Publicité


[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

Publicité

Psyren – Tomes 1~16

Psyren – Tomes 1~16 Éditeur : Kana
Titre original : Psyren
Dessin : Toshiaki IWASHIRO
Scénario : Toshiaki IWASHIRO
Traduction : Guillaume ABADIE & Jean-Benoît SILVESTRE
Prix : 6.85 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 01/07/2011

La règle du jeu est simple : survivre ! La vie d’Ageha, lycéen, bascule le jour où il trouve une carte de téléphone « Psyren » ! Les détenteurs de cette carte sont propulsés dans un monde parallèle peuplé de monstres féroces. Ageha et ses amis vont devoir maîtriser leurs pouvoirs surnaturels pour espérer percer le mystère de Psyren !!

Malgré le relatif manque de communication autour de Mieru Hito par Panini, un autre éditeur tente de sortir un titre de Toshiaki IWASHIRO en France. Kana a donc profité de Japan Expo en 2011 pour lancer sa dernière série en date (à l’époque), Psyren.

Après un premier essai assez moyen (ça reste une première série), le mangaka est revenu sur le devant de la scène en France avec Psyren. Série terminée en 16 volumes au Japon, elle raconte l’histoire d’Ageha, un jeune lycéen bagarreur qui vit seul avec sa soeur. Un soir, alors qu’il rentre chez lui, il répond à un questionnaire dans une cabine téléphonique et quitte la cabine avec une carte étrange sur laquelle est inscrit le mot « Psyren ». Véritable rumeur urbaine, Ageha apprendra que Psyren est bien réel et qu’une de ses camarades de classe, Amamiya, est piégée dans cet autre monde. Les ennuis ne font que commencer pour les deux lycéens…

En 2011 et comme chaque année (c’est Sky-High Survival qui y avait droit lors de la dernière édition), Kana profitait de Japan Expo pour lancer une nouvelle série en grande pompe.
Sorte de mélange entre Gantz (les gens sont « appelés ») et Matrix (les cabines téléphoniques servent de point de départ et d’arrivée), Psyren séduit rapidement grâce à son scénario qui s’inscrit dans le genre « la fin du monde est pour demain » mais aussi grâce au personnage de Nemesis Q, le « maître du jeu ». Véritable perle de character design, ce dernier est entouré de mystère à tel point que l’on en vient à redouter chacune de ses apparitions.

Le contenu de Psyren sait s’adapter intelligemment d’un volume à l’autre. Entre voyages d’une époque à l’autre et combats, on ne s’ennuie pas une seule seconde. Même si certains des premiers volumes peuvent paraître assez classiques, le mangaka sait se renouveler et son scénario va prendre une tournure plus intéressante que ce qu’on aurait pu imaginer au départ.
En fait, il fait son boulot de mieux en mieux puisque chaque retour dans le futur fait le plus grand bien à la série et développe de nouveaux aspects de l’histoire. C’est notamment vrai avec le quatrième passage dans le futur qui amorce de nombreuses réponses aux interrogations posée par le monde de Psyren.

L’auteur sait aussi placer quelques petites respirations qui font du bien à sa série et qui permettent de développer un peu plus les personnages. Dans un shônen, pas de combat est souvent synonyme de révélations. Elles sont bien réparties sur les différents tomes qui contiennent tous quelques informations, juste ce qu’il faut pour ne pas être frustré et avoir envie de lire la suite (on dévore les tomes parlant du fameux orphelinat d’où sont originaires Miroku et #07 et où travaille l’un des futurs cadres des W.I.S.E. !).

L’une des véritables forces de Psyren vient de la capacité du mangaka à créer des personnages stéréotypés à souhait incroyablement attachants. Que ce soit Ageha le voyou au grand coeur, Amamiya la ténébreuse blessée, Kagetora le yakuza romantique ou encore Frederica la jeune fille au caractère brulant, ils sauront tous laisser leur marque dans votre esprit. Les enfants Elmore en particulier possèdent ce petit quelque chose qui fait qu’on a toujours envie de les revoir le plus vite possible.

Même si la montée en puissances des personnages et les relations qu’ils entretiennent n’ont rien d’original, les pouvoirs sont, de leur côté, assez bien trouvés et variés. IWASHIRO sait faire évoluer le « psy » intelligemment et on se retrouve avec un système de pouvoir qui semble s’inspirer un peu du nen de Hunter X Hunter, même si le système mis en place est loin d’être aussi complexe.

Ce qui est un peu dommage dans cette série, c’est l’inégalité qualitative entre le traitement des phases dans le présent et celles dans le futur. Il semble y avoir un problème de rythme lorsque les personnages se trouvent à leur époque et le lecteur n’a qu’une seule envie, c’est de les voir retourner dans ce monde désertique qui constitue leur futur.

