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Origin 1

Origin – Tome 1

Origin – Tome 1 Éditeur : Pika Édition
Titre original : Origin
Dessin : BOICHI
Scénario : BOICHI
Traduction : Nathalie LEJEUNE
Prix : 7.75 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 06/06/2018

Tokyo, 2048. La mégalopole est désormais le nid du terrorisme et du crime. Lorsque la nuit tombe, de mystérieux meurtres y sont perpétrés. C’est l’œuvre d’une poignée d’androïdes aux sombres desseins pour le genre humain. Mais l’un d’entre eux s’oppose au macabre projet. Son nom : Origin.

Après un Dr. Stone présenté en grande pompe par Glénat, l’arrivée d’Origin se fait un peu plus discrète chez Pika. Pourtant, des deux titres en cours de BOICHI, auteur du génial Sun Ken Rock, c’est clairement celui qui mérite le plus de louages !

Autant commencer par parler du plus gros défaut de ce « nouveau » titre (il paraît depuis fin 2016 au Japon alors que Dr Stone est publié dans le Shônen Jump depuis l’an dernier) du dessinateur : son originalité. Franchement, on ne peut pas dire qu’il s’est démené pour trouver un scénario qui sorte de l’ordinaire. Des intrus cachés parmi les humains qui se font chasser par leurs semblables, ça ne vous rappelle rien ?
Après… Est-ce que ça a une véritable incidence sur la qualité de l’oeuvre ? Absolument pas ! En fait, BOICHI n’a pas besoin de base complexe pour produire un bon titre, au contraire. Plus le postulat de départ est simple, plus il pourra se lâcher et faire ce qu’il aime.

On retrouve donc ici tout ce qui fait le BOICHI que l’on connaît et que l’on adore. Rien qu’au style graphique, on voit tout de suite qu’il n’est pas restreint. On reconnaît son style habituel, celui qu’il maîtrise et non pas une version « shônénisée » pour plaire au jeune public. L’encrage est donc un peu moins dense et les tailles beaucoup mieux gérées.
Même chose pour la plastique féminine que l’auteur sait toujours aussi bien représenter. Cependant, il n’en abuse pas. Il le dose bien, un peu comme à la fin de sa série précédente donc ça ne gênera pas ceux qui ne sont pas motivés par le fan service.

Le découpage est aussi beaucoup plus efficace et donne un très bon rythme à ce premier volume qui se lit à une vitesse hallucinante, un peu comme un tome de Sun Ken Rock à l’époque. Évidemment, comme à son habitude, le mangaka n’est pas avare en double-pages qui permettent de bien apprécier ce qui se passe, même quand ça va très vite.
Bref, attendez-vous à des planches qui balancent une énergie folle !

L’histoire, c’est du classique pour le dessinateur : un « 1 vs all » dans l’univers de la mafia japonaise. Ça lui permet de mettre en scènes des personnages qui s’habillent super classe et qui se battent sans que ça semble les déranger plus que ça (alors que quiconque a déjà enfilé un costume sait que c’est particulièrement inconfortable pour bouger) !

Le petit twist, c’est l’ambiance science-fiction de ce nouvel affrontement. Là où Ken était un humain normal (hyper fort et super résistant mais « normal » quand même), Origin est un robot qui va chercher à détruire ses semblables à la demande de son créateur.
Avec ce premier tome, difficile d’y voir autre chose qu’un prétexte à des affrontements violents et à une lutte sans merci pour survivre. En tout cas, c’est ce qui semble se profiler mais qui sait, le deuxième opus viendra peut-être changer la donne et mettre en place des enjeux plus importants.

Cette première plongée dans le monde d’Origin est une véritable réussite. On voit bien que l’auteur sait où il va avec son histoire mais aussi avec le développement de ses personnages. Il nous met sur la piste d’une possible humanisation des robots qui, malgré ou grâce à leur programmation, vont s’ouvrir aux émotions humaines ou du moins apprendre à vivre comme eux.

Si le héros paraît un peu froid au premier abord, sa méconnaissance des choses humaines assez simples comme l’intérêt de la nourriture (et comment y réagir) lui donne une naïveté enfantine qui fait qu’on s’attache à ce robot un peu paumé dans un monde qui n’est pas le sien.
Eh oui, même si l’action est majoritaire dans ce premier volume, l’auteur ne néglige pas les scènes un peu plus légères (de la vie de tous les jours) pour casser un peu la grande tension apportée par les affrontements. Cerise sur le gâteau, ça aide même un peu le rythme !

On peut résumer Origin assez simplement au final : c’est un titre comme BOICHI les aime. Il y a des filles superbes, des yakuzas, des mecs en costumes baraqués, des combats chorégraphiés, une pointe de surnaturel et de l’action à ne plus savoir qu’en faire. Les événements sont posés presque naturellement, pendant que les choses avancent.
Cette capacité à dessiner ce qu’il aime et à en faire quelque chose d’intéressant, c’est un peu ce qui fait force de l’auteur qui peut ainsi montrer tout ce qu’il a dans le ventre.

Inuyashiki sans délire Okuesque ?

Graphisme - 90%
Histoire - 52%
Mise en scène - 82%
Originalité - 39%
Édition - 75%
Dans son genre - 80%

70%

Source

Quand BOICHI fait du BOICHI, force est de constater que ça fonctionne ! Contrairement à Dr Stone où on sent que l'auteur n'est absolument pas dans son élément, Origin se lit d'une traite et reprend tout ce qu'il sait faire de mieux. Avec son style graphique réaliste, ses personnages ultra classes et son rythme effréné, Origin saura séduire facilement tous les fans de la première heure du dessinateur coréen.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

2 commentaires

  1. Bon article, ça donne envie.
    Petite coquille : « de l’action à ne plus savoir qu’en fait. »
    « ceux qui ne sont pas fans de fan service. » > petite répétition / « amateurs de fan service » ?

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