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Koi no Kamisama

Nisekoi & autres histoires sentimentales

Nisekoi & autres histoires sentimentales Éditeur : Kazé Manga
Titre original : Koi no Kamisama Komi Naoshi Tanpenshu
Dessin : Naoshi KOMI
Scénario : Naoshi KOMI
Traduction : Lilian LEBRUN
Prix : 8.99 €
Nombre de pages : 321
Date de parution : 10/02/2016

Aventure, fantastique, romance et même science-fiction, autant de genre différents abordés dans ces six œuvres inédites de Naoshi KOMI qui ont toutes pour fil rouge les thèmes de l’amour et de l’amitié. Découvrez également en exclusivité le pilote de la série Nisekoi où vous retrouverez Raku et Chitoge comme vous ne les avez encore jamais vus !

Février, c’est le mois de la Saint-Valentin et Kazé Manga a, par conséquent, décidé de voir les choses en grand avec une double ration de Nisekoi pour notre plus grand bonheur. Ainsi, l’éditeur, en plus du 17e volume, sort en même temps le recueil de nouvelles écrites par Naoshi KOMI avant la publication de sa série phare, Nisekoi.

Nous avons à faire ici, à plusieurs mini-histoires dont la dernière n’est autre que le pilote de Nisekoi.
Chaque œuvre est publiée dans l’ordre chronologique de leur parution dans le magazine de prépublication d’origine ce qui permet de bien apprécier l’évolution du mangaka. On est face à un vaste panel de genres différents, allant de l’aventure à la romance bien sûr, en passant même par un soupçon de science-fiction et de fantastique.

Island

Le recueil s’ouvre sur le premier titre édité du dessinateur : Island. Publié dans l’Akamaru Jump (hors-série du fameux Shônen Jump), c’est avec cette nouvelle que Naoshi KOMI remporte son premier prix.

Ici, tout tourne autour de l’idée du rêve et de la transition difficile qu’est le passage à l’âge adulte. Suite à une catastrophe des années auparavant, il ne reste plus que un seul et unique village sur Terre. Sa particularité ? Il est entouré d’une immense muraille de plusieurs mètres de haut (non non, ce n’est pas du tout L’Attaque des Titans) et il est dit que au-delà de ces murs s’étend un océan à perte de vue sans aucun signe de vie.
Les adultes se sont faits à cette vie, tandis que les enfants, eux, continuent de rêver et n’ont qu’une envie : partir à la conquête du monde extérieur.

C’est une jolie petite histoire sans prétention qui pose la question suivante : Faut-il abandonner ses rêves s’ils paraissent impossibles à réaliser ? Le scénario tient la route et propose une belle ouverture au lecteur en guise de scène de fin.

Le trait de l’auteur n’est pas aussi précis que sur Nisekoi, ce qui est normal me direz-vous, puisqu’il s’agit de sa première œuvre. Impossible de ne pas voir les bases du style qu’il utilisera quelques années plus tard sur son hit.

Le Dieu de l’Amour

Seconde nouvelle : Le Dieu de l’Amour. Ça y est, KOMI mets un pieds dans ce qui deviendra son genre de prédilection par la suite, la romcom (romantic comedy ou comédie romantique). C’est la deuxième œuvre de l’auteur mais la première publiée dans le Shônen Jump.

On peut dire que c’est une sorte d’ébauche à Nisekoi, on y retrouve d’ailleurs un personnage secondaire de la série, la fameuse vieille dame du temple du Nouvel An qui causa tant de soucis à nos héros.

En ce qui concerne l’histoire, on a un jeune homme complètement dingue de la gente féminine qui se prend des râteaux à chaque fois qu’il invite une fille à sortir, jusqu’au jour où une nouvelle élève débarque dans sa classe et là, c’est le coup de foudre immédiat. Il tombe raide dingue amoureux cette jeune fille et fait tout pour la séduire. Cependant, il est face à un problème de taille : toute personne essayant de l’approcher subit le courroux de Dieu (rien que ça !).

Tout cela donne lieu à des situations relativement cocasses et comiques auxquelles tout lecteur de Nisekoi est déjà bien au fait. C’est plaisant à lire et bien mis en scène, une bonne mise en bouche pour la suite.

Williams

Vous prendrez bien un peu d’aventure avec tout ça ? C’est chose faite avec la troisième nouvelle du recueil : Williams.

On retrouve un jeune homme plein d’entrain qui fait tourner en bourrique et ce, sans aucun scrupule, sa servante attitrée. Le tout dans un univers alternatif fortement inspiré des années 1900. C’est l’aube des grandes découvertes, ce qui n’est pas sans rappeler la BD d’un certain Tardi, Adèle Blanc-Sec. Ainsi, ce jeune garçon de bonne famille est complètement en adoration devant un célèbre auteur de livres d’aventure et souhaite partir pour vivre la sienne.

Pas vraiment de romance dans cette nouvelle, on suit simplement les péripéties du garçon et de sa pauvre soubrette qui donnent lieu à des petites scènes comiques (voir la scène « Maid Point« ). L’histoire est plaisante, on y retrouve encore une fois la question du passage à l’âge adulte et le fait de continuer ou non de croire en ses rêves.

Cette œuvre est donc la deuxième publication de Naoshi KOMI dans le Shônen Jump et force est de constater que ses thèmes de prédilection commencent à se former.

Personant

Parlons maintenant de la question épineuse que pose le regard des autres en public. Personant en parle mais avec un twist… Les héros ne sont pas vraiment dans le présent !