En ce qui concerne les problèmes de voyages dans le temps, IWASHIRO n’a pas l’air d’avoir envie de se prendre trop la tête même s’il fait le nécessaire pour que les choses restent à peu près cohérente. Tout se mélange mais il parvient à retomber sur ses pattes (enfin… plus ou moins) en introduisant le concept des univers parallèles comme « résultat » d’un possible paradoxe temporel.
Après, il ne faut pas vraiment lire Psyren avec l’envie de voir un traité scientifique sur les voyages dans le temps, c’est surtout un outil que l’auteur utilise pour faire avancer son histoire. Il parvient à garder une bonne ligne globale et la série fonctionne plutôt bien.

Le mangaka s’amuse pourtant avec la ligne temporelle en faisant intervenir des personnages que l’on voit dans le futur que beaucoup plus tard dans le présent. Ainsi, on reconnaît l’une des fameuse cadres des W.I.S.E. qui se trouve être à l’origine d’une course poursuite impliquant Kagetora dans le tome 11.
Il n’hésite pas non plus à séparer ses groupes de personnages. Avec deux lignes temporelles et des enjeux multiples, on se rend vite compte que les possibilités sont très nombreuses ! Entre ceux qui enquêtent sur le passé, ceux qui se focalisent sur les événements présents et ceux qui cherchent ce qui va se passer dans les prochains mois, le lecteur est mobilisé sur tous les fronts.

Alors qu’on approche des derniers chapitres, on sent que l’auteur a du terminer un peu plus rapidement que ce qu’il avait prévu (le « conseil des anciens » est un peu laissé de côté) mais il s’en sort bien mieux que d’autres. Allez lire la fin de Shaman King et vous verrez qu’Hiroyuki TAKEI n’a pas su gérer la coupure du tout…
Avec un petit « tour scénaristique » (ce n’est pas du niveau de Rocambol mais on est pas loin), IWASHIRO parvient à remettre sa série sur de bons rails ou du moins, sur un chemin qu’il est possible de parcourir dans son intégralité en très peu de temps. C’était risqué mais il s’est bien débrouillé !

Graphiquement, on est vraiment très loin de Mieru Hito. L’auteur (qui a notamment couvé des petits jeunes comme Ryûhei TAMURA, vous ne voyez pas une petite ressemblance entre Ageha et Oga, le personnage de Beelzebub ?) a fait des progrès qui sont visibles dès le premier volume. Évidemment, il arrive au sommet de son art à la fin avec une représentation des pouvoirs visuellement très réussie.
Il fait aussi partie de ces auteurs qui aime les arrière-plans fouillés et on retrouvera assez rarement de cases vides, ce qui est assez paradoxal quand on voit (dès le premier chapitre, ce n’est pas un spoil complètement fou) que le futur est un gigantesque désert !

Au niveau du découpage et de l’organisation des planches, c’est du classique de chez classique. Les planches d’IWASHIRO sortent du moule « Shônen Jump » et le dessinateur ne cherche pas vraiment à en sortir. Il reste dans ce qu’il sait faire et tant que ça reste efficace, il n’y pas vraiment de raison pour qu’il change.
Il augmente le nombre de cases pour accélérer l’action et sait multiplier les cases plus grosses pour les changements d’angles et autres zooms. En tout cas, les scènes d’action sont dynamiques à souhait et les volumes s’enchaînent à une vitesse phénoménale. Le lecteur pourra facilement lire les 16 volumes en moins d’une journée !

Au niveau de l’édition, Kana avait eu la bonne idée de sortir les deux premiers tomes ensemble avec un petit bonus collector, une véritable carte téléphonique « Psyren », la même qui est utilisée par Ageha dans la série, un collector pour tout fan de la série.
Au niveau des ouvrages, on retrouve le format shônen classique de Kana, un petit format assez souple mais (à l’époque de la première sortie des tomes en tout cas) pas trop.
Même si la traduction a changé de mains après quelques tomes, on sent que Jean-Benoît SILVESTRE a su faire le nécessaire pour s’imprégner du caractère des personnages et du style que leur avait donné Guillaume ABADIE puisqu’on remarque à peine que ce n’est plus la même personne qui traduit.

Tu préfères la pilule bleue ou la pilule rouge ?

Graphisme - 72%
Histoire - 75%
Mise en scène - 80%
Originalité - 62%
Edition - 70%
Dans son genre - 88%

75%

Psy(duck)

Psyren fait partie de ces shônen qui sont réellement bons malgré une originalité limitée par l'attachement de l'auteur pour des valeurs et un style très classique. Une chose est sûre, Toshiaki IWASHIRO a su créer des personnages attachants et un univers assez intrigant pour tenir ses lecteurs en haleine pendant seize tomes, ce qui reste une jolie performance.




Acheter sur Amazon

A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

Laisser un commentaire

[the_ad id="59920"]