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Dossier Boichi

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Planètes – Intégrale

Planètes – Intégrale Éditeur : Panini
Titre original : プラネテス - ΠΛΑΝΗΤΕΣ
Dessin : Makoto YUKIMURA
Scénario : Makoto YUKIMURA
Traduction : Xavière DAUMARIE
Prix : 35 €
Nombre de pages : 1040
Date de parution : 21/10/2015

Hachimaki est récupérateur de débris spatiaux sur le Toy Box. Pas tout à fait ce dont il avait rêvé, mais peu de gens peuvent se payer une navette sans effort. Dans l’immédiat, il n’a qu’une obsession : partir sur un des navires explorateurs de Jupiter. Mais l’espace n’est pas toujours le monde de rêve qu’on imagine vu de la Terre… Makoto YUKIMURA nous fait partager sa passion et sa connaissance de l’espace à travers le véritable parcours initiatique de ces astronautes partis pour un monde inconnu où il est souvent difficile pour l’Homme de trouver sa place.

L’homme a colonisé Mars et se cherche de nouvelles frontières cosmiques. Il a fait de l’espace ce qu’il avait déjà fait sur Terre, y laisser une trace peu reluisante de son passage…

L’espace est parsemé de déchets en tous genres et cela représente une réelle menace pour les voyages interplanétaires puisque la moindre petite vis peut provoquer des dégâts important sur un engin spatial. L’équipe de Hachimaki est là pour jouer les éboueurs de l’espace et leur rôle est donc d’une grande importance. Mais ce n’est pas une activité que l’on pourrait qualifier de palpitante. Et cela laisse du temps à nos héros de se prendre à rêver d’autres horizons. Dont notamment Hachimaki qui sera amené à quitter son travail pour poursuivre son but qu’il n’aura de cesse de fantasmer sans toujours savoir exactement ce qu’il cherche.

L’histoire prend place à différents moments de la vie des protagonistes tous ayant lieux dans la seconde moitié du 21e siècle. Mélangeant science-fiction plutôt réaliste (de l’anticipation ?) et tranche de vie, Planètes met en scène des personnages attachants ayant chacun leur blessures propres et tentant chacun soit de trouver un sens à leur vie soit de poursuivre leur rêve. Et l’un va rarement sans l’autre.
Chaque chapitre suivra un personnage à une époque donnée (flashbacks, aparté, …) avec pour fil conducteur la préparation de certains d’entre eux pour une expédition de 7 ans sur Jupiter. La perspective de ce voyage va les amener à se questionner sur ce qu’ils ont accompli dans leur vie jusque là. Nous découvrirons également certaines problématiques qui seront les conséquences de la vie dans l’espace. Le fait d’être éloigné de ses proches durant de longues périodes, les premiers humains nés extra-terrestres, les attentats d’organisations s’opposant à la conquête spatiale, ou encore les maladies propres aux astronautes. Et c’est ce qui fait que Planètes est une fantastique histoire de science-fiction, c’est qu’elle amène le lecteur a se questionner sur son futur ou celui de l’humanité. Mention spéciale pour le match de baseball improvisé à la surface de Mars.

Planètes est le premier manga que Makoto YUKIMURA (débuté en 1999 dans le Morning de Kôdansha).
Des débuts plus que prometteurs qui annonçaient déjà une carrière de mangaka singulière. On peut le constater encore aujourd’hui puisque Vinland Saga, qui est encore en court de parution (chez Kurokawa en France), est lui aussi assez loin de ce que peut nous offrir le marché du manga ces dernières années et se rapproche bien plus de ce qui se fait en Europe.
Même si à l’époque YUKIMURA n’avait pas encore atteint le niveau hallucinants en matière de dessin qu’il a aujourd’hui, Planètes est tout de même déjà très léché bien qu’un peu plus vide quand dans la dernière série de l’auteur. Les planches en couleur sont magnifiques et les engins spatiaux sont détaillés et cela apporte énormément de crédibilité à l’univers. C’est une œuvre à posséder pour quiconque aime la science-fiction et les mangas.
Tantôt drôle, touchant et parfois tragique, Planètes fait voyager et amène le lecteur à se questionner sur sa place dans l’univers ainsi que sur les choses de la vie qui doivent vraiment compter pour tout être humain.

Abordons maintenant l’édition, ce qui nous intéresse le plus ici vu qu’il s’agit tout de même de la troisième que nous propose Panini avec à chaque fois des volumes en moins par rapport à l’édition précédente.
L’éditeur a choisi, aujourd’hui, de réimprimer la série en un unique volume. Cela a pour conséquence d’en faire un album au nombre de pages conséquent (plus de 1000) ce qui, nous le savons bien, a des répercutions sur le confort de lecture et même parfois sur l’état du livre lui-même au fil du temps.

