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Ranma 1/2 - Édition originale #01

Ranma 1/2 – Tomes 1 & 2

Ranma 1/2 – Tomes 1 & 2 Éditeur : Glénat
Titre original : Ranma 1/2
Dessin : Rumiko TAKAHASHI
Scénario : Rumiko TAKAHASHI
Traduction : Fédoua LAMODIÈRE
Prix : 10.75 €
Nombre de pages : 354
Date de parution : 18/10/2017

C’est fou comment de l’eau, chaude ou froide, peut bouleverser la vie d’un homme. Demandez à Ranma Saotome par exemple : le simple contact avec ce liquide le métamorphose en homme… ou en femme, c’est selon la température de l’eau ! Autant dire que sa vie sera tout sauf un long fleuve tranquille, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs/trices !

Si vous êtes abonnés à la newsletter Glénat depuis plusieurs années, il est inconcevable que vous n’ayez pas vu une version de cette question passer plusieurs fois par an : « Quand peut-on espérer une réédition de Ranma 1/2 ? ».
Après des dizaines de « les négociations sont en cours et vous devriez avoir des nouvelles sous peu », le titre phare de Rumiko TAKAHASHI revient enfin chez nous dans un nouvel écrin !

L’histoire de Ranma, beaucoup la connaissent déjà mais si vous êtes un jeune lecteur, vous n’avez peut-être jamais entendu parler de ce jeune garçon qui comme chat échaudé, craint l’eau froide ! S’il en a si peur, c’est pour une raison toute simple : elle le transforme en fille !
Le problème, c’est que ça lui tombe dessus un peu n’importe quand et n’importe comment ! Que ce soit la pluie, un des fameux seau d’eau que devaient tenir les  élèves en retard, un bain ou même une simple flaque d’eau, l’auteure utilise vraiment tous les artifices possibles et imaginables pour mettre son héros dans une situation difficile.

Grâce à une idée de base particulièrement simple, la mangaka se donne des possibilités quasiment illimitées pour la suite de sa série. Si Ranma est dans cet état là, c’est un peu de sa faute mais aussi celle de son père. Ces derniers, trop occupés à s’entraîner en Chine, n’ont pas vraiment regardé où ils mettaient les pieds et sont tombées dans les eaux des sources maudites.
Le coup de génie de TAKAHASHI, c’est d’avoir divisé la zone aqueuse en différentes parties avec une malédiction différente à chaque fois. Ainsi, Ranma devient une fille au contact de l’eau froide mais son père, lui, se transforme en panda. Quand on voit la taille des sources, on se dit qu’il y a de la marge pour amener pas mal de nouveaux personnages et quelques nouvelles situations rocambolesques.

Débridée, l’auteure ne se refuse rien et utilise son postulat de base à la perfection pour mêler gags complètement débiles et sous la ceinture avec des scènes d’actions vraiment dynamiques sans que ça ne paraisse bizarre ou que ça dénature les passages qui se déroulent dans le quotidien des héros.

Bien sûr, faire un manga avec autant de tranches de vie sans des personnages particulièrement attachants aurait été mission impossible. Si vous connaissez son travail, vous savez déjà que la mangaka excelle dans ce domaine et elle n’a donc aucun mal à créer des personnages mémorables et pour qui on ne peut que se prendre d’affection.

Ranma, malgré sa malédiction, continue à garder le moral. Le jeune garçon ne se laisse pas abattre, au contraire, il a appris à vivre avec son corps féminin et n’y voit plus une contrainte, plutôt une difficulté supplémentaire pour sa vie en société. Pour son entraînement, il a déjà réglé le problème et s’entraîne indépendamment du corps qu’il a.
Le soucis, c’est plutôt à l’école où il faudra qu’il retrouve un peu d’eau chaude pour reprendre son identité d’origine et ne pas semer le trouble (même si certains de ses camarades l’ayant vu sous les deux formes n’ont toujours pas réussi à faire le lien).

Si le père d’Akané n’est pas encore très développé, on a quelques passages vraiment sympas avec celui de Ranma. Le pauvre se transforme en panda, ce qui renforce son physique, certes, mais lui fait perdre de nombreux attributs humains comme… la parole ! Ça ne l’empêche pas de se mettre aussi dans des situations particulièrement débiles et de communiquer avec des panneaux (les fameux panneaux qui feront sourire tous ceux qui ont connu la série animée dans le Club Dorothée).

