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[Dossier] Bilan de l’année manga 2016 : les tops, les flops, l’état du marché…

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Marie-Antoinette, la jeunesse d'une reine

Marie-Antoinette, la jeunesse d’une reine

Marie-Antoinette, la jeunesse d’une reine Éditeur : Glénat
Titre original : Marie Antoinette
Dessin : Fuyumi SORYO
Scénario : Fuyumi SORYO
Prix : 9.15 €
Nombre de pages : 180
Date de parution : 21/09/2016

Vienne, 1770. La jeune Antonia, fille de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, entreprend un voyage pour vivre auprès de son mari, le dauphin de France Louis-Auguste. Ils ne se connaissent pas, ne se sont jamais vus, et pourtant ils se sont juré amour et fidélité afin de réconcilier leurs nations respectives. Rapidement présentée à celui dont elle devra partager la vie, « Antoinette » se retrouve propulsée dans un nouveau monde : la cour de Versailles. C’est là, dans cet environnement aux codes si déroutants, qu’elle va apprendre à découvrir la personnalité de son époux si mystérieux : Louis XVI, futur roi de France… L’amour pourra-t-il naître d’un mariage arrangé ?

La mangaka Fuyumi SORYO est connue en France pour des titres comme Mars (paru chez Panini), ES (paru chez Glénat) ou bien encore Cesare (en cours de parution chez Ki-oon). Alors que l’artiste de 57 ans fait une pause dans son récit de la vie de Cesare BORGIA, elle a travaillé sur ce one-shot adaptant une petite partie de la vie de la souveraine Marie-Antoinette : Marie-Antoinette, la jeunesse d’une reine, qui parait chez Glénat.

Marie-Antoinette, la jeunesse d'une reine

C’est peu dire que la vie de l’archiduchesse Maria Antonia d’Autriche, future reine de France, a inspiré nombre d’ouvrages et de fictions diverses. Pourtant, c’est avec un plaisir toujours renouvelé que l’on se replonge dans l’histoire de cette figure majeure de l’histoire française.

Fuyumi SORYO
Fuyumi SORYO

Fuyumi SORYO, qui n’a plus à démontrer son talent pour le manga historique, propose ce volume unique qui se focalise sur la jeune Maria Antonia qui va devenir Marie-Antoinette, dauphine de France, et de sa rencontre avec son époux, Louis-Auguste, futur Louis XVI.
Fruit d’une collaboration entre les éditions Glénat, le Château de Versailles et l’éditeur japonais Kôdansha, il est actuellement en cours de pré-publication au Japon alors que nous jouissons de l’entièreté de l’œuvre avec ce volume unique.
Pour l’auteure, ce Marie-Antoinette est vu comme une “respiration” dans un Cesare qui l’épuise, lui demandant un travail de recherche et de documentation particulièrement éreintant.

Selon Glénat, le projet germe à partir d’une exposition du mobilier de Marie-Antoinette à Tokyo. Le Château de Versailles et l’éditeur grenoblois ayant déjà travaillé ensemble auparavant, ce dernier propose l’idée d’un manga qui paraîtrait conjointement en France et au Japon. Le choix s’est porté sur la mangaka Fuyumi SORYO pour « son expertise de l’histoire européenne et son trait réaliste ».
Selon Jacques GLÉNAT, PDG des éditions du même nom, ce projet a été conduit lors « d’un échange d’éditeurs. Une éditrice de Kodansha est venue six mois chez Glénat et une éditrice de Glénat trois mois chez Kodansha. La création a donc été confiée à ces deux éditrices, qui ont collaboré tout au long du processus ».

