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One-Punch Man – Tomes 1 & 2 (US)

One-Punch Man – Tomes 1 & 2 (US) Éditeur : Viz Media
Titre original : ONE-PUNCH MAN
Dessin : Yusuke MURATA
Scénario : ONE
Traduction : John WERRY
Prix : 7.05 €
Nombre de pages : 200
Date de parution : 02/09/2015

Au cas où vous seriez restés dans votre cave sans internet pendant ces derniers mois, il est inconcevable que vous n’ayez pas entendu parler de ONE-PUNCH MAN. Alors qu’une licence française se fait toujours attendre, les américains ont pris les devant et publient le titre en version digitale depuis l’année dernière ; prépublication dans le Jump Alpha et sortie des volumes reliés ensuite.

Pourquoi n’en parler que maintenant me direz-vous ? Eh bien tout simplement parce que Viz Media s’est enfin décidé à sortir la version papier (les deux premiers volumes d’un coup), l’arlésienne du manga de ces dernières années, pour accompagner la sortie de l’anime. Hype inutile ou justifiée ? Petit avant-goût de ce qui pourrait bien être la grosse sortie de fin 2015/début 2016 en France.

ONE-PUNCH MAN est un titre dont l’histoire peut se résumer très facilement en quelques mots :

Saitama est un humain dont le passe-temps préféré est de jouer les héros. Le « hic » (si on peut vraiment le considérer comme tel), c’est qu’il est tellement puissant qu’il termine tous ses combats en un seul coup de poing…

Oui, vous avez bien compris, c’est un manga de super-héros que nous ont pondu ONE (Mob Psycho 100, non disponible en France) et Yusuke MURATA (Eyeshield 21, disponible chez Glénat). Il faut savoir qu’à la base, le titre de ONE est un webcomic qu’il dessine avec ses pieds (si si, je vous assure) mais qui a le mérite d’avoir une histoire originale, un univers plus complexe qu’il n’y paraît mais surtout un personnage principal qui relève du génie.

Commençons d’ailleurs par parler de lui. Il s’appelle Saitama ; un jeune homme, pour défendre la Terre. *Mode AUTOTUNE ON* Il n’a pour se faire que son courage… *Mode AUTOTUNE OFF* Oups, je m’égare ! Saitama… est un humain. Le secret de sa force ? Un entraînement quotidien : 100 pompes, 100 abdos, 100 squats et un run de dix kilomètres chaque jour pendant trois ans. Les plus sportifs d’entre vous l’ont probablement déjà remarqué mais… ce n’est pas un programme si difficile que ça !

Lorsqu’il révèle ce qui l’a rendu aussi puissant, ses interlocuteurs croient bien évidemment à une blague… Son caractère complètement « Je m’en foutiste » l’empêche clairement de voir qu’il est tout simplement monstrueux et qu’il y a peut-être un talent inné qui se cache là-dessous. Cette attitude nonchalante et attentiste due à sa surpuissance, on la retrouve presque en permanence chez le personnage.

Pour lui, être un héros n’est qu’un passe-temps, pas un véritable travail. Il ne cherche d’ailleurs pas forcément à aller à la rescousse de tout le monde. Sa présence n’est qu’un concours de circonstance et il se trouve souvent au mauvais endroit au mauvais moment. Pour avoir une preuve de « réticence » à aller de lui-même au combat, il suffit de voir sa réaction quand le journal annonce qu’une nuée de moustiques tueuses arrive dans sa ville : « Ah ! Il faut que je ferme la fenêtre ! ». Tu parles d’un héros !

Il considère son pouvoir comme « ennuyeux » et rêve même d’un combat où il pourrait être blessé et où il aurait du mal à venir à bout de son adversaire. Ce qu’il veut, c’est sentir le danger, l’excitation du combat mais il n’y arrive pas ou du moins, il n’y arrive plus. En deux volumes, on ne le voit d’ailleurs jamais ne serait-ce qu’égratigné (du moins pas dans la « réalité »)… Il a parfois un débris qui traîne sur sa tenue où un peu de poussière sur le visage mais rien d’alarmant, jamais.

