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March comes in like a lion 1

March comes in like a lion – Tomes 1 & 2

March comes in like a lion – Tomes 1 & 2 Éditeur : Kana
Titre original : Sangatsu No Lion
Dessin : Chica UMINO
Scénario : Chica UMINO
Traduction : Misato RAILLARD
Prix : 5.95 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 17/02/2017

Rei, 17 ans, est un joueur professionnel de Shogi (jeu d’échec version japonaise). Mais Rei est aussi un adolescent meurtri par la mort de ses parents et de sa petite soeur. Alors qu’il vit une vie de solitaire, il fait la rencontre de trois soeurs qui vont lui redonner le goût à la vie. A leur contact il va petit à petit ouvrir les yeux sur lui-même et sur les personnes qu’il rencontre sur son chemin. Il s’ouvre au monde mais découvre aussi la difficulté du chemin qu’il a choisi de suivre.

Déjà publiée chez Kana avec Honey and Clover (une série en 10 volumes), Chica UMINO revient sur le devant de la scène avec sa dernière série en date March comes in like a lion, un manga toujours en cours au Japon (douze volumes parus) qui a été adapté en anime depuis peu et qui est disponible en simulcast dans l’hexagone via Wakanim.

En lisant les premières pages de March comes in like a lion, la détresse de Rei saute aux yeux. Le jeune garçon est seul, blessé et fait difficilement face à la vie quotidienne. Depuis la disparition de sa famille, il a du mal à avancer et pour ne pas se retrouver dans une situation à la limite du supportable, il a décidé de pratiquer le shogi sérieusement.
Grâce à cela, il a pu aller dans une famille adoptive qui « voulait » de lui, du moins le père. Pour les enfants qui étaient déjà là, l’arrivée d’un rival n’a pas été très bien vue. C’est pour cette raison qu’une fois de plus, il a cherché à partir le plus vite possible. Une fois passé joueur professionnel, il s’est mis à subvenir à ses propres besoins et s’est isolé à nouveau.

Pourtant et malgré une apparente volonté de ne pas être entouré, Rei souffre de cette situation. Il est au fait de ses faiblesses sociales et cherche à les combler. Alors qu’il n’en a pas besoin (souvenez-vous dans Hikaru No Go, le héros loupe pas mal d’heures de cours et ne se présente quasiment plus en classe une fois devenu pro), il choisit de retourner au lycée poussé par trois soeurs qui vivent dans le quartier voisin et qui deviennent un peu sa nouvelle famille) pour finir sa scolarité.

Le titre de Chica UMINO n’est pas vraiment un titre qui traite de shogi mais qui plutôt d’une adolescence difficile et marquée par le drame. Si vous vous attendez à voir une version shogi d’Hikaru no Go, vous risquez d’être un peu déçus. En tout cas, le jeu prend une place moins importante dans March comes in like a lion mais ce n’est pas un mal pour autant.
La mangaka possède d’autres atouts non négligeables et notamment le développement et l’expression des sentiments de ses personnages. L’histoire de Rei n’est pas dévoilée immédiatement et il faut attendre un peu avant de vraiment savoir ce qui s’est vraiment passé. On peut cependant remarquer sa détresse dès les premières planches et sa façon d’agir sur celles-ci.
Sa solitude transparaît aussi dans ses paroles et notamment dans les textes en voix off (qui reste le point de vue du jeune garçon). C’est presque une résignation que l’on ressent parfois chez Rei mais ce sentiment est atténué par ses visites chez Akari et ses deux autres soeurs. Ces dernières vont redonner espoir au jeune homme et lui donner envie de faire des choses différentes, de sortir un peu de cette bulle négative qu’il s’est créé.