Le papier utilisé est assez léger ce qui réduit tout de même le poids de l’engin. Mais après quelques heures de lecture, on ne peut pas dire que cela soit très agréable à supporter. Il faudra donc le poser sur une table ou bien le caler sur ses genoux pour ne pas souffrir de cet « embonpoint ». On peut aussi imaginer qu’il ne sera pas aisé de le transporter puisque le livre fait pas loin de 8 cm d’épaisseur, pour un format de 245 par 175 mm.
Hé oui, ça surprend quand on tombe dessus en librairie.

Mais pour des mensurations aussi généreuses, a-t-on droit à une édition de qualité ?
Et bien pas vraiment. Du moins, pas sur tous les points. La couverture rigide avec vernis sélectif pourrait nous faire croire à un objet de luxe, mais le papier dont je parlais tout à l’heure est loin d’être du haut de gamme. C’est bien simple, c’est le même papier que Panini utilise pour le reste de ses mangas.
Quand on lit un livre imprimé quasiment qu’en noir et blanc, les défauts apparaissent très nettement, notamment un jaunissement précoce que l’on peut déjà constater sur bien d’autres titres de leur catalogue. La reliure est un faux broché, puisque les cahiers sont simplement collés et surmonté d’une espèce de cordon en tissus qui fait office de faux tranchefile (signet en soie absent). Le tout est caché par un ridicule morceau de papier-carton découpé à la barbare. Tout cela est vraiment très décevant et la seule petite remarque positive qu’on pourrait faire à cette édition est que l’impression semble être un peu au-dessus des éditions précédentes. Couleurs plus prononcées et noirs un peu plus profonds.

Et pour le travail effectué sur le titre lui-même et bien il est tout simplement inexistant. Rien n’a été retravaillé, que ce soit dans la traduction, les onomatopées, les bonus… Tout à été compilé tel quel. Soyez donc bien informé qu’il s’agit d’une édition intégrale et non pas d’une édition de luxe.
À ce prix là, nous étions en droit d’attendre une édition ultime à la hauteur de l’œuvre de YUKIMURA, mais malheureusement il n’en est rien.

L'homme a colonisé Mars et se cherche de nouvelles frontières cosmiques. Il a fait de l'espace ce qu'il avait déjà fait sur Terre, y laisser une trace peu reluisante de son passage... L'espace est parsemé de déchets en tous genres et cela représente une réelle menace pour les voyages interplanétaires puisque la moindre petite vis peut provoquer des dégâts important sur un engin spatial. L'équipe de Hachimaki est là pour jouer les éboueurs de l'espace et leur rôle est donc d'une grande importance. Mais ce n'est pas une activité que l'on pourrait qualifier de palpitante. Et cela laisse du temps…

Houston, on a un problème !

Graphisme - 68%
Histoire - 65%
Mise en scène - 75%
Originalité - 51%
Edition - 45%
Dans son genre - 80%

64%

d'oxygène

Rien à dire sur l'histoire qui nous transporte dans des contrées dont on ne peut que rêver en regardant les étoiles. Une histoire fantastique, tantôt drôle et souvent émouvante. On ne peut pas en dire autant pour l'édition. Si vous possédez déjà une édition précédente, vous pourrez sans problème vous passer de celle-ci. Mais si vous n'avez jamais lu Planètes, jetez-vous dessus tant que c'est disponible !

A propos de Robot-M

Robot-M
Il a tellement été chamboulé lorsqu'il est tombé sur Akira un jour en médiathèque, qu'il a décidé d'y travailler. C'est aujourd'hui un médiathécaire herbivore spécialisé en jeux vidéo et dévoreur de mangas.

5 commentaires

  1. C’est tout de même dommage de voir la qualité des édition Panini qui est souvent pas terrible. Surtout qu’ils possèdent de bon titre (Planètes, Yukito, Young Black Jack).
    Chaque fois que je commence une série, j’ai peur de louper un tome. Et surtout, la reliure nui à la lecture.
    Mais Makoto Yukimura est un génie…

    • Robot-M

      C’est vrai que j’évite souvent de commencer des séries chez eux. Mais je suis au moins content d’avoir ENFIN la fin de Planètes. J’avais commencé les deux éditions précédentes et je n’ai jamais pu me procurer les derniers volumes.
      C’est embêtant pour la qualité du papier car quand j’achète un livre neuf, je suis dégoûté de voir que le papier est déjà jaune… :/

  2. Salut,

    Il me manque le tome 3 de Planètes deluxe.
    Tu me conseillerais d’acheter plutôt l’intégrale ou le 3 d’occaz qui doit etre dans les 50 euros?
    Il n’y aura plus plus de réédition du planètes deluxe?

    Merci d’avance.

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