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Moi, quand je me réincarne en Slime 1

Moi, quand je me réincarne en slime – Tomes 1 & 2

Moi, quand je me réincarne en slime – Tomes 1 & 2 Éditeur : Kurokawa
Titre original : Tensei Shitara Slime Datta Ken
Dessin : Taiki KAWAKAMI & Mitz VAH
Scénario : FUSE
Traduction : Erica MORIYA
Prix : 7.65 €
Nombre de pages : 240
Date de parution : 09/11/2017

Satoru, employé de bureau lambda, se fait assassiner par un criminel en pleine rue. Son histoire aurait dû s’arrêter là, mais il se retrouve soudain réincarné dans un autre monde sous la forme d’un Slime, le monstre le plus faible du bestiaire fantastique. Le voilà équipé de deux compétences uniques : « Prédateur », lui permettant de récupérer les aptitudes de ses adversaires, et « Grand sage », grâce à laquelle il acquiert une compréhension aigüe de son environnement. Cependant, ses chances de survie semblent encore limitées…

Kurokawa nous propose un nouvel isekai en cette fin d’année qui devrait plaire aux fans de Re:Monster sorti chez OtotoMoi, quand je me réincarne en Slime de Taiki KAWAKAMI (qui adapte du light novel écrit par FUSE et illustré par Mitz VAH) reprend l’idée d’une réincarnation en monstre mais cette fois, c’est un monstre particulièrement faible qui est choisi : le slime.

Se réincarner en slime dans un monde d’heroic-fantasy, c’est un peu comme se réincarner en fourmi dans notre monde. Niveau chances de survie, il y avait quand même mieux à faire. Dans son désarroi, Satoru parvient quand même à récupérer deux fonctions particulièrement utiles, une qui lui permet d’assimiler un maximum de choses de son nouvel environnement et une autre qui lui permet de les comprendre.
Couplé à une intelligence et un sens commun au dessus de la moyenne, le japonais parvient à survivre tant bien que mal. Sa rencontre hasardeuse avec un dragon va lui faire changer de perspective et lui donner un but dans ce nouveau monde.

Satoru est un personnage très similaire à Kanata, le héros de Re:Monster. Il prend les choses de la même façon et va utiliser sa tête (ou du moins ce qui sert de cerveau à un slime) pour exploiter ses nouvelles capacités au maximum. Alors qu’il se rend compte qu’il est aveugle dans son nouveau corps, il ne va pas désespérer mais plutôt chercher à utiliser un autre de ses cinq sens pour pouvoir se faire une idée de sa position.
La mise en scène est vraiment intéressante dans la mesure où le lecteur ne voit rien de plus que le personnage. On retrouve donc des cases noires avec quelques éléments sensitifs qui apparaissent au fur et à mesure, alors que Satoru commence à percevoir de plus en plus de choses. Le mangaka s’est super bien débrouillé pour mettre en image cet état de doute permanent qu’éprouve celui qui vient de renaître.
En fait, un peu comme un nourrisson, il va devoir apprendre à vivre avec un « corps » qu’il ne connait pas. L’avantage pour le slime, c’est qu’il dispose déjà d’un intellect développé et qu’il va donc pouvoir réfléchir immédiatement, contrairement à un bébé qui n’a encore pas un bon usage de son cerveau.

Si les deux capacités qu’il acquiert en ressuscitant peuvent paraître un peu trop puissantes au départ, on se rend vite compte que sa faiblesse physique fait qu’il avait vraiment besoin d’un coup de pouce pour ne pas mourir immédiatement. En tout cas, Satoru les utilise intelligemment comme on le voit au début. L’une de ses premières actions est de se battre pour tuer une chauve-souris car il sait que l’absorber lui permettra d’obtenir un organe vocal et donc la possibilité de parler.

Certaines de ses actions vont même se révéler plus utiles que prévu. Encore aveugle et alors qu’il s’ennuie, il va se mettre à absorber toutes les herbes sur son chemin. Il ne se rendra compte que plus tard qu’il a récupéré énormément de matériel pour pouvoir fabriquer un remède revitalisant très efficace qui lui permettra même de se faire bien voir des nains.

Malheureusement, comme dans beaucoup d’isekai (ces titres dans lequel un humain normal meurt et se retrouve dans un monde complètement différent, souvent très similaire aux mondes que l’on connaît grâce aux RPG qui ont fait les beaux jours des jeux vidéos japonais des années 1990-2000), la précédente vie du héros ne sert… à rien. On a bien quelques flashbacks mais ils n’ont pas réellement d’influence sur les actions du protagoniste dans sa nouvelle vie. C’est un peu dommage mais on commence à être habitué. Après tout, ça ne gâche pas le plaisir de lecture non plus.

Le point positif, c’est qu’on sait d’emblée que d’autres voyageurs sont là, quelque part dans ce nouveau monde et qu’il est même très probable qu’il y ait des Japonais, ce qui devrait donner lieu à des rencontres assez sympathiques. L’un de ces voyageurs pourrait même être un personnage que l’on voit assez rapidement dans la série même si on ne peut pas encore vraiment en être sûr.

Comme FUSE, l’auteur du roman, le dit dans son petit mot de fin de volume, Taiki KAWAKAMI réussit un tour de force en proposant le premier tome d’un manga pour jeunes garçons presque entièrement dénué de présence féminine. En fait, en tant que lecteur, on ne se fait la remarque à aucun moment. Ce premier volume passe tellement vite qu’on ne se rend pas vraiment compte qu’il n’y a encore aucun personnage féminin notable.
En fait, ce n’est pas nécessaire compte tenu des événements racontés et en ajouter un aurait peut-être cassé l’excellent équilibre du récit.

L’ouvrage proposé par Kurokawa est plutôt bon : avec sa fabrication semi-rigide et son papier assez épais, il est dans la même veine que les autres titres de l’éditeur dans ce format (Red Eyes Sword, Les Misérables…). Il y a même quelques pages en couleurs au début du volume pour bien lancer le lecteur. On notera aussi la présence d’un petit roman bonus à la fin qui prend un point de vue original et donne une deuxième vie aux scènes que l’on avait pu voir dans le manga.
Pour la traduction, le vocabulaire et le style utilisé est très proche de ce qu’on a déjà pu voir dans d’autre isekai. C’est normal, on tourne autour des mêmes champs lexicaux de la découverte et de la nouveauté. Ça se lit bien, c’est engageant et la structure est bonne. Que demander de plus ?

Moi, quand je me réincarne en lecteur

Graphisme - 69%
Histoire - 72%
Mise en scène - 80%
Originalité - 74%
Édition - 75%
Dans son genre - 70%

73%

Gluant

Moi, quand je me réincarne en slime est un manga clairement plaisant. Le titre se lit vraiment tout seul et ici, ce n'est pas seulement un nouveau monde qu'il y a à découvrir mais aussi un nouveau corps (faiblard) qui ne laisse pas le droit à l'échec. Bien dessiné, bien écrit et bien traduit, le titre de Taiki KAWAKAMI s'impose comme l'une des bonnes surprises de cette fin d'année.




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Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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