La fratrie Tendo met en scène des filles japonaises assez traditionnelles à l’exception d’Akané. La jeune fille est à l’opposée de ses soeurs qui sont calmes et posées. Cette dernière, une véritable furie à la Chitoge (l’une des protagonistes de Nisekoi que l’auteur a probablement créée en se basant sur le personnage de TAKAHASHI), possède une force hors du commun qui lui permet d’étaler tous ses prétendants au lycée sans la moindre difficulté.

En fait, Ranma 1/2 est une série qui reste très actuelle et ce, même si elle date de la fin des années 1980. La seule chose qui pourrait faire douter le public actuel, c’est donc le dessin. Le trait de la dessinatrice est dans la mouvance du graphisme de l’époque. Elle  avait déjà développé ce style qui lui va si bien et que l’on peut reconnaître au premier coup d’oeil.
Si vous lisez Rinne ou si vous vous êtes laissés tenter par Inuyasha il y a quelques années, vous n’aurez donc aucun problème à apprécier Ranma.

Pour les autres, il faut se dire que même s’il fait un peu vintage, il fonctionne encore très bien aujourd’hui. Il reste plus joli et mieux utilisé que bon nombre d’autres productions disponibles chez les libraires et quelques pages suffisent à s’en convaincre. Ranma, c’est du joli et c’est découpé à la Dragon Ball (comprenez avec une auteure qui balade votre regard lors des scènes d’action avec une multitude de petites cases et des mouvements dirigés à la perfection), c’est tout ce que vous avez besoin de savoir !

Cette fois, et c’est assez rare pour être signalé, l’édition de Glénat est bonne ! C’est même peut-être un qualificatif assez faible pour souligner le travail effectué par l’éditeur.
Pour un tome de plus de 350 pages, le poids est bien dosé grâce à un papier vraiment bien choisi pour le format (même taille que les titres de leur collection seinen). Il est blanc, pas crème ou grisâtre mais vraiment blanc et même s’il est peut-être un peu transparent, il convient parfaitement pour les dessins légers et peu riches en trames de Rumiko TAKAHASHI.
Vous pourrez toujours essayer, le tome ne pliera pas entre deux de vos doigts et il tiendra bien en main lors de la lecture, un plaisir rare de nos jours chez Glénat.

Ranma, Roland (Ryoga), Adeline (Akané)… Les trentenaires les connaissent sous ces noms mais aujourd’hui, ils reprennent celui qu’ils avaient à l’origine. Dans la traduction remise au goût du jour, Fédoua LAMODIÈRE se fait plaisir et ça se sent. Le texte est vraiment dans l’air du temps dans les tournures.

La traductrice se permet quelques modernités de langages qui n’avaient pas marché sur Dragon Ball Super et qui passent très bien ici. Le contexte scolaire et le phrasé très jeune ont tout à fait leur place chez ces personnages qui, même s’ils ont été écrits à une autre époque s’ancrent parfaitement dans le style de la société actuelle (merci le génie de TAKAHASHI pour écrire des personnages intemporels).

Pour finir, on ne peut pas résister au plaisir de vous laisser avec le générique français entré dans la légende (c’est vraiment juste pour le plaisir !) :

Vous qui pensiez voir un hobbit, passez votre chemin

Graphisme - 78%
Histoire - 85%
Mise en scène - 91%
Originalité - 85%
Édition - 80%
Dans son genre - 90%

85%

Moitié soleil et moitié pluie...

Le retour tant attendu de Ranma est à la hauteur de nos espérance. Avec une traduction bien remise à jour et une fabrication qui tient la route (l'alignement des planètes n'a pas encore eu lieu pourtant...), Glénat fait clairement plaisir aux fans qui l'attendaient avec impatience. Pour les nouveaux lecteurs, les couvertures assez flashy devraient attirer le regard en librairie et s'il se lancent, il y a de fortes chances pour qu'ils se laissent entraîner dans les aventures singulières de ce héros qui est presque plus moderne qu'à l'époque de sa création !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

2 commentaires

  1. « beaucoup la connaisseNT »

    Super review !

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