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Nirvana – Tome 1

Nirvana – Tome 1 Éditeur : Doki-Doki
Titre original : Nirvana
Dessin : SAYUKI
Scénario : JIN & SAYUKI
Traduction : Fédoua LAMODIÈRE
Prix : 7.5 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 08/02/2017

Japon, année 2016. Yachiyo, surnommée « la nouvelle Mère Teresa », embarque pour une mission bénévole à l’étranger. Mais en plein vol, son avion subit une avarie et s’écrase… Elle se réveille dans un monde nouveau et inconnu, peuplé d’étranges habitants. Elle fait la rencontre d’un jeune homme qui l’appelle immédiatement « Sakuya » et lui révèle qu’elle est la réincarnation de la déesse de l’harmonie. Yachiyo va devoir entreprendre une quête pour ramener la paix et l’espoir sur ce monde mystérieux, aidée par douze compagnons et ses avatars élémentaires !

Si vous aviez apprécié le sympathique Les Six Destinées, vous serez heureux d’apprendre que SAYUKI est de retour chez Doki-Doki avec Nirvana. Alors que sa première série souffrait d’une mise en scène trop classique et d’une histoire assez standard, la mangaka a ici un scénariste avec lui. Le résultat est un titre abouti, bien dessiné et qui sait charmer le lecteur.

Doki-Doki mise beaucoup sur ce shônen qu’il propose une sortie simultanée avec le Japon pour la publication en volumes reliés. Mettre en place ce genre de dispositif n’est pas chose facile et témoigne d’une véritable envie de mettre en avant un titre qui, pour le coup, en vaut réellement la peine.

Yachiyo est un personnage plein de bonne volonté. En héroïne toute désignée, elle se débrouille plutôt bien pour s’attirer un gros capital sympathie de la part du lecteur et ce, dès le début. Même si elle est mise en scène comme une jeune fille modèle, elle n’est jamais énervante, méprisante et ne possède pas ce côté banal et un peu lassant de ces personnages parfaits qui ont le don d’énerver un bon nombre de lecteurs.

Au contraire, sa détermination et son franc-parler vont lui permettre de compenser son apparente faiblesse physique (elle est encore jeune et disons que ses muscles ne font pas vraiment partie de ses atouts principaux). En tant que réincarnation d’une déesse, disons qu’elle s’en sort beaucoup mieux qu’une certaine « S » aux cheveux violets qui n’a de cesse de se faire sauver par des beaux gosses en armure !

Le duo de héros (Yachiyo / Mal) se forme assez vite et leur premier combat ne sera pas forcément facile. Entre la jeune fille qui ne maîtrise pas encore très bien sa force et le jeune garçon qui ne veut pas vraiment travailler avec la réincarnation de la déesse, les protagonistes ont encore une belle marge de progression devant eux.
L’évolution de leur relation, on ne la doit quasiment qu’à Yachiyo. C’est à force d’actions qu’elle va réussir à pénétrer le coeur du jeune garçon et à lui faire comprendre qu’elle est quelqu’un sur qui on peut compter. Mal, particulièrement réticent, va donc s’ouvrir peu à peu jusqu’à se rendre à l’évidence : celle qui se trouve devant lui est bel et bien la déesse de l’harmonie qu’il a toujours voulu servir.

Le système de pouvoirs est plutôt bien pensé et vient emprunter aux symboles bouddhistes et aux éléments au centre de cette religion. On retrouvera ainsi deux compagnons et deux « avatars » dans ce premier volume, l’un lié à la terre et l’autre au vent. Pour les utiliser, Yachiyo (qui ne possède, d’après ce que l’on sait pour l’instant, aucune magie particulière) va « fusionner » avec les « signes », gardiens des sceaux qui permettent de révéler tous les pouvoirs de la déesse.
C’est grâce à eux qu’elle va pouvoir se battre même si, une fois la fusion opérée, c’est à elle d’y aller de sa personne et de se battre. Bien sûr, à chaque signe sa spécialité et les possibilités n’en seront que plus grandes lorsque les compagnons de l’héroïne se multiplieront même si on imagine que l’ennemi final lui demandera de faire appel à l’intégralité de ses pouvoirs.

