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Make me up! – Tomes 1 & 2 de Kohei NAGASHI (Pika Édition)

Make me up! – Tomes 1 & 2 de Kohei NAGASHI (Pika Édition) Éditeur : Pika Édition
Titre original : Hoshino, Me o Tsubutte
Dessin : Kohei NAGASHII
Scénario : Kohei NAGASHII
Traduction : Soizic SCHOONBROODT
Prix : 6.95 €
Nombre de pages : 208
Date de parution : 13/06/2018

Elle, c’est la très populaire Misaki Hoshino. Choyée par ses amis, elle cache en fait un secret inavouable. Lui, c’est Kobayakawa, un garçon des plus ordinaires qui passe son temps à faire semblant de dormir, mais doté d’un réel talent pour la peinture. Un soir, il découvre par hasard son secret. Maintenant, à lui de la protéger, peu importent les péripéties ! Le garçon qui s’ennuie et la fille qui s’amuse vont désormais partager le même quotidien !

Pika sort parfois des titres qui se retrouvent noyés dans un océan de sorties et qui peuvent rester dans l’ombre des titres d’Hiro MASHIMA. Avec la fin de Fairy Tail et le début (en simultrad) d’Eden Zero, le petit Make me up! de Kohei NAGASHI est un peu passé inaperçu (le premier tome date de juin), chose assez dommage étant donné la fraicheur et la qualité du titre !

On sait que les mangas peuvent parler de tout et n’importe quoi mais qui aurait cru un jour voir un titre traitant de maquillage ? Le plus fou, c’est que c’est vachement bien fait !
Autant le dire tout de suite, Make me up! n’est pas un catalogue Sephora ou autre. S’il est question de maquillage, c’est surtout pour son côté artistique. Kobayakawa (aucun rapport avec celui d’Eyeshield 21, au cas où vous vous posiez la question – on ne sait jamais) est un jeune garçon assez renfermé à cause d’une scolarité compliquée au collège. Ce dernier a du mal socialement mais possède un sens de l’esthétique développé. Il ne se mélange pas vraiment au reste de sa classe et ne fait qu’observer ce qui se passe dans sa vie scolaire quotidienne.
Le tout change lorsqu’il se voit confier une mission par sa prof d’Arts Plastiques. Elle lui demande de prendre la relève quant à son « deuxième travail » : maquiller Misaki Hoshino. En effet, la jeune fille à un visage… super plat et sans relief. Cette dernière est d’ailleurs incapable d’interagir socialement sans être maquillée, la faute à un événement difficile lorsqu’elle était plus jeune.

Dans Make me up!, on a deux personnages principaux avec un passé assez difficile qui a affecté leurs relations sociales. Cependant, les deux n’ont pas choisi d’aborder le futur de la même façon. Kobayakawa s’est isolé et a tout fait pour éviter le contact afin de ne plus être blessé alors qu’Hoshino a décidé de changer un élément de son physique pour pouvoir repartir à zéro.
Son maquillage agit un peu comme le masque de Kamen Rider qui lui permet d’aller combattre les méchants. Pour elle, c’est une tenue de combat qui lui permet d’affronter une situation qui peut paraître simple pour la plupart des gens mais qui ne l’est absolument pas pour elle. Pour le coup, elle n’a pas fait les choses à moitié et se retrouve avec toute une ribambelle d’amis qui lui sont tous fidèles.

Kohei NAGASHI ne nous raconte pas l’histoire d’une fille hyper populaire et d’un loser. Dans son manga, on se rend très vite compte qu’il dresse une critique sociale contre ce que les anglais appellent peer pressure ou l’effet de groupe. C’est un phénomène particulièrement commun chez les jeunes de notre époque qui sont prêts à tout pour « se fondre dans la masse » et « faire comme tout le monde », souvent au détriment de leur bien-être et de la raison.

On voit comment Kobayakawa en souffre, en particulier dans le tome 2 lorsqu’il raconte son histoire. C’est émouvant, et ça le sera encore plus lorsque le lecteur l’aura vécu aussi. Il y a, avec ce titre, la possibilité de toucher toute une catégorie de gens qui n’ont pas souvent l’habitude qu’on reconnaisse le problème. C’est aussi l’opportunité de voir comment il est possible de sortir de la spirale sans avoir une meute contre soi.

D’un point de vue graphique, c’est plus que correct pour le genre. On retrouve des personnages bien ronds et très bien dessinés grâce à des arrière-plans minimalistes. Il y a le strict minimum et très franchement, on n’y paye pas une plus grande attention que ça. Ce n’est, de toutes façons, pas la prétention du titre. Les visages sont clés puisque l’idée du maquillage va focaliser le regard du lecteur sur les changements d’expressions faciales avec et sans produits cosmétiques.
À ce niveau là, NAGASHI s’est bien débrouillé et on voit clairement la différence entre les personnages qui sont maquillés et ceux qui ne le sont pas sans que ça soit exacerbé pour autant. Le mangaka est parvenu à trouver une variante légère dans son propre style pour que le lecteur remarque le changement de manière immédiate. Évidemment, pour Hoshino, le changement est tellement radical qu’il en est grotesque mais pour le coup… C’était le but !

Le découpage est assez classique pour une comédie romantique en milieu scolaire. L’auteur ne se prive pas de quelques gros plans quand c’est nécessaire (pour le coup, ne vous attendez pas à voir des panty shots ou autre, ce n’est pas le propos et ça n’aurait pas été utile à l’histoire) et quelques débordements de cases quand il en a besoin mais c’est tout. En tout cas, c’est fluide donc il n’y a pas grand chose à redire.

Pika n’a rien changé au niveau de l’édition. On a un titre dans son format shônen typique qui est, à l’heure actuelle, l’un des plus agréables à lire du marché. Il y a un bon équilibre entre souplesse et rigidité qui fait que l’on manipule l’ouvrage très facilement sans avoir à réguler ses gestes.
On commence à connaître le style de Soizic SCHOONBROODT chez l’éditeur qui l’a utilisée sur de nombreux titres comme Fortress of Apocalypse ou encore Signé le Vin. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le language utilisé est particulièrement cohérent et les choix faits concernant le français « parlé » payent à chaque fois. On notera aussi le vocabulaire et les tournures très shônen d’Hoshino qui lui donnent une vraie allure de protagoniste.

Maquille-moi si tu peux

Graphisme - 70%
Histoire - 63%
Mise en scène - 77%
Originalité - 75%
Édition - 70%
Dans son genre - 82%

73%

L'Oréal© inspired ?

Grâce à ses personnages bien définis et notamment Hoshino, parfaite dans son rôle d'héroïne de shônen, le titre saura accrocher ceux qui lui donneront une chance. Make me up!, c'est aussi un manga qui parlera à ceux qui ont des problèmes avec l'effet de groupe et qui le fera avec humour, justesse et efficacité rendant sa lecture utile à ceux qui en souffrent et qui ne savent pas comment en parler.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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