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Perfect Crime – Tome 1

Perfect Crime – Tome 1 Éditeur : Delcourt/Tonkam
Titre original : Funohan
Dessin : Yuya KANZAKI
Scénario : Arata MIYATSUKI
Traduction : Fabien NABHAN
Prix : 7.99 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 18/01/2017

Un homme, Tadashi Usobuki, est repéré à plusieurs reprises sur le lieu de crimes étranges. Toutefois, personne n’arrive à prouver sa culpabilité. Tout le monde l’appelle depuis « l’homme aux crimes parfaits ». Haine… Jalousie… Désir… et amour. Usobuki est capable de répondre à toutes les demandes de meurtre de ses clients. Et méfiez-vous, il ne rôde jamais très loin de vous…

Delcourt/Tonkam possède un catalogue de plus en plus étrange et dans lequel il est assez difficile de voir une quelconque logique. Pourtant, dans les nombreuses nouvelles licences de l’éditeur, certaines parviennent à sortir du lot. C’est le cas de Perfect Crime par Arata MIYATSUKI et Yûya KANZAKI, un titre noir et angoissant à souhait.

Ce nouveau manga fonctionne sur une structure épisodique, sans véritable fil rouge. On retrouvera donc, à la manière de La Fille des Enfers ou à la Luck Stealer (à ses débuts), plusieurs petites histoires liées par un personnage, Usobuki. Ce dernier est un tueur qui n’a pas vraiment besoin de se salir les mains. Très facilement (et très rapidement), il parvient à créer des situations « accidentelles » pour se débarrasser de ses victimes.

Au niveau du déroulement, on a un schéma assez basique qui revient avec situation de base, rencontre avec Usobuki, meurtre / retournement scénaristique et conclusion. Le lecteur pourra trouver ce format un peu répétitif mais il reste efficace pour poser l’univers désiré par les deux auteurs. Pourtant, on espère quand même quelque chose d’assez différent au fil des volumes puisque l’on commence à deviner assez facilement la résolution de chaque histoire.
C’est là qu’on voit qu’un fil rouge est vraiment nécessaire pour qu’un titre devienne réellement excellent.

On en apprend un peu plus sur le « héros » même si les informations sont révélées au compte goutte pour qu’il garde un maximum de mystère avec lui. Le voir est toujours annonciateur d’un événement intéressant et même si les personnages principaux de chaque histoire se tiennent, il reste celui par qui tout passe. Ses paroles savent instiller le doute dans l’esprit du lecteur et le préparent aux pires situations à venir. Il sert de point de relais pour véhiculer un message assez sombre sur la condition humaine.

Les personnages sont tous plus vils les uns que les autres et ils font toujours appel à Usobuki dans le but d’améliorer leur propre condition. Égoïstes et souvent peu enclins à la discussions, ils n’ont qu’une seule envie : satisfaire un désir fort. Évidemment, cette vision pessimiste de l’âme humaine poussée à l’extrême a pour but de faire réfléchir le lecteur à ses propres actions.

C’est le propos qui compte pour les auteurs et ça se voit, le gore et le « sensationnel » étant limité au maximum. Il n’y a pas de scènes de sexe ou de tueries « gratuites » comme on en trouve dans d’autres titres (dont un chez le même éditeur). Ici, tout à un but et rien n’est trop mis en avant mis à part l’ensemble des côtés sombres de l’âme humaine.

L’aspect graphique est plutôt bien géré par KANZAKI. Les scènes faisant intervenir Usobuki sont toujours plongées dans les ténèbres et on se retrouve avec des planches étouffantes, angoissantes qui réussissent à poser une ambiance aux petits oignons et qui me le lecteur dans des dispositions parfaites pour qu’il puisse comprendre le message que les auteurs cherchent à faire passer.

Le découpage n’a rien d’exceptionnel mais le dessinateur n’hésite pas à faire sortir ses personnages des cases, ce qui donne des choses loin d’être désagréables sur certaines planches et viennent un peu casser la monotonie de certaines constructions. En tout cas, les structures ne changent pas souvent, le rythme restant constant du début à la fin. C’est bien maîtrisé même si légèrement lent par moments.

S’il y a une chose que Delcourt/Tonkam a véritablement soigné sur Perfect Crime, c’est bien l’édition. La jaquette, d’un noir profond et inquiétant est relevée par l’apparition du titre et du nom des auteurs en rouge sang (et avec un vernis sélectif) mais aussi de l’oeil d’Usobuki. Le ton est donné et on retrouve à l’intérieur un encrage assez marqué et cette utilisation très intelligente du noir qui sont bien passés à l’impression.
Pour la traduction, Fabien NABHAN est loin d’être un novice dans le genre et il est habitué aux titres « compliqués » à traduire (il a donné de sa personne sur Bimbogami Ga! quand même) et le texte est plutôt bien adapté, malgré le vocabulaire complexe par moments.

"J'ai vraiment de la peine pour l'espèce humaine."

Graphisme - 72%
Histoire - 60%
Mise en scène - 68%
Originalité - 71%
Edition - 75%
Dans son genre - 70%

69%

Théâtre humain

Perfect Crime est une bonne surprise se voulant assez sombre et tentant d'explorer les recoins sombre de l'âme humaine. Même si, pour l'instant, un fil rouge ne s'est pas encore vraiment développé, on imagine que le scénariste devrait en introduire dans les prochains volumes si la série est amenée à durer (5 tomes sont parus au Japon pour l'instant).




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

Un commentaire

  1. Merci pour la chronique!
    J’ai également bien aimé ce premier tome, l’ambiance, la façon de construire les histoires, les dessins de Kanzaki (on veut l’excellent Ouroboros aussi!!!) , et je suis bien curieux de voir si le schéma épisodique serait de mise aussi dans le tome 2 ou si une trame principale va être installée par le scénariste, c’est vrai que selon son choix, ça changera grandement la perception qu’on pourra avoir de Perfect Crime sur le moyen terme.
    PS: j’ai beau trouvé l’édition fr très jolie et réussie, les couv’ japonaises avec les fonds psychédéliques mettaient mieux en valeur les poses d’Usobuki et le coté « mentaliste/persuasif » du perso que le fond noir mât…

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