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Pygmalion – Tome 1

Pygmalion – Tome 1 Éditeur : Komikku
Titre original : Pygmalion
Dessin : Chihiro WATANABE
Scénario : Chihiro WATANABE
Traduction : Ryoko AKIYAMA
Prix : 7.9 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 11/05/2017

Alors qu’à travers tout le pays, les badauds profitent de « La journée nationale des mascottes locales », une mystérieuse annonce diffusée par haut-parleur vient semer le trouble. À peine le message terminé, la fête tourne au cauchemar quand les inoffensives mascottes se muent en créatures monstrueuses et se mettent à attaquer la population. Dans la panique générale, Keigo perd de vue son petit frère et part à sa recherche au cœur de l’horreur…

Oeuvre de Chihiro WATANABE, ancien assistant de Kohei HORIKOSHI (My Hero Academia), Pygmalion est le dernier bébé des éditions komikku. Sachant que l’éditeur ne propose pas énormément de shônen, on se dit qu’il a vraiment du en mettre plein les yeux de l’équipe éditoriale pour qu’elle se décide à le signer !

© Chihiro Watanabe / MAG Garden

Autant le dire dès le départ, Pygmalion ne vous époustouflera pas par l’originalité de son scénario. On retrouve un setting classique pour un manga de type « fin du monde » avec un héros qui se découvre une volonté et un courage nouveau pour sauver une personne aimée, un personnage féminin pas très utile mais qui sert parfaitement de faire valoir ainsi qu’un carnage sorti de nulle part.

Difficile de ne pas avoir quelques moments de déjà-vu ou, du moins, certains éléments devraient parler aux amateurs de Magical Girl of the End, un titre sorti chez Akata.
La base du scénario est vraiment très similaire avec en plus un petit clin d’oeil dans la similarité entre les magical girls et les mascottes (les Japonais en raffolent et il y en a une telle diversité que l’auteur peut se permettre de les multiplier sans soucis), deux symboles du mignon qui sont pervertis par les deux auteurs pour en faire des créatures monstrueuses.

Cependant, la ressemblance s’arrête là. Alors que Magical Girl of the End va se lancer dans une histoire complexe pour développer une trame assez longue, Pygmalion va faire le choix d’un scénario (à première vue) simple mais efficace. Keigo doit survivre, certes, mais il doit aussi retrouver son frère et le sauver (ou du moins essayer) sachant qu’il se trouve quelque part dans un endroit infestés de mascottes tueuses…

© Chihiro Watanabe / MAG Garden

Pourtant, Pygmalion est loin d’être à jeter. WATANABE va ajouter un petit plus grâce à son utilisation du mythe de Pygmalion et de la fameuse Galatée. Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette histoire tirée de la mythologie grecque, elle raconte les désirs d’un sculpteur (Pygmalion) vis à vis de l’une de ses créations (Galatée). Comprenant les sentiments de Pygmalion, la déesse Aphrodite aurait donné vie à la statue pour qu’oeuvre et créateur puisse vivre l’amour.

De l’amour ? Dans Pygmalion ? Disons que les mascottes adorent dévorer les humains, c’est peut-être le lien le plus visible dans le premier tome. En réalité, le mangaka a peut-être un peu mis de côté cette composante pour l’instant mais disons qu’il n’est pas impossible que le sentiment refasse surface lorsque le mystère sur les parents des deux personnages principaux sera levé. En tout cas, il y a quelques indices qui nous mettent sur la piste.

© Chihiro Watanabe / MAG Garden

Les liens entre les personnages n’ont pas encore été tous explorés et même si on a déjà une idée de ce qui se passe entre Kei et son ami enfance, l’auteur ne s’y attarde pas vraiment et préfère se concentrer sur la relation entre Kei et son petit frère. Entre le passage avec le costume et les moments où le héros balise d’avoir laissé son frère seul pour X ou X raison, on sent qu’il y a quelque chose de fort entre eux.

En tout cas, le gros point fort de ce premier tome, c’est assurément son ambiance. La cassure entre la petite vie tranquille et l’état critique est particulièrement bien rendue. On sent l’effroi, l’angoisse et la détresse des personnages dès les premières cases montrant la catastrophe et ces sentiments ne les quittent plus ensuite. Fini les sourires et autres joyeusetés et place aux rictus et… à d’autres joyeusetés (si si, le grand organisateur du massacre trouve ça rigolo) !

Graphiquement, c’est vraiment très propre. Le découpage fait honneur au genre horrifique avec des scènes horribles en gros plan et des double-pages sublimes avec des mascottes qui croquent du chaland à pleine dents. Les amateurs de gore auront largement de quoi se rassasier même s’il faut avouer que l’auteur ne propose pas de scène « trop » crue et ne va pas chercher à montrer de scènes insoutenables (après tout, le titre est catégorisée en shônen, malgré les kilomètres de boyaux éparpillés dans ses pages).
Le seul petit point négatif avec le graphisme, c’est probablement une utilisation peut-être un peu trop visible du numérique avec quelques effets dont le dessinateur abuse peut-être mais c’est bien la seule chose qu’on pourrait avoir à redire.

Pour l’édition, komikku fait comme d’habitude avec son format seinen traditionnel semi-rigide et au papier qui tire toujours vers le clairement blanc. La traduction est très bien gérée par Ryoko AKIYAMA qui propose un rendu réaliste dans les dialogues et un niveau de langue souvent bien choisi.

Au niveau du lettrage, le travail effectué est loin d’être mauvais mais disons que le choix est plutôt curieux. Si les onomatopées ont été traduites et intégrées à coté des versions japonaises, les cris des monstres ont bénéficié d’un soin tout particulier et ont été traités en tant que paroles à part entière alors qu’on aurait pu imaginer qu’ils s’exprimaient, justement, par des sons bizarres. En tout cas, le résultat est saisissant et vient parfaitement renforcer le côté angoissant du cri des monstres, comme vous pouvez le voir sur l’image ci-dessous.

© Chihiro Watanabe / MAG Garden

Oeuvre de Chihiro WATANABE, ancien assistant de Kohei HORIKOSHI (My Hero Academia), Pygmalion est le dernier bébé des éditions komikku. Sachant que l'éditeur ne propose pas énormément de shônen, on se dit qu'il a vraiment du en mettre plein les yeux de l'équipe éditoriale pour qu'elle se décide à le signer ! Autant le dire dès le départ, Pygmalion ne vous époustouflera pas par l'originalité de son scénario. On retrouve un setting classique pour un manga de type "fin du monde" avec un héros qui se découvre une volonté et un courage nouveau pour sauver une personne aimée, un personnage féminin pas très utile mais qui sert parfaitement de…

Vous ne verrez plus jamais les mascottes du même oeil...

Graphisme - 75%
Histoire - 68%
Mise en scène - 77%
Originalité - 70%
Edition - 75%
Dans son genre - 85%

75%

Crunch

Chihiro WATANABE propose un excellent premier tome pour Pygmalion : c'est bien rythmé, c'est bien dessiné et le lecteur est intrigué. Le manga propose une vision moderne et dynamique aux amateurs d'horreur et de scénarios catastrophes ou de type fin du monde un peu à la manière de Magical Girl of the End lors de sa sortie.

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A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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