Otaku Otaku – Tome 1

Otaku Otaku – Tome 1 Éditeur : Kana
Titre original : Wotaku ni Koi ha Muzukashii
Dessin : FUJITA
Scénario : FUJITA
Traduction : Aline KUKOR
Prix : 5.95 €
Nombre de pages : 128
Date de parution : 20/04/2018

Narumi et Hirotaka travaillent dans la même société. Ce sont tous deux des otaku. Ils ont chacun une passion dévorante pas toujours évidente à faire entendre aux autres. Peut-elle même être compatible avec une relation amoureuse ? Comprendre l’autre, l’accepter tel qu’il est, se montrer tel qu’on est vraiment… Misant sur ce point commun, « des otaku », ils décident alors de sortir ensemble. Mais comme dans toutes les histoires d’amours, des interrogations et des doutes persistent. Leur passion va-t-elle les rapprocher ou les séparer ? Heureusement les amis sont là pour en discuter mais aussi pour partager leur « otaku attitude ».

Les éditions Kana nous proposent aujourd’hui un titre tiré d’un webcomic qui a fait ses armes sur la plateforme Pixiv avant de se faire remarquer par un éditeur au Japon. Dessiné par FUJITA, Otaku Otaku s’attaque aux relations entre passionnés de « culture visuelle moderne » en misant sur l’humour et la tranche de vie.

La première chose qui saute aux yeux, c’est assurément la taille du livre que l’on tient entre les mains. Avec sa couverture peau de pêche et une souplesse difficilement défendable, on se demande si l’éditeur n’a pas encore réduit la taille et le poids du papier utilisé dans ses ouvrages mais il n’en est rien. Il s’avère tout simplement que ce tome ne fait que 128 pages.
Sachant que le nombre de pages était réduit comparé à un manga traditionnel, n’aurait-il pas été judicieux d’alourdir un peu le livre pour le coup ? Il est extrêmement difficile de lire le livre sans le froisser et pourtant, ce n’est pas faute de faire attention. La moindre pression provoque des torsions effrayantes…

On notera quand même quelques pages en couleurs au début du tome qui ont été imprimées sur du papier à peine plus épais que le reste du volume (ne cherchez pas à le lire s’il y a trop de lumière) qui sont plutôt jolies.
La traduction d’Aline KUKOR n’est pas mauvaise mais certaines répliques font un peu trop rigides, surtout quand on voit le caractère assez fantasque de certains personnages et il y a quelquefois où l’on se demande si le ton est adapté à la situation. On peut bien sûr imaginer que l’auteur tente d’utiliser une réplique censée être drôle avec une tête sérieuse mais ça n’est pas toujours le cas (et quand ça l’est, c’est rarement efficace).

Il y a quelque chose d’assez étrange dans ce premier tome. Malgré seulement 128 pages, on a très vite l’impression de tourner en rond. La structure de chaque histoire est très similaire : Narumi réagit bizarrement à une situation où son côté otaku ressort, Hirotaka va boire avec elle et les choses se résolvent toutes seules. Si les scènes étaient variées, on pourrait dire que c’est simplement la base d’un manga tranche de vie mais ici, c’est vraiment trop similaire. Même chose pour les scènes avec leurs deux collègues qui se suivent et se ressemblent.

Le vrai point négatif d’Otaku Otaku, c’est qu’il pêche là où il ne pouvait pas se le permettre : dans l’humour. Ce n’est… pas vraiment drôle, même quand le mangaka essaye. Le comique de situation tombe à plat à cause du mauvais timing (chose qui passe probablement mieux dans l’anime) et il n’y pas énormément de jeux de mots qui font mouche.
L’humour de référence étant assez limité dans ce tome, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. Pour une série qui veut revendiquer la culture populaire moderne, il est dommage de ne pas en avoir mis un peu plus dans le récit histoire de titiller les fans dans leur globalité.

Les personnages ne permettent pas de sauver le manga. Si on s’attache un peu à Narumi, l’autre personnage principal et les deux secondaires ne sont pas mémorable. Il est même difficile de se souvenir de leur nom après avoir refermé ce premier tome… Les deux protagonistes ont beau être des otaku, l’auteur n’insiste pas sur cette spécificité (elle lance les situations mais c’est tout) pour se concentrer sur leur relation en tant que telle. On retrouve donc une histoire d’amour tout ce qu’il y a de plus classique, sans originalité aucune.

Graphiquement, le dessinateur se débrouille plutôt bien (c’est même le seul point fort de la série) avec des personnages assez réalistes et particulièrement expressifs dans certaines situations. Après, l’auteur n’en a que 4 au total donc on imagine qu’il a eu le temps de bien fixer leur design avant de s’attaquer à la série. Si le découpage général est assez simple, on note quelques planches un peu plus audacieuses histoire de casser un peu le rythme.

Au final, il est très difficile de voir à qui s’adresse le titre de FUJITA. Même en se revendiquant otaku pur et dur, il n’est pas sûr que vous trouverez votre compte dans ces histoires qui sont, au final, très banales et les amateurs de romance n’y verront qu’un récit comme ils en ont déjà lu des dizaines avec des personnages pas franchement motivants.

N'est pas Genshiken qui veut...

Graphisme - 70%
Histoire - 52%
Mise en scène - 50%
Originalité - 56%
Édition - 50%
Dans son genre - 45%

54%

Otaku

Otaku Otaku est un titre surprenant mais pas dans le bon sens. On pouvait s'attendre à quelque chose d'un peu plus référencé pour ce que l'éditeur décrit comme le "guide officiel de l'otaku amoureux" mais qui s'avère être une simple romance avec des personnages comme on en a déjà vu des dizaines.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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