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Noise – Tome 1 de Tetsuya TSUTSUI (Ki-oon)

Noise – Tome 1 de Tetsuya TSUTSUI (Ki-oon) Éditeur : Ki-oon
Titre original : Noise
Dessin : Tetsuya TSUTSUI
Scénario : Tetsuya TSUTSUI
Traduction : David LE QUÉRÉ
Prix : 7.9 €
Nombre de pages : 242
Date de parution : 06/09/2018

Dans un village que la dépopulation condamne à disparaître, une lueur d’espoir naît : Keita, un agriculteur du coin, a créé une nouvelle espèce de figues qui fait sensation dans tout le Japon grâce aux recommandations d’une star du web ! Avec la couverture médiatique, l’économie locale repart. Keita espère que ce renouveau permettra de rouvrir l’école, ce qui pourrait convaincre sa femme partie à la grande ville de revenir avec leur fille. Mais la paisible bourgade voit son quotidien bouleversé par l’arrivée d’un inconnu à la mine patibulaire, Mutsuo Suzuki. Il dit vouloir travailler comme journalier, seulement son attitude bravache et ses mensonges évidents inspirent la méfiance. Les doutes de Keita se confirment quand son meilleur ami lui apprend qu’il a reconnu l’étranger : condamné il y a plusieurs années pour une affaire de harcèlement et de meurtre, c’est un criminel fraîchement sorti de prison ! Que faire s’il s’installait dans la région ?

Tetsuya TSUTSUI est de retour chez Ki-oon avec une nouvelle série qui vient aborder un thème que l’on avait déjà pu voir (dans une certaine mesure) chez l’éditeur dans une série comme Underwater : le dépeuplement de certaines zones rurales japonaises. Le mangaka n’en est pas à son coup d’essai et Noise apparaît très vite comme une oeuvre parfaitement aboutie.

L’auteur de Prophecy et Poison City n’a pas mille façons de démarrer une histoire. Il commence par montrer un événement qui semble isolé et souvent banal avant de couper et de mettre en scène le personnage principal. Ici, ça ne rate pas. Après avoir découvert ces figues que tout le monde s’arrache, on passe à la vie de Keita, le fermier qui les produit. Alors qu’il mène une petite vie tranquille, il reçoit la visite d’un homme qui semble chercher du travail.
L’homme ayant une attitude un peu suspecte, il se tourne vers son ami qui lui, reconnaît ce qui semble être un curieux personnage. En fait, Mutsuo Suzuki est ce que les américains appellent un ex-con, un criminel ayant purgé sa peine et cherchant à se réinsérer. Cependant, les petits sourires en coins et une capacité impressionnante à mentir ne font pas de Suzuki un candidat idéal pour le job…

Dans Noise, TSUTSUI joue avant tout sur la peur de l’autre. Keita et son ami n’ont pas grand chose pour savoir si celui qui se tient devant eux est véritablement repenti, contrairement au lecteur (qui en voit un peu plus sur lui). Ils vont se baser sur une méfiance qui est d’ailleurs assez courante dans les petits villages, même en France. Il y a toujours beaucoup de « bruit » autour de l’arrivée d’une nouvelle personne dans une communauté bien installée. Les gens cherchent à savoir qui est arrivé près de chez eux.

Ici, cette peur (pas forcément justifiée à 100% du point de vue de Keita) d’un homme qui a un passé criminel, va pousser les deux personnages principaux et même un agent de police à faire des choses qu’ils n’auraient jamais faites en temps normal. L’inconnu trompe Keita, qui semble pourtant être un homme honnête et bon, et va créer une peur qui va prendre le dessus sur le rationnel.
Alors qu’il va vouloir avant tout protéger sa famille, il va se mettre dans une situation compliquée et qui aurait pu être évitée, mais pas forcément sans quelques sacrifices.

Il est vrai que le dessinateur va « légitimer » (plus ou moins) les actions de ses protagonistes en montrant que Mutsuo Suzuki est loin d’être un repenti et qu’au contraire, il est impatient de commettre son prochain méfait. Il nous fait même comprendre qu’il a choisi un petit village paumé précisément parce que la sécurité serait plus laxiste…
Compte tenu des dispositifs policiers en place (malgré une popularité en hausse grâce aux figues de Keita), on ne peut que se rendre à l’évidence : Suzuki avait raison et avait clairement bien réfléchi à ce qu’il voulait faire.

Comme dans tout bon thriller, ce premier volume est une introduction pure (c’est dans le suivant que les choses devraient s’accélérer) et force est de constater qu’elle est, comme d’habitude avec le mangaka, vraiment très bonne puisqu’on à tous les éléments qui nous permettront de décider si on veut (ou non) continuer la série une fois la lecture de ce premier acte terminé. À ce niveau là, il n’y a pas grand chose à redire.

Visuellement, le trait de l’auteur est toujours aussi propre. Son réalisme et son niveau de détail permettent une immersion immédiate du lecteur (encore plus si vous êtes familier du travail de l’auteur) qui se laissera très rapidement plonger dans cet univers très proche du sien avec des personnages qui pourraient facilement faire partie de ses connaissances voir même de son voisinage.

Comme à son habitude, le mangaka reste dans un découpage assez classique avec des planches entre 3 et 6 cases pour poser un rythme de croisière assez lent, l’idée étant de laisser le temps au lecteur de s’habituer à l’endroit et à ceux qui le peuplent. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas une ou deux double-pages mais l’auteur n’en abuse pas et ne les met que quand il en a vraiment besoin, pas juste pour en mettre « plein les yeux ». TSUTSUI, c’est un auteur très fonctionnel.

La fabrication porte la patte de Ki-oon qui propose son format seinen traditionnel. Il y a quelques pages en couleurs, une couverture avec un grain assez intéressant, lisse mais pas plastique, le même qui était utilisé pour Manhole (pour la continuité on imagine).
Si la traduction de David LE QUÉRÉ ne viendra pas révolutionner le genre, elle fait très bien le travail. À aucun moment on ne va mettre en doute une phrase ou la légitimité d’une tournure. On aurait imaginé que des personnages comme le vieux à moitié aveugle possède un accent un peu plus poussé mais bon, après tout, ça n’est pas forcément à nous d’en décider.

Dans un petit village peuplé de personnes âgées, personne ne vous entendra crier...

Graphisme - 77%
Histoire - 68%
Mise en scène - 80%
Originalité - 72%
Édition - 75%
Dans son genre - 77%

75%

Bruit

Noise commence... comment un titre de Tetsuya TSUTSUI ! L'auteur a son style de narration et il s'y tient, pour le plus grand plaisir des lecteurs. La base de l'histoire est bien posée et tous les personnages ont le droit à un élément de développement. Quand on sait que le tout est sublimé par le dessin réaliste et efficace du maître, on ne peut que se dire que ce nouveau titre saura nous faire vibrer autant qu'un Manhole ou un Prophecy.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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