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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

No Game No Life – Tome 1

No Game No Life – Tome 1 Éditeur : Ototo
Titre original : No game No Life
Dessin : Mashiro HIIRAGI & Yuu KAMIYA
Scénario : Yuu KAMIYA
Traduction : Benjamin MORO
Prix : 7.99 €
Nombre de pages : 162
Date de parution : 15/03/2018

Sora et Shiro sont deux frères et soeurs : le plus grand est sans emploi, la plus jeune, déscolarisée. Ils vivent ensemble confinés chez eux, en marge de la société. Sur Internet, on parle d’eux comme une véritable légende urbaine, au vu de leur talent aux jeux vidéo. Le monde réel, lui, n’est rien de plus qu’un « jeu pourri » pour la fratrie. Mais un beau jour, quelqu’un se surnommant « Dieu » les transporte soudainement dans un autre monde où tout serait déterminé par les jeux ! Ces deux rebuts de la société deviendront-ils les sauveurs de ce nouveau monde ?

Un isekai de plus chez Ototo ? Ça n’étonne plus personne tant la ligne éditoriale de ces amoureux du light novel est claire (et elle a payé en 2017) et c’est donc avec un plaisir non dissimulé et beaucoup d’intérêt qu’on se lance dans ce premier tome de No Game No Life de Mashiro HIIRAGI et Yuu KAMIYA. Prêts à plonger dans un autre monde ?

No Game No Life, c’est l’histoire d’un frère et d’une soeur qui envoient à mort sur internet dans toutes sortes de jeux en ligne. Ces derniers vont faire une partie d’échec particulièrement difficile à la suite de laquelle ils vont se faire entraîner dans un autre monde. Sachant qu’ils n’avaient aucune attache dans la société moderne, ils ne peuvent que se réjouir de leur nouvelle situation. Ils vont pouvoir se lâcher complètement et laisser libre court à leur talent dans des jeux qui devraient leur permettre d’utiliser leurs capacités au maximum.

En tant qu’isekaiNo Game No Life est une bonne surprise. Il adresse deux problèmes du genre très intelligemment : l’utilisation de l’expérience dans le monde précédent ainsi que la volonté de rentrer dans le monde d’origine.
Dans le monde où sont catapultés Sora et Shiro, les jeux régissent tout. Ça tombe bien puisque les deux possèdent des capacités inouïes qui leur ont permis de se faire un « non nom » sur internet (néant). Ils vont ainsi pouvoir mettre leur technique au service de leur survie puisque dans ce nouvel environnement, si on ne joue pas, on ne vit pas (c’est un peu le titre). Si les auteurs gèrent bien, on devrait avoir quelques flashbacks sympathiques introduisants des situations plus récentes histoire de faire ça avec classe.
Le plus intéressant ici, c’est que la question du retour dans le monde d’origine… ne se pose pas ! Que ce soit Sora ou Shiro, ils n’ont aucune envie de rentrer chez eux. Ils n’ont aucune envie de retrouver une société dans laquelle ils n’avaient pas leur place. C’est un élément visible quasi immédiatement lorsqu’ils arrivent dans le « nouveau monde » puisqu’ils sont beaucoup moins renfermés et sortent même à l’air libre et explorent leur nouveau lieu de vie.

160 pages, c’est court, vraiment court pour introduire une histoire comme celle-ci. Même si la série est en 4 tomes, on sent les limites de ce premier volume qui ne met pas encore tout l’univers en place. Ça manque cruellement de personnages secondaires mais aussi de présentation. Les auteurs sont vraiment avares en ce qui concerne le nouvel univers et on ne nous montre rien si ce n’est Stéphanie. Il n’y a pas vraiment d’actions ou d’explications pour aiguiller le lecteur.
On imagine que les auteurs veulent nous lancer in medias res mais on reste un peu trop sur notre faim et pourquoi pas mais il n’y a rien pour accrocher le lecteur. Il n’y a pas matière à créer un quelconque affect. La relation très « fusionnelle » des deux protagonistes pourraient même en rebuter certains. Même si c’est fait sous le coup de « l’humour », il y a quand même pas mal de scènes assez limites et un nombre de panty shots non négligeables d’une gamine.

Difficile d’en dire beaucoup plus puisqu’il n’y a pas grand chose de plus à se mettre sous la dent dans les 5 chapitres que l’on nous propose. L’histoire n’a que peu (ou pas) avancé et on sent bien que tout ne sera lancé que dans le prochain volume. Les bases sont là mais elles ne sont pas encore exploitées. Bref, ce n’est que partie remise.