Dans une société futuriste, l’humanité a pris une décision radicale pour supprimer toutes les différences entre les hommes et les mettre tous sur un pied d’égalité afin d’éradiquer toute discrimination.
Pour ce faire, chaque personne possède un masque appelé personant, qui, une fois porté recouvre la totalité du visage et du corps. Impossible de savoir qui se cache dessous, même de distinguer le sexe du porteur et ce personant doit être activé  à chaque fois en présence d’autres individus, autant en privé qu’en public.

Ce système ne permet pas que de cacher l’identité du porteur mais aussi de gérer son système immunitaire et permet également à l’Etat d’attribuer à chaque individu un travail qui lui correspond en fonction de ses capacités. Bref, une société idéale en apparence où la pauvreté n’existe pas, le chômage non plus et où les guerres ne sont qu’un lointain souvenir.

Dans tout ça, on peut se demander si ces humains sont vraiment libres et ça tombe bien, un élément perturbateur va soudainement chambouler ce système en apparaissant aux yeux de toute la population sans porter son masque (c’est un peu comme s’il était sorti à poil en public en fait) et là… c’est le drame !
Pour les habitants qui ont toujours vécu comme ça, c’est inconcevable et pourtant, cet homme va leur ouvrir les yeux.

Publié cette fois dans le Jump SQ juste avant de commencer sa première série Double Arts, KOMI dénonce ici une société en apparence parfaite mais où, en réalité, l’humanité est enchaînée dans un cocon qui la prive de toute liberté et de son libre-arbitre.

On sent une amélioration de son trait qui s’affine au fil de pages et même si le sujet est plus sérieux, on retrouve toujours son fil conducteur qu’est la comédie avec des gags qui viennent casser les passages plus matures.

Apple

Avant-dernière nouvelle du recueil : Apple (non non rien à voir avec la marque du même nom, vraiment) qui est la troisième œuvre de l’auteur parue dans le Shônen Jump.

Cette fois-ci, pas de héros mixtes mais une belle histoire d’amitié entre garçons.
Se déroulant dans notre monde, un homme vit en marge de la société quand tout à coup l’armée débarque à sa porte prête à en découdre. La raison, cet homme possède un pouvoir qui lui permet de se transformer en ce qu’il veut à loisir, une sorte de divinité et bien sûr, le gouvernement veut le récupérer pour faire des expériences.

C’était sans compter sur l’intervention d’un jeune noble surdoué qui décide de vivre chez lui pour développer sa thèse de l’évolution absolue comme il l’appelle. Comment se passera la cohabitation ? Bien, je vous invite à le découvrir par vous-même en lisant le recueil.

Spoiler qui n’en est pas vraiment un : Il y a de la baston, des pouvoirs et de la camaraderie. Des valeurs jumpesques auxquelles vous devez maintenant être habitués !

Nisekoi

Enfin, nous y voilà, le pilote de Nisekoi publié dans le Jump Next clôt ce sympathique volume et porte le nom de… Nisekoi (pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple).

Pour le lecteur de la fameuse série, rien de bien nouveau à l’horizon, l’idée de base est là, Raku et Chitoge sont chacun 2 membres de clans rivaux et pour empêcher une guerre a priori inévitable, ils vont devoir sortir ensemble.

On y trouve des personnages qui seront également dans la série par la suite comme Claude, Ryunosuke et les pères des héros. Pour ces quatre là, les contours sont déjà bien établis. On peut dire la même chose pour Raku mais c’est un peu différent pour Chitoge qui possède un design différent de celui qui sera retenu pour la version finale.

Ce pilote contient tous les ingrédients qui feront le succès de Nisekoi par la suite. Son style est tout trouvé et la comédie romantique est rondement menée par un « couple » haut en couleurs, qui se déteste (ou pas), qui va devoir accepter de mettre ses différends de côté pour la survie de leur clan et surtout régler ce quiproquo à propos d’une certaine promesse.

Voilà, le recueil se termine sur une postface de l’auteur nous parlant de sa précédente série en 5 tomes finis au Japon, Double Arts. Pour l’occasion, il a dessiné une nouvelle illustration de ses protagonistes et, étant non disponible aujourd’hui en France, on ne peut que souhaiter qu’elle parvienne jusqu’à chez nous (n’est-ce pas Kazé ?).

Pour l’édition du volume, on regrettera encore une fois les pages un peu fines qui laissent transparaître leur verso mais d’un autre côté, on a déjà un gros pavé entre les mains, donc peut-être difficile de faire autrement. En revanche, on appréciera le coffret regroupant le recueil de nouvelles et le tome 17 de Nisekoi sorti pour l’occasion même si niveau prix, il n’y a pas vraiment de différence.

 coffretNisekoi17

Petites histoires sans prétention

Graphisme - 54%
Histoire - 60%
Mise en scène - 57%
Originalité - 64%
Edition - 65%
Dans son genre - 66%

61%

Amour

Il est toujours intéressant de découvrir les œuvres de jeunesse des mangaka, comprendre par où ils sont passés. Après tout, un succès ne vient pas tout seul, c'est un travail de longue haleine et semé d'embûches. Ces nouvelles montrent bien que, comme tout le monde, Naoshi KOMI a tâtonné pour trouver son style et son genre. Au final, ce sera bel et bien la comédie romantique qui deviendra son domaine de prédilection.




A propos de Yukionna

Yukionna
Comme dit l'adage, je suis tombée dedans quand j'étais petite en regardant avec assiduité Card Captor Sakura quand ça passait sur une certaine chaîne hertzienne. Fan des Clamp devant l'Éternel, je voue un culte sans modération aux œuvres de Type-Moon et Shaft.

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