On y découvre une Marie-Antoinette dépeinte comme une sympathique jeune princesse espiègle qui a le plus grand mal à se fondre dans la cour de Versailles, stricte, bourrée de règles et pleine d’intrigants.
Ce portrait est probablement quelque peu édulcoré par rapport à la réalité historique, mais il a le mérite de nous emmener dans l’intimité de la jeune fille déracinée. On y est témoins de ses états d’âme, de sa difficulté à appréhender un univers bien différent de celui de la cour autrichienne où l’Étiquette règne et, simplement, de trouver sa place dans un Versailles qui ne veut pas d’elle.
L’auteure laisse croire au lecteur à une complicité naissante entre Louis-Auguste et Marie-Antoinette, là où les historiens ne sont pas nécessairement aussi catégoriques même s’il est communément accepté que la naissance de leur progéniture va rapprocher des époux royaux que tout oppose.
Cependant, ne boudons pas notre plaisir, l’Antonia de SORYO est absolument délicieuse, et l’on se prend immédiatement d’affection pour cette petite dont on bouleverse l’existence au nom de la raison d’État.

La patte de la mangaka est somptueuse, ses personnages d’une grande finesse et ses costumes sont à l’avenant : de toute beauté.
Les décors ne sont pas en reste ; on sent que le travail de documentation de l’auteure est fait avec un très grand sérieux, chaque reproduction étant précise et regorgeant de détails, que ce soit le château royal ou bien le Petit Trianon, que l’on parle des moulures ou de l’architecture intérieure des bâtiments.
L’auteure sait jouer de sa mise en scène pour souligner la prestance de ses protagonistes, elle y alterne personnages incorporés dans un environnement ou sans quand le besoin se fait ressentir de ne focaliser l’attention du lecteur que sur les acteurs en présence.

L’édition proposée par Glénat est plutôt correcte. Les pages sont plutôt épaisses, ce qui tranche positivement avec les parutions actuelles de l’éditeur, les premières étant même en couleur, par contre la couverture fait appel à un papier encore nettement trop fin. Malgré tout la jaquette est dotée d’un vernis brillant et rehaussée de dorures à chaud du plus bel effet.

Si l’on peut s’inquiéter du manque de matière dû à un volume unique de 180 pages pour parler de Marie-Antoinette, on est vite rassurés. Fuyumi SORYO a parfaitement réussi son office avec une histoire qui se focalise sur une petite partie de la jeunesse de la future reine sans que cela ne soit préjudiciable. Tout juste regrette-t-on de ne pas en lire plus, de ne pas explorer plus du Versailles de Louis XV, puis de Louis XVI, en compagnie de l’artiste. Espérons que ça lui donnera des idées pour la suite !
En résulte un excellent titre pour Glénat, passionnant de bout en bout.

Marie-Antoinette, la jeunesse d'une reine
MARIE-ANTOINETTE © Fuyumi Soryo / Kodansha Ltd.
La mangaka Fuyumi SORYO est connue en France pour des titres comme Mars (paru chez Panini), ES (paru chez Glénat) ou bien encore Cesare (en cours de parution chez Ki-oon). Alors que l'artiste de 57 ans fait une pause dans son récit de la vie de Cesare BORGIA, elle a travaillé sur ce one-shot adaptant une petite partie de la vie de la souveraine Marie-Antoinette : Marie-Antoinette, la jeunesse d'une reine, qui parait chez Glénat. C'est peu dire que la vie de l'archiduchesse Maria Antonia d'Autriche, future reine de France, a inspiré nombre d'ouvrages et de fictions diverses. Pourtant, c'est avec un plaisir toujours renouvelé que…

Inside la vie de château

Graphisme - 88%
Histoire - 85%
Mise en scène - 85%
Originalité - 80%
Edition - 73%
Dans son genre - 89%

83%

Dauphine

Fuyumi SORYO a parfaitement réussi son office avec une histoire qui se focalise sur une petite partie de la jeunesse de la future reine sans que cela ne soit préjudiciable. Tout juste regrette-t-on de ne pas en lire plus, de ne pas explorer plus du Versailles de Louis XV, puis de Louis XVI, en compagnie de l'artiste. Espérons que ça lui donnera des idées pour la suite ! En résulte un excellent titre pour Glénat, passionnant de bout en bout.




A propos de Kubo

Kubo
Enfant de la « génération Club Dorothée », c'est un gros lecteur de mangas shônen, particulièrement ceux issus du Weekly Shônen Jump et des publications Shueisha en général, mais l’âge aidant ses lectures s’orientent de plus en plus vers les seinen.

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