Déconneur ou sérieux ? Avec Saitama, on retrouve un personnage à deux facettes. Lors des flashbacks, on a un jeune garçon qui se pose des questions sur lui-même, sur ce qu’il fait et qui navigue un peu à l’aveuglette dans la vie même s’il est toujours très sérieux. Au contraire, dans le « présent », c’est le premier à faire et à même à dire n’importe quoi juste pour amuser la galerie dès qu’il le peut.

Attention, ça ne veut pas dire qu’il ne sait pas se contrôler, au contraire, quand une situation le demande, il sait faire front sans partir en vrille. Un peu comme Ryo Saeba, le personnage de Tsukasa HOJO dans City Hunter, le Saitama adulte sait alterner entre son mode classe et hyper sérieux, et son mode « bélire et détises ».

Niveau chara-design, Saitama est un personnage qui dénote fortement avec le reste du « cast ». Chauve (il s’est entrainé tellement dur que ça a accéléré sa chute de cheveux…), simpliste, caricatural, il dénote complètement avec tous les autres héros ou monstres qui apparaissent dans le titre. MURATA semble d’ailleurs se plaire particulièrement à intégrer ce personnage qui n’a pas grand chose à faire dans un monde où le style semble être capital (cf. le groupuscule extrémiste anti-travail qui se fait tout de suite catégoriser comme « La secte des chauves »…).

Fans de vieux anime ou de vieux sentaï (comme Saitama d’ailleurs), vous allez être servis. ONE semble être très friands d’ennemis sortis de nulle part. Son bestiaire est totalement aléatoire et n’a pas vraiment d’origine définie même si les premiers ennemis de Saitama viennent, en grande partie, d’animaux.

Vous retrouverez donc « Vaccine man », né de la pollution terrestre et qui s’est donné comme but de détruire la race humaine ; une sorte d’homme crabe qui est devenu ainsi après en avoir trop mangé ; des créatures avec un masque à la Jojo qui viennent tout droit du centre de la Terre ; des évolutions d’animaux divers (cyborg gorille, grenouille humanoïde…). En fait, on s’attend presque à voir venir un turbo-animal venu de l’espace Mammouth (Désolé pour cette référence de vieux…) !

Mention spéciale au combat contre la reine des moustiques. Sens du détail oblige, c’est un Saitama nu comme un ver (les moustiques se sont jetés sur lui mais n’ont pu que s’attaquer à ses vêtements, son corps étant trop résistant) qui finira l’affrontement non pas par un coup de poing mais par un geste bien connu de ceux qui se font toujours harceler par les moustiques en été !

Pour renforcer le côté sentaï, tous les ennemis se présentent un peu à la manière des monstres dans Ultraman avec leur nom, leur origine, etc… Bel hommage et surtout bonne technique pour les présenter sans vraiment couper l’action et sans ajouter un narrateur, qu’il soit externe ou interne. Ce dernier ne collerait d’ailleurs pas vraiment au personnage de Saitama qui se fiche totalement d’où viennent ses ennemis. Evidemment, ça laisse aussi le temps au héros de faire des têtes de débile ou de préparer une bonne réplique des familles.

Même si l’univers n’est pas encore très développé dans les deux premiers volumes, on entrevoit quand même les bases de ce que veut faire le scénariste. Que ce soit les super-héros ou les criminels, ils ont tous un « rang ».

Les méchants possèdent un indicateur désastre dont le seul exemple donné pour le moment est « Démon ». Les gentils, eux, possèdent une lettre et un numéro (S étant le niveau le plus haut) et n’importe qui peut prétendre à devenir membre de l’alliance formée par les héros, super-pouvoirs ou pas.

Le petit twist : un peu comme dans les RPG, si une personne n’est pas inscrite au registre des super-héros, ses actes resteront dans l’anonymat, peu importe ce qu’elle peut bien faire. Elle n’aura aucune reconnaissance, un peu comme si elle allait chercher un croissant à la boulangerie… Bon, je vous laisse imaginer le cas de Saitama qui découvre tout ça après avoir sauvé le monde pendant son « temps libre » une paire de fois…

Au niveau des personnages secondaires, deux se démarquent pour l’instant.

Genos, l’exact opposé de Saitama en ce qui concerne le caractère et l’origine : cyborg particulièrement sérieux, il parle beaucoup et est impressionné par la force gigantesque de celui qu’il va se mettre à considérer comme son maître dès leur première rencontre. Genos, c’est un peu la « caution » sérieuse de la série puisqu’il est toujours là pour remettre Saitama sur le droit chemin.