Graphiquement, c’est très bien dessiné, rien à redire à ce niveau là. Les personnages possèdent tous un petit truc qui leur permet d’être reconnaissables immédiatement (des yeux particuliers, une coupe de cheveux, des vêtements, une absence de vêtements…).
Le contrat est donc rempli même si, chose assez surprenante, les arrière-plans sont très limités. Il n’y a pas grand chose de montré (une fois de plus) et on a souvent le droit à des fonds de cases assez vides. Ça permet de focaliser plus sur les personnages mais quand même, on aurait bien aimé en voir de l’extra, avoir quelque chose qui rende le monde plus vivant.
Le découpage reste classique avec énormément de plans larges sans trop de prise de risque. Ça fait le job et, comme un peu plus haut, le trait est super agréable donc on profite avec plaisir des superbes dessins offerts par les deux auteurs.

L’édition d’Ototo est du même acabit que ses productions habituelles, à savoir que c’est du beau boulot. Le travail sur la jaquette est efficace et le logo international de la version française a été bien travaillé (c’est beaucoup mieux que la version américaine) et la souplesse de l’ouvrage bien équilibrée. On ne plie pas le livre en le lisant et on ne se fait pas des crampes aux doigts non plus.
Benjamin MORO nous propose une traduction efficace et toujours bien écrite. Il est intéressant de noter qu’avec un vocabulaire adapté, la lecture est toujours plus fluide et l’utilisation du champ lexical des jeux vidéo fonctionne à merveille ici et reste toujours intelligente. Elle n’est jamais forcée et se fait toujours de manière naturelle.

Suis-je le gardien de mon frère / ma soeur ?

Graphisme - 76%
Histoire - 50%
Mise en scène - 55%
Originalité - 68%
Édition - 75%
Dans son genre - 62%

64%

Jeux de jeunes

No Game No Life est un titre plein de promesses mais qui reste encore assez limité au niveau de son exécution. Le petit twist sur le genre de l'isekai fait qu'on a envie de voir comment les choses vont évoluer. Espérons que les auteurs se focalisent moins sur la relation douteuse entre le frère et la soeur et qu'on évolue un peu vers une histoire où le monde à plus d'importance et où le jeu prend enfin toute la dimension qu'inspire le titre.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

7 commentaires

  1. Keske… Histoire 50% ? Tout ne peut pas être expliqué dans le tome 1 … Noter sur un seul et unique tome quel est l’intérêt U_u ?

    • Ours256

      Je suis totalement d’accord avec toi, tout ne peut pas être expliqué dans un tome 1 mais les bases doivent être posées et là, elles ne le sont pas. La note « Histoire » représente ce qui est raconté dans le tome, pas ce qui pourrait l’être ou ce qui le sera dans les suivants (que je n’ai d’ailleurs pas encore lu vu qu’ils ne sont pas sortis, je n’ai pas non plus vu l’anime ou lu le LN, je prends le manga pour ce qu’il est).

      Après, c’est pour ça qu’on fait généralement plusieurs chroniques :
      -Tome 1 = on note l’introduction de la série
      -Tomes 1/2/3 = on note les débuts du titre
      -Arc = on note une structure narrative
      -Série = on note l’oeuvre dans sa globalité

      Un tome 1, ce n’est pas un épisode 1 d’animé qui est souvent l’adaptation d’un chapitre/un chapitre et demi. Il y avait largement de quoi bien mettre en place l’histoire dans les cinq chapitres proposés dans le tome mais les auteurs préfèrent gâcher de nombreuses pages en panty shots, c’est leur choix.

      Je referais surement une chronique pour la série complète puisqu’il n’y a que 4 volumes ;).

  2. « leur ont permis de se faire un noM sur internet »

    • Ours256

      Même pas, j’ai juste oublié un mot « non nom » (du fait de leur pseudo [ ]). Sinon, ça serait quand même bien de donner votre avis sur la chronique plutôt que de juste signaler une coquille mineure, vous ne croyez pas ?

      • Une coquille, aussi mineure soit-elle, reste une coquille, ne croyez-vous pas ? La signaler n’avait pour seul but que de tirer votre effort (louable) vers le haut. Désolée d’avoir titillé votre susceptibilité.

        • Ours256

          Je suis totalement d’accord avec vous : une coquille reste une coquille. Le signaler n’est absolument pas un problème, au contraire.

          Par contre, je trouve ça dommage de ne pas avoir votre avis sur la chronique en même temps. Avec votre intervention, je ne sais pas si vous êtes d’accord ou pas d’accord. Peut-être pensez-vous même que j’écris des débilités folles ^^’.

          Tout ce que je vois, c’est que vous avez noté une coquille, ce qui m’intéresse beaucoup moins que votre retour sur la chronique. Il n’y avait aucune agression dans ma réponse et si vous l’avez senti comme telle, je m’en excuse :).

  3. Bien au contraire, j’ai toujours grand plaisir à vous lire. Continuez ainsi.

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