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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

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La Maison du Soleil T1

La Maison du soleil – Tomes 1 & 2

La Maison du soleil – Tomes 1 & 2 Éditeur : Pika Édition
Titre original : Taiyô no ie
Dessin : TAAMO
Scénario : TAAMO
Traduction : Claire OLIVIER (Black Studio)
Prix : 6.95 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 15/03/2017

Petite, Mao passait ses journées dans la famille d’Hiro, son voisin d’en face. La vie y était joyeuse et insouciante et comblait le vide qui était en elle. Plusieurs années ont passé… Le père de Mao s’est remarié et la jeune fille se sent étrangère sous son propre toit. Hiro, lui, vit seul dans la maison familiale depuis le décès de ses parents. Il propose alors à Mao d’emménager chez lui…

Surprenant choix des éditions Pika plutôt habituées aux longues sagas dans un style de shôjo dynamique. La Maison du Soleil est un titre calme qui met en avant la recherche d’un lieu que l’on peut qualifier de « chez soi ». Cela va se traduire de différentes manières au travers de deux personnages qui ont des histoires et des raisons différentes de se retrouver sous le même toit avec cette quête primordiale.
Malgré le léger saupoudrage de romance, le ton est relativement mélancolique tout en donnant des pointes de bonheur qui réchauffent le cœur.

Ce sont deux situations différentes mais qui ont conséquences semblables.
Tout d’abord, Mao est une jeune fille qui est rejetée par son propre père et qui a toujours trouvé refuge dans la maison des Nakamura. Ensuite, Hiro, qui est le fils ainé de cette famille, a été séparé de ses frères et sœurs à la mort de ses parents.
Tous deux aspirent à trouver ou retrouver ce qu’ils estiment être un foyer, des racines qui leur permettent d’avancer car ils savent qu’ils ont un point de retour.

Au delà de la notion de maison, il y a donc celle de la famille. Mao a toujours eu des problèmes de communication avec son père, déjà fragilisée par le départ de sa mère. Elle n’a donc pas réussi a surmonter l’arrivée d’une belle-mère. Sentant que sa place était perdue, elle a profité de l’invitation chez Hiro pour rester de façon permanente.
De son coté, le jeune homme a plusieurs années d’avance : il travaille et a gardé la maison familiale mais le retour de ses frères et sœurs n’est pas aisé. À ce point, on ignore leurs motivations mais ils ne sont pas très volontaires pour refonder leur ancienne famille.

Ce sont donc deux âmes solitaires en quête de chaleur qui vont s’unir pour faire de ce foyer leur refuge, leur bonheur. Mao est euphorique d’avoir enfin quelqu’un qui se préoccupe de son bien être, voir qui « impose » un couvre feu, elle qui a toujours hasardé dehors sans que personne ne s’en inquiète.
De son coté, Hiro a toujours pris la jeune fille sous son aile, et lui qui a perdu ses parents ne comprend pas l’attitude du père qui rejette sa propre fille. C’est ainsi, certains fils ne se tissent pas et il serait presque dommage que l’auteur se ravise sur le sujet.

Sur ces deux tomes, on va pouvoir observer une douce évolution dans le comportement de Mao, d’abord sur la défensive, elle va peu à peu se détendre. Néanmoins, de nombreux indices montrent qu’elle ne considère par encore la maison des Nakamura comme son foyer définitif. On le voit en particulier puisque le mangaka insiste pour montrer que ce n’est pas la sienne, et qu’elle attend le retour des frères et sœurs pour s’en aller. Tout l’enjeu sera donc de lui faire comprendre que sa place est également parmi eux.

Ce titre est particulièrement intéressant sur ces notions au point que l’histoire d’amour qui pointe le bout de son nez est reléguée au second plan. Pourtant, l’auteur a bien ajouté quelques cordes scénaristiques plutôt originales, notamment avec les collègues de travail de Hiro, ou le fait que Mao soit une romancière anonyme sur smartphone. Cela ajoute quelques possibilités de rebondissements qui se mettent déjà en place dans le tome 2.

La Maison du Soleil est exactement comme son titre l’indique, comme des moments de répits, de chaleur au milieu d’une vie un peu tourmentée et pas toujours très gaie.
Le style graphique est typique shôjo, plutôt épuré avec peu de décors néanmoins TAAMO s’en sort vraiment bien pour faire ressentir différentes émotions tout au long de la lecture. Ses personnages sont bien pensés et si le graphisme est classique, les personnages et les mécaniques sont plutôt originaux.

Au final, c’est un titre vraiment très frais qui touchera beaucoup de gens, notamment ceux qui pourraient se retrouver dans cette situation de solitude et d’impression de ne pas avoir de foyer. La seule inquiétude, c’est la longueur : 13 tomes pour cette série qui n’a pourtant pas beaucoup de marge de manœuvre scénaristique, espérons que la romance ne prenne pas le pas sur cette très belle histoire.

Petite impression de chez soi

Graphisme - 64%
Histoire - 68%
Mise en scène - 66%
Originalité - 71%
Edition - 68%
Dans son genre - 72%

68%

Bonheur

La Maison du soleil est une petite série surprenante sur un drame et une perte d'identité, d'attachement à une famille. Le dessin est agréable, la lecture tout autant et c'est un titre qui donne assurément du baume au cœur comme un grand soleil.




A propos de Marcy

Juste un chat qui traine partout, fan de Sailormoon devant l'éternel, spécialiste du glauque et du déviant, chose étrange: ne travaille pas/plus dans le monde de l'animation.

Un commentaire

  1. Hommage a un collegue qui est parti à la retraite et qui m’a dit « Le monde est beau mais la vie est dure »

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