combinaison peut paraître classique mais IKENO l’utilise avec une efficacité exemplaire. Les scènes s’enchaînent ainsi avec une fluidité scolaire et chacune possède son intérêt pour la trame générale de l’histoire.

Au niveau de la mise en scène, le mangaka sait ce qu’il fait, il n’y a rien à redire. S’il n’est pas du genre à faire varier la taille des cases pour jouer avec le rythme, il change allègrement ses angles pour donner un vrai dynamisme à chacune de ses scènes.
Il est d’ailleurs assez peu enclin à utiliser des petites cases, préférant des tiers de page ou des moitiés de page pour que le lecteur puisse bien voir ce qui se passe à tout moment. C’est un choix qui s’avère payant puisque, couplé à une bonne maîtrise des décors, il permet d’apprécier l’univers créé à la perfection.

Impossible de ne pas parler du trait de l’auteur qui est un véritable régal pour les yeux. On voyait déjà du bon dans Malicious Code mais l’auteur a encore franchi un cap et on le voit en particulier avec les interventions de Dong Yi, l’un des principaux ennemis de ce premier volume, et ses veines qui ressortent lorsque la température monte.

Bref, c’est beau, c’est détaillé et toujours très moderne. Le titre est parfaitement abouti visuellement et on a de quoi faire pour peu qu’on apprécie un peu les villages chinois des légendes et les champs de bataille. Alors que les personnages possèdent de nombreux détails qui permettent de les identifier, il n’y a plus d’excuse pour dire que l’on s’était perdu dans « la masse de protagonistes » que l’on retrouve souvent pour ce genre d’histoire.

L’édition de Glénat est véritablement difficile à défendre au niveau de la fabrication. On se retrouve avec un ouvrage qui est vraiment beaucoup trop souple, même pour les standards de l’éditeur. Il est impossible de ne pas corner violemment l’ouvrage en le lisant et ce, même en prenant un soin tout particulier à ne pas le faire.
La faute vient vraisemblablement à un papier d’une qualité plus que douteuse qui envoie un message plus que limite au consommateur. Si vous voulez conserver un livre parfait dans votre bibliothèque, vous repasserez…

Ce qui est dommage, c’est que cette mauvaise qualité rend la lecture très difficile. En cherchant à protéger son achat, le lecteur va devoir tenter plusieurs prises différentes (en vain) et aura du mal à se focaliser sur le principal (comprenez : le contenu), qui est pourtant très bon.
La très bonne traduction de Djamel RABAHI se verra, elle-aussi, probablement éclipsée par ces interruptions incessantes pour changer la position des doigts. Encore une fois, c’est assez triste puisqu’en y prêtant attention, on voit qu’il a fait un bel effort sur les tournures et le vocabulaire utilisé.

Pourquoi l’éditeur s’acharne-t-il sur ce format ? Pourquoi ne pas donner une chance maximale à ses titres de trouver le succès ? Même en y réfléchissant énormément, il est très difficile de trouver une réponse à cette question…

Histoire d'un pays en quête de structure

Graphisme - 84%
Histoire - 69%
Mise en scène - 73%
Originalité - 67%
Édition - 35%
Dans son genre - 72%

67%

Féroce

Bonne surprise, ce Red Dragon montre que Masahiro IKENO est un auteur particulièrement versatile capable de s'adapter à de nombreux types d'histoires. Ses personnages sont toujours aussi bien écrits et s'intègrent à merveille dans une histoire dynamique et toujours intéressante. Malgré une édition médiocre, le titre dispose d'assez de qualités pour s'affirmer comme l'une des très bonnes surprises de cette rentrée !




A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

Laisser un commentaire

[the_ad id="59920"]