La mise en scène est plutôt bien pensée dans la mesure où elle mêle drame et humour dans une ambiance « journal intime » où Rei nous raconte les éléments avec son point de vue. Ainsi, il y a souvent des sentiments qu’il remarque et qui sonnent faux. Le mal-être du jeune homme et ses lacunes sociales sont visibles même dans sa façon d’interpréter la façon d’autrui.
Comme dis plus haut, March comes in like a lion n’est pas un manga sur le shogi et le ratio parties/vie quotidienne penche largement en faveur du second et c’est normal quand on voit ce que la mangaka cherche à faire. À aucun moment on ne se dit qu’on voudrait voir plus de l’un ou de l’autre. Les événements sont assez bien construits et liés entre eux pour que le lecteur suive le fil décidé par l’auteure.

Graphiquement, le trait de Chica UMINO est efficace et ne fait pas si « shôjo » qu’on pourrait le penser (on ne retrouve pas ces yeux énormes qui sont caractéristiques du genre).
Elle démarque généralement les scènes du quotidien des scènes de shogi grâce aux arrière-plans. Lors des parties de ce jeu d’échecs japonais (c’est une comparaison très grossière mais l’idée est là puisqu’il faut prendre le roi de l’adversaire), il n’y a pas de décor, c’est blanc pour que le lecteur puisse se focaliser sur les personnages. Les situations de jeu gagnent ainsi en intensité et montrent que les joueurs ont rarement la « partie facile » et que la réflexion de chacun ne tourne pas forcément toujours autour du jeu.
Son découpage est plutôt traditionnel même si elle se permet d’utiliser une technique typique de Kazuo KAMIMURA : le zoom. On retrouve ces planches avec une case longue et plusieurs petites cases qui vont se rapprocher d’un élément en particulier. L’auteure parvient donc quelques petites surprises dans une structure classique histoire de taper plus facilement dans l’oeil du lecteur.

Pour l’édition, il y a du bon et du mauvais.
La seule chose qui pourra vraiment poser problème ici, c’est le papier utilisé. À l’image des derniers ouvrages de l’éditeur, on retrouve un papier beaucoup trop fin. Oubliez l’idée de le lire dehors en été, c’était déjà assez difficile « dedans » en hiver… Avec une lumière artificielle modérée et sans lever la page, on voit l’arrière se dessiner sur la page qu’on lit, chose qui s’avère assez désagréable… On notera aussi quelques notes de traduction assez difficiles à lire à cause d’une position pas forcément très judicieuse…
Le travail effectué sur les jaquettes est plutôt intéressant. Kana n’utilise pas les versions japonaises de manière directe mais les retravaille pour leur donner un petit côté « journal intime ». Cette idée de faire de l’illustration une photo de type « Polaroïd » vient renforcer les sentiments forts de nostalgie qui planent sur le tome.

À la lecture du tome 1, on peut se demander pourquoi l’éditeur n’a pas inclus un petit guide du shogi mais en arrivant au second volume, on comprend bien que c’est parce que la mangaka le fait elle-même et la parution simultanée des deux tomes prend tout son sens. Si vous êtes un peu perdu au début, ne vous inquiétez pas, tout sera beaucoup plus clair une fois le tome 2 terminé.
Difficile de faire un quelconque reproche à la traduction de Misato RAILLARD tant la lecture est fluide. On s’étonne même parfois de pouvoir avancer aussi vite tant certaines planches sont chargées en textes… C’est dire ! La traductrice a bien su gérer l’équilibre avec les termes spécifiques au shogi et le tout ne viendra jamais oppresser le lecteur novice.

Jouer pour ne pas avoir à subir les affres du destin.

Graphisme - 72%
Histoire - 77%
Mise en scène - 83%
Originalité - 75%
Edition - 55%
Dans son genre - 86%

75%

Rei no Shogi ?

March comes in like a lion est un manga emprunt d'une grande sensibilité. Le héros de Chica UMINO n'a plus rien et ne peut compter que sur lui-même. Il n'est pas réellement "fort" psychologiquement comme en témoignent ses doutes permanents mais il fait ce qu'il a à faire valeureusement. C'est peut-être pour ça qu'il est impossible pour le lecteur de ne pas avoir envie de continuer à le suivre.




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A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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