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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

Malédiction Finale T1

Malédiction Finale – Tome 1

Malédiction Finale – Tome 1 Éditeur : Komikku
Titre original : Kudan no Gotoshi
Dessin : Jun WATANABE
Scénario : Jun WATANABE
Traduction : Masaya MORITA
Prix : 8.5 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 14/06/2018

Sept étudiants qui viennent de finir l’université reviennent en pleine nuit d’un voyage où ils ont célébré la fin de leurs études. Tout le monde s’amuse dans la voiture, mais tout d’un coup ils heurtent quelque chose. Effrayés, ils sortent de la voiture et éclairent la route à la lueur de leurs téléphones portables. Ils aperçoivent un animal ressemblant à une vache qui gît au sol. Mais ce dernier a un visage humain ! Pris de panique ils achèvent la bête. Ils ne le savent pas encore, mais ils viennent de tuer une créature de la mythologie japonaise : un Kudan. Cette dernière est censée faire le bien, mais l’histoire va prendre une tournure différente… Peu après ce drame, les étudiants voient la créature dans leurs rêves et celle-ci leur annonce qu’ils n’ont plus que 7 jours à vivre. Ils ne prêtent guère attention à cette annonce mais une semaine après, la mort vient frapper l’un d’entre eux. Les survivants comprennent alors qu’une terrible malédiction s’est enclenchée et que son issue leur sera fatale… Ils vont essayer de trouver comment la conjurer, mais le pourront-ils avant d’être tous morts ? Un suspense insoutenable va se mettre en route…

Montage s’est terminée il y a quelques mois chez Kana et Jun WATANABE est déjà de retour chez les libraires ! Cette fois, c’est komikku qui s’y colle avec Malédiction Finale, un thriller haletant paru en 2015 au Japon.

Il y a des jours où la chance nous abandonne et tout part très vite en cacahuète. C’est un peu ce qui va se passer pour Hikaru Tsujimoto et ses amis de la fac. Alors qu’ils sont partis pour un dernier weekend étudiant, le chemin du retour va leur réserver une petite surprise.
En se trompant de route et en se laissant emporter sur une route de campagne non répertoriée sur leur GPS, ils vont percuter ce qui semble être une vache. Manque de chance, « l’animal » a une tête humaine et pris de panique, ils vont essayer de le tuer sans lui demander son reste. S’ils avaient écouté ses dernières paroles, ils se seraient peut-être rendus compte qu’il venait de les maudire…

Après un mythe, Jun WATANABE s’attaque à un autre aspect de la culture japonaise : son folklore monstrueux. Ici, il va utiliser le kudan, un monstre qui prend l’aspect d’une vache à tête humaine. Il n’est pas censé être dangereux, en tout cas, tant qu’on ne cherche pas à lui ôter la vie…
Cette petite touche de surnaturelle n’est pas déplaisante, surtout qu’elle ne définira pas l’oeuvre. Le mangaka ne s’en sert que comme un point de départ pour mettre en branle un changement chez celui qui semble être son personnage principal.
En effet, Hikaru est complètement paumé, désespéré au début de l’histoire et il est même sur le point de se suicider. Il se considère comme un raté (tous ses amis ont déjà une promesse d’embauche sauf lui) et n’a plus vraiment envie de continuer à vivre dans une société qui semble l’ennuyer plus qu’autre chose. C’est le kudan qui fait échouer sa tentative de suicide mais c’est aussi grâce à lui qu’il reprend un peu confiance en tentant de mettre fin à la malédiction.

Alors que le groupe assiste impuissant à la mort de la première personne, ils ne sont encore pas convaincus de ce qui les menace. Ce n’est qu’après que la peur s’installe et que la pression commence à devenir plus forte. L’auteur organise d’ailleurs très bien ce crescendo avec des planches de plus en plus sombres et un kudan au visage toujours plus angoissant.

Là où d’autres auteurs auraient peut-être abusé de gore ou de scène à suspense, l’auteur de Montage va montrer qu’il maîtrise particulièrement bien les ressorts du thriller en dosant ses éléments à la perfection. Il y a de la tension, des scènes où le suspense est à son comble mais aussi quelques morts particulièrement graphiques ! À ce niveau là, c’est du très beau boulot.

C’est d’ailleurs sur ce point que Malédiction Finale va se différencier de ses concurrents dans le même genre. Il y a une ambiance très spéciale dont le dessinateur a le secret.
C’est la combination d’un rythme maîtrisé, d’un découpage intelligent mais aussi d’une histoire bien écrite qui permet au lecteur de frissonner lors des différentes apparitions du kudan et de ressentir de la peine face au destin de certains personnages tant ils ne semblaient pas mériter leur sort.

Même si le dessin de WATANABE n’est pas aussi beau que ce que les canons modernes réclament (ce n’est pas moche pour autant, loin de là mais il y a un côté qui paraîtra peut-être un peu vieillot aux plus jeunes lecteurs), il n’en reste pas moins génial pour poser une ambiance étouffante grâce à un sens de la composition affuté.
Il n’hésite pas à multiplier les pages sans textes et accrochera son lecteur grâce à une narration très cinématographique, image par image avec seulement quelques petits détails changeant entre les planches (une technique que KAMIMURA et TEZUKA utilisent beaucoup).

Pour l’édition, komikku propose (une fois n’est pas coutume) un ouvrage de qualité avec une fabrication rigide et un papier épais. Rien à dire, le bouquin est vraiment agréable en main et on lit avec plaisir.
Cerise sur le gâteau, la traduction de MORITA est plutôt fluide et souvent bien pensée au niveau de la structure. Elle permettra une excellente immersion dans l’ambiance du manga grâce une bonne variété de vocabulaire empruntée aux champs lexicaux de l’horreur et de l’angoisse.

Un destination Finale version japonaise ?

Graphisme - 70%
Histoire - 64%
Mise en scène - 80%
Originalité - 65%
Édition - 75%
Dans son genre - 75%

72%

Pas de chance

C'est un plaisir de découvrir un autre titre de Jun WATANABE, un auteur qui nous avait déjà prouvé qu'il savait entretenir le suspense dans Montage. Ici, on a le droit à une petite touche de fantastique et de gore en plus et ce n'est pas déplaisant. L'auteur sait doser ses éléments et même si le titre ne brille pas par son originalité, la mise en scène compense largement !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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