Le deuxième, c’est Sonic, un ennemi rencontré sans trop le vouloir par Saitama alors qu’il recherchait le groupuscule anti-travail pour leur faire regretter d’avoir donné une mauvaise image des chauves aux petites gens. Sonic (pas le hérisson mais presque), très fier de sa vitesse, va tout de suite voir en Saitama un rival lorsqu’il se rend compte qu’il peut suivre ses mouvements sans vraiment se forcer.

Graphiquement, c’est tout simplement sublime. Quand on a vu le travail de ONE (qui dessine un peu comme un enfant de 2 ans), la modernisation de MURATA force le respect. Son trait ultra-dynamique sur Eyeshield 21 a encore évolué et l’utilisation de l’ordinateur lui permet d’atteindre un niveau impressionnant. Il ne lésine pas sur les effets de lumières, les explosions et autres folies pour sublimer son oeuvre et la rendre la plus vivante, la plus « animée » qui soit.

ONE-PUNCH MAN ne compte pas seulement sur son personnage principal ou sur son graphisme, non, c’est aussi une narration… de dessin animé. Le combat entre Saitama et Sonic dans le tome 2 est l’illustration parfaite ce que je dis puisqu’en tournant les pages rapidement (chose qui ne marche évidemment pas avec la numérique… DUH !), on voit clairement les personnages bouger (il y a un chapitre où il n’y a presque pas de texte). MURATA emmène le regard de son lecteur où il veut et sans vraiment se forcer en réalisant un travail qui ferait pâlir d’envie certains animateurs de Dragon Ball Super (oui, je sais, c’était gratuit !).

Un petit mot sur l’édition quand même : américaine. Hein ? On me dit dans l’oreillette que ça suffit pas ? Bon… Si vous insistez… Comme toutes les sorties américaines, ONE-PUNCH MAN n’a pas le droit à une sur-jaquette mais possède un format un peu plus grand que nos formats shônen classiques.

La traduction est de très bonne facture, avec un vocabulaire moderne et une variation de ton quand c’est nécessaire. Pour ceux qui maîtrise un peu la langue de Shakespeare, je ne peux que vous inciter à vous procurer les deux premiers tomes, le niveau étant quand même relativement bas. Ceux qui ont l’habitude de regarder des séries en version originale sous-titrée français ne devraient pas avoir de mal à tout comprendre.

Pour avoir eu la chance de lire l’édition numérique et l’édition papier, je dirais que l’édition numérique est un poil au dessus chez Viz Media. Sur mon iPad, le graphisme particulier du titre (du principalement à l’utilisation de nombreux filtres informatiques par MURATA) rend mieux que sur le papier (assez fin, avouons-le) proposé par l’éditeur américain. Que ce soit au niveau des noirs ou des effets de brillance, il y a un petit quelque chose que l’on ne retrouve que sur le numérique.

One Punch Man 1 Viz     One Punch Man 2 Viz

Au cas où vous seriez restés dans votre cave sans internet pendant ces derniers mois, il est inconcevable que vous n’ayez pas entendu parler de ONE-PUNCH MAN. Alors qu’une licence française se fait toujours attendre, les américains ont pris les devant et publient le titre en version digitale depuis l’année dernière ; prépublication dans le Jump Alpha et sortie des volumes reliés ensuite. Pourquoi n’en parler que maintenant me direz-vous ? Eh bien tout simplement parce que Viz Media s’est enfin décidé à sortir la version papier (les deux premiers volumes d’un coup), l’arlésienne du manga de ces dernières années,…

Tiens, prend ça dans ta gueule !

Graphisme - 90%
Histoire - 81%
Mise en scène - 88%
Originalité - 83%
Edition - 65%
Dans son genre - 92%

83%

HIT!

Ce qui fait ONE-PUNCH MAN, c’est indéniablement son personnage principal (je lui ai consacré plus d’un quart de la chronique quand même !). Saitama est un protagoniste tout simplement génial. C’est difficile à dire autrement. Très bien écrit, alliant humour et sérieux à la Ryo Saeba (City Hunter), il porte à lui seul une série qui s’inscrit d’entrée comme un titre incontournable pour tout amoureux de shônen qui se respecte.

A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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