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Dossier Boichi

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Maria 1

maria – Tomes 1~2

maria – Tomes 1~2 Éditeur : Kana
Titre original : maria
Dessin : Kazuo KAMIMURA
Scénario : Kazuo KAMIMURA
Traduction : Thibaud DESBIEF
Prix : 15 €
Nombre de pages : 300
Date de parution : 16/11/2012

Avec Maria, l’histoire d’une adolescente dans le Japon des années 70, le maître Kazuo Kamimura s’attaque aux tabous de son époque. L’excellence de sa mise en scène, l’élégance de son trait, servent à merveille une écriture percutante, sans concession. Comme avec Lorsque nous vivions ensemble, et à l’image de la nouvelle vague, Kazuo KAMIMURA bouscule la société nippone et fait souffler un vent nouveau sur le manga. Peut-être le plus sulfureux des titres de l’auteur…

maria est une oeuvre singulière qui sait synthétiser ce que Kazuo KAMIIMURA fait de mieux pur parler des femmes. Dans ce manga en deux tomes publié par les éditions Kana, vous découvrirez une héroïne forte et en avance sur son temps.

La première chose que l’on remarque quand on ouvre le premier tome de maria, c’est le trait de l’auteur. Comment pourrait-il en être autrement ? Son style graphique, reconnaissable entre mille, ne vieillit pas. Ici, on retrouve un niveau similaire à celui de Lady Snowblood ou encore Le Fleuve Shinano même s’il n’atteint pas la finesse de ce qu’on peut voir dans Lorsque nous vivions ensemble.

C’est encore une fois les amours qui sont mises à l’honneur et il faut avouer que c’est fait de bien belle manière. Point de vulgarité mais un peu de violence tout de même. Certaines scènes sont vraiment très fortes. On le voit dans cette scène effroyable (qui fera mal aux lecteurs les plus sensibles) où Kirito entaille les cordages du pont de singe qui joint sa maison et le temple qui la jouxte pour que sa mère aveugle ne survive pas à son prochain passage…

Kana ne se moque pas de ses lecteurs quand il parle de titre sulfureux. Le tome que l’on a sous la main regorge de relations en tout genre : hétérosexuelles, homosexuelles, incestueuses… KAMIMURA ne s’accorde aucun tabou (ou du moins, il ne se met aucune barrière) et explore tout ce qu’il y a à explorer.

N’est montré que ce qui est nécessaire, ce qui permet de rendre l’oeuvre un peu plus accessible. Même pendant la petite « fête » organisée par les lesbiennes, lorsque leur professeur est attachée, on reste dans des choses visuellement acceptables (pour les âmes sensibles). Ce n’est pas pour autant que la mise en scène est bâclée, loin de là. Plus que l’aspect visuel, ce sont surtout les idées derrière certaines scènes qui pourront être difficiles à concevoir pour certaines personnes et c’est là où le mangaka montre tout son savoir faire.

Maria est une jeune fille qui cherche à sortir du moule, qui ne veut pas vivre dans la société codifiée qu’on lui propose. Elle fait partie de cette génération de femmes chez laquelle la volonté d’émancipation est forte. L’auteur la fait donc passer par de nombreux états et lui fera essayer de nombreuses choses.
C’est grâce au sexe que le dessinateur nous propose de voir l’évolution de son héroïne. Maria change au fil de ses rencontres et de ses expériences et va aborder chacun de ses nouveaux (ou de ses nouvelles) partenaires avec un point de vue différent, avec une attente différente mais surtout avec cette envie de ressentir quelque chose qu’elle n’avait pas eu la chance de ressentir auparavant.

L’oeuvre que KAMIMURA nous propose est au point à tous les niveaux. On avait déjà parlé du trait somptueux mais la gestion de l’héroïne et le découpage sont aussi très bons.
La jeune Maria est belle, mystérieuse et possède un sens de préservation (ou de survie, c’est selon) très fort. Elle fait partie de ces héroïnes très « kamimuriennes » à la détermination très forte et dont l’envie resplendit alors qu’on découvre son évolution.
On retrouve dans maria ce découpage formidable qui fait toute la force des oeuvres de l’auteur et qui leur confère ce côté intemporel. Le jeu de cases du mangaka est véritablement incomparables avec ce qui se fait maintenant. Il s’amuse avec sa page et multiplie/réduit le nombre de cases, imitant les variations des battements de coeur du personnage principal.

On notera quand même un rythme un peu moins fluide que dans les autres oeuvres que l’on peut lire en France. Publié dans le début des années 70, le manga semble faire partie d’une phase où KAMIMURA expérimentait encore un peu. On le sent dans le résultat plus haché et la construction moins naturelle du récit.

Avec maria, il y aura probablement deux écoles : ceux qui aiment et ceux qui détestent. Même si on penche plutôt vers la première catégorie, le style ne plaira pas forcément à tout le monde.
Les images utilisées par l’auteur sont vraiment très travaillées et la façon dont il utilise les chansons du folklore japonais rend le tout très onirique, faisant de son oeuvre une gigantesque métaphore. Ce dont on a l’impression, c’est qu’il sait où il veut que son héroïne aille et qu’il sait comment nous y amener avec elle.

Pour l’édition, Kana n’a pas vraiment pris de risque et réutilise le grand format utilisé sur les autres titres de KAMIMURA qu’ils ont édité. Papier fin (mais plutôt bien équilibré pour le coup) et ouvrage assez souple (pas assez pour plier en deux, rassurez-vous), le titre a quand même le droit à deux tomes alors qu’on aurait pu imaginé un volume massif à l’instar de Lorsque nous vivions ensemble pour pouvoir publier l’oeuvre d’un seul coup.
DESBIEF étant un habitué de l’auteur, il n’y a pas grand chose à redire sur son travail qui fonctionne bien et s’accord avec le style lyrique de l’auteur.

maria est une oeuvre singulière qui sait synthétiser ce que Kazuo KAMIIMURA fait de mieux pur parler des femmes. Dans ce manga en deux tomes publié par les éditions Kana, vous découvrirez une héroïne forte et en avance sur son temps. La première chose que l'on remarque quand on ouvre le premier tome de maria, c'est le trait de l'auteur. Comment pourrait-il en être autrement ? Son style graphique, reconnaissable entre mille, ne vieillit pas. Ici, on retrouve un niveau similaire à celui de Lady Snowblood ou encore Le Fleuve Shinano même s'il n'atteint pas la finesse de ce qu'on peut voir dans Lorsque nous vivions ensemble. C'est encore une fois les…

Belle à s'en crever les yeux !

Graphisme - 85%
Histoire - 63%
Mise en scène - 75%
Originalité - 78%
Edition - 75%
Dans son genre - 83%

77%

Volupté

Mélancolique, parfois sombre, parfois plein d'espoir, ce titre de KAMIMURA est parfait si vous voulez comprendre sa vision du personnage féminin. En porte d'entrée, il ne conviendra pas forcément à cause de son côté fortement orienté sur une unique protagoniste mais reste un très bon titre pour ceux qui ont déjà gouté au style de l'auteur.

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A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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