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Les Mémoires de Vanitas 1

Les Mémoires de Vanitas – Tome 1

Les Mémoires de Vanitas – Tome 1 Éditeur : Ki-oon
Titre original : Vanitas no Carte
Dessin : Jun MOCHIZUKI
Scénario : Jun MOCHIZUKI
Traduction : Fédoua LAMODIÈRE
Prix : 7.9 €
Nombre de pages : 242
Date de parution : 06/07/2017

Fin du XIXe siècle. Paris est en plein émoi à la suite d’attaques répétées de vampires. Pourtant, la règle d’or de leur communauté est de ne pas s’en prendre aux humains ! Un mal mystérieux semble ronger ces créatures immortelles…
C’est en cette période troublée que Noé arrive dans la capitale. Il suit la trace du grimoire de Vanitas, artefact légendaire craint de tous les vampires. On dit qu’il permet à son détenteur d’interférer avec ce qu’il y a de plus sacré pour eux : le nom véritable, symbole même de leur vie. Le modifier peut les rendre fous, voire les anéantir…
À bord de l’énorme vaisseau flottant sur lequel il a embarqué, Noé fait la connaissance d’Amélia. Alors qu’il l’aide à se remettre d’un malaise, tout s’emballe : elle perd la tête et révèle sa nature de vampire devant les passagers ! C’est alors qu’entre en scène un mystérieux assaillant, se présentant comme… Vanitas ! Devant un Noé bouche bée, il dégaine le fameux grimoire et apaise l’accès de folie de la jeune femme. L’artefact ne serait donc pas qu’une arme mortelle ? Vanitas, héritier du nom et du pouvoir du créateur du livre, a une mission : sauver les vampires de la malédiction qui pèse sur eux !

Plus d’un an après l’exposition consacrée à Pandora Hearts durant laquelle nous avions eu l’avant-goût d’une annonce de publication (je vous renvoie au reportage consacré à cet événement), Jun MOCHIZUKI nous revient avec sa nouvelle série : Les Mémoires de Vanitas. Cette fois-ci, exit l’ambiance victorienne et bonjour le Paris à la sauce Jules Verne ! Trève de palabres : que vaut ce premier tome ?

Les Mémoires de Vanitas - Tome 1 (Planche 1)
©Jun Mochizuki/SQUARE ENIX CO., LTD.

Si on compare ce début à celui de Pandora Hearts, on ne peut nier que MOCHIZUKI s’est grandement améliorée. En effet, certains avaient reproché à la tragédie d’Oz d’être à la limite du brouillon, peu claire et qu’on avait du mal à voir où voulait en venir l’auteure. Or, ici, cette même critique est plutôt difficile à faire, car justement, on comprend (ou du moins, on le pense) très bien ce qui se passe et le chemin qu’on nous propose de suivre. Il y a un but affirmé et ce, dès les premières pages.

Pourtant, paradoxalement, c’est peut-être également le défaut majeur du récit : c’est parfois trop simple, plus aussi déroutant et intriguant que dans la série précédente. Il manque cette petite étincelle de mystère qu’on retrouvait dans l’Abyss, les Chains et le crime du jeune Vessalius. Le fait qu’on retrouve des vampires peut également accentuer cet aspect de « déjà-vu ».

Est-ce que cela rend Les Mémoires de Vanitas mauvais ? Pas vraiment. Le tome conserve tout de même de nombreuses zones d’ombre, introduites notamment par la focalisation interne. Contrairement à Pandora Hearts, le narrateur est personnage du récit, puisqu’il s’agit de Noé qui raconte ce qu’il a vécu avec Vanitas.
Ce dernier ne se prive pas d’exciter la curiosité du lecteur en lui annonçant ce qui pourrait être le dénouement de l’histoire…
De ce fait, on comprend un peu mieux le choix de l’auteure quant à la simplicité du récit : elle met en place une narration différente et qui n’est pas la plus exploitée, donc elle a sans doute préféré demeurer claire et simple, pour ne pas risquer de perdre son lectorat.

Les Mémoires de Vanitas - Tome 1 (Planche 2)
©Jun Mochizuki/SQUARE ENIX CO., LTD.

Concernant la mise en scène, Jun MOCHIZUKI continue à donner un certain rythme à son histoire, en mêlant phases de combat et phases de discussions, moments sérieux et moments comiques. C’était une recette qui avait très bien fonctionné pour son titre précédent, et qui s’adapte de nouveau parfaitement bien à cette nouvelle intrigue. Cela permet de prendre beaucoup de plaisir à la lecture, et donne envie de connaître la suite.

Quant au graphisme… C’est beau, tout simplement. MOCHIZUKI avait déjà montré qu’elle avait le sens du détail auparavant, mais c’est encore plus flagrant ici. J’en prends pour preuve deux éléments précis : le dirigeable qui amène Noé à Paris, et la première scène de rue retranscrivant très bien le décor et l’ambiance du Paris haussmannien.

Les personnages ne sont pas en reste : de sublimes costumes assez réalistes, des visages très expressifs et intrigants. On arrive rapidement à identifier qui est qui, ce que chaque personnage ressent et ce qu’il veut faire passer comme message à son interlocuteur. À n’en pas douter, le graphisme est l’un des atouts majeurs de l’auteure.

On terminera sur l’édition de Ki-oon qui, comme à l’accoutumée, est de très bonne qualité. Le papier est très agréable au toucher et met en valeur les planches de MOCHIZUKI. Le prix peut sembler élevé, mais ce serait faire abstraction du nombre de pages du volume.

Les Mémoires de Vanitas - Tome 1 (Planche 3)
©Jun Mochizuki/SQUARE ENIX CO., LTD.

L’éditeur a aussi su trouver un argument de poids pour attirer le public : un message d’Hiromu ARAKAWA, l’auteure de Fullmetal Alchemist, qui ne tarit pas d’éloges sur le premier chapitre des Mémoires de Vanitas. Fans d’ARAKAWA, vous voilà prévenus !
Cependant, le meilleur argument pour attirer le public a été celui de Japan Expo, avec la venue de Jun MOCHIZUKI, que la rédaction a pu interviewer et dont vous pouvez retrouvez les propos en suivant ce lien !

"Sang" pour cent magies

Graphisme - 82%
Histoire - 67%
Mise en scène - 74%
Originalité - 62%
Edition - 75%
Dans son genre - 72%

72%

Manip & Co.

Même si le récit possède quelques lacunes, il n'en demeure pas moins efficace et prenant. Le savant mélange d'humour et de sérieux opéré par Jun MOCHIZUKI titille la curiosité du lecteur, et nous fais espérer de belles et bonnes choses. Si on considère l'évolution de la mangaka entre le premier tome de sa série précédente et celui-ci, la série promet d'être palpitante !




A propos de L'Otak' des Lettres

L'Otak' des Lettres
Professeur otak' qui adore fouiller en profondeur l'essence des mangas, afin d'en dégager le bon et le moins bon.

Un commentaire

  1. Je n’ai pas lu Pandora Hearts, je ne suis donc pas familier du travail de cette auteure mais tout ce que je peux dire, c’est que j’ai vraiment pas accroché. Le dessin est beau et pour moi, c’est bien la seule qualité. Je me suis ennuyé à la lecture, je trouve qu’il n’y a vraiment rien d’original dans ce manga (persos, histoire, thèmes, combats…), c’est d’un tel classicisme sans saveur…. du coup, une fois n’est pas coutume, mais je vais le revendre.

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