À première vue, Nirvana est parti comme un shônen d’aventure épique avec des combats dantesques (franchement, ils sont vraiment bien foutus) mais aussi une bonne part d’exploration puisque Yachiyo va devoir parcourir ce monde qu’elle ne connaît pas pour retrouver ceux qui pourront l’aider à restaurer la paix.

Cependant, JIN ne cherche pas à faire du shônen bisounours. Les combats ont de véritables enjeux et les personnages ne sont pas à l’abris d’une mauvaise surprise. Alors que d’autres auteurs choisiront de faire disparaître certains personnages en les envoyant s’entraîner ou même en leur donnant un caractère fantaisiste qui les fera vagabonder dans le monde sans but, le scénariste n’hésite pas à sacrifier certains de ses personnages pour donner un côté dramatique à son titre.

Au niveau du dessin, on retrouve ce trait vraiment sublime que l’on avait déjà dans le précédent titre de l’auteur. Les personnages sont super expressifs et leur chara-design a toujours un petit « je ne sais quoi » qui les rend très attachants. C’est même le cas du premier ennemi qui a des airs de Méphisto de Blue Exorcist !
Le seul couac, c’est peut-être le menton des personnages lorsqu’ils sont dessinés de profil qui fait vraiment très bizarre mais c’est assez rare pour vraiment gêner ou faire réagir le lecteur.

Petit détail intéressant : certaines cases peuvent paraître un peu avares en arrière-plans et on se rend rapidement compte que c’est vrai sur les plus petites utilisées par la dessinatrice. Elle n’hésite pas, quand l’espace vient à manquer (donc quand il est réduit) à faire abstraction du décor pour mieux mettre en avant le/les personnage(s) qui interviennent. On a un peu une impression de zoom  rapide qui est loin d’être déplaisante.

Pour le reste, ne vous attendez pas à des folies, le découpage est vraiment classique avec des cases rectangulaires qui ne sortent pas de la norme. Cependant, on sent quand même de l’idée dans la mise en page avec des « blocs » de cases organisés de manière intelligente pour bien faire varier le rythme.

On sent que Doki-Doki a voulu mettre la forme puisque la fabrication est tip top. Leur format traditionnel est conservé et on a le droit à quelques pages en couleur mais surtout à un papier blanc et pas particulièrement fin, ce qui donne un ouvrage semi-rigide agréable à lire et qui ne plie pas dans les mains (comme la dernière mode semble l’exiger).
On voit tout de suite la différence avec d’autres séries, surtout si on en a une en main.

En ce qui concerne la traduction, ils ont fait appel à une professionnelle des titres d’aventure/action mais aussi des mangas où le background n’est pas simple à traduire : Fédoua LAMODIÈRE. La traductrice qui a officié sur la version perfect de Dragon Ball (rien que ça) mais aussi sur Altaïr (que l’on pourrait rapprocher de Nirvana pour la richesse du vocabulaire spécifique) propose une excellente copie.
Fluide malgré les nombreux termes bouddhistes, le texte passe vraiment très bien et le lecteur ne devrait tiquer à aucun moment. Rien ne viendra ainsi entraver cette lecture qui ne manquera pas de vous transporter !

Voyage au septième ciel

Graphisme - 82%
Histoire - 75%
Mise en scène - 71%
Originalité - 75%
Edition - 80%
Dans son genre - 77%

77%

Nirvana-na

Nirvana est un titre qui fait autant plaisir qu'un Seven Deadly Sins lors de sa sortie. On retrouve une structure classique mais bien utilisée et avec un thème original et qui permettra au lecteur d'en apprendre un peu plus sur le bouddhisme et ses traditions. Quand en plus c'est aussi beau, il n'y a pas vraiment de raison de se priver !




A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

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