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Lune de Sang – Tomes 1~7

Lune de Sang – Tomes 1~7 Éditeur : Doki-Doki
Titre original : Gachirin ni Kiri Saku
Dessin : Tomô MARUYAMA
Scénario : Tomô MARUYAMA
Traduction : Jean-Benoît SILVESTRE
Prix : 52.5 €
Nombre de pages : 1350
Date de parution : 03/02/2016

Mieux vaut ne pas traîner aux abords de la forêt la nuit ! Des hommes se font mordre par des chiens errants, des femmes disparaissent… À coups de sabre, Sakuya tente de protéger ces dernières d’une mort atroce. Mais elle est elle-même le jouet d’un sort sanglant, contrainte de tuer « ses semblables ». Que va-t-il advenir d’elle ? Un récit féroce où le mythe du loup-garou rencontre les croyances folkloriques japonaises !

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Dans Lune de Sang, on suit les aventures de Sakuya, une jeune fille qui a pour mission de purifier les âmes d’humains possédés par des loups. Ces derniers ont, évidemment, l’apparence de loups-garous et se mettent sous la bouche plus ou moins tout ce qu’ils trouvent…

La série ne partait pas sur les chapeaux de roue avec un premier volume est constitué de nombreuses histoires indépendantes où on voit pas mal de découpages, que ce soit les loups qui se nourrissent (ils ont bizarrement une préférence pour les jeunes filles et n’oublient pas de les déshabiller avant de commencer à les démembrer) ou encore Sakuya, l’héroïne, qui « fait son office » et se débarrassant de ses ennemis.

La série est, dès le début, nerveuse au niveau des combats mais disons que le schéma répétitif des petites missions de Sakuya laissera le lecteur sceptique. Outre la dose de fanservice gratuite, le massacre n’est pas particulièrement bien amené puisqu’on ne sait pas trop ce qui pousse les loups à agir comme ils le font. On a bien le droit à une histoire de barrière qui aurait été brisée mais point d’explication sur l’agressivité des loups….

Si ces monstres étaient si violents et dangereux que ça, pourquoi ne pas les avoir liquidés dans un premier temps plutôt que de les enfermer dans une zone qu’il était possible de briser ? Si la famille de Sakuya ne pouvait pas les vaincre, on aurait compris mais elle avait clairement le pouvoir de les tuer… Les auteurs tentent de se justifier avec une pseudo-malédiction et des familles victimes mais ça reste très limite…

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© TOMÔ MARUYAMA / GENTOSHA COMICS INC.

Pourtant, les auteurs parviennent à sauver ce navire à la dérive en introduisant la princesse Osekami. Son histoire arrive à point nommé pour récupérer un lecteur sur le point de décrocher. Grâce à ce nouveau personnage, ils parviennent à redonner un coup de fouet à l’histoire et surtout à relier tous les fils dépareillés qui la constituaient. La princesse Osekami, divinité de son état, est une passionnée d’humanité, à tel point qu’elle va vouloir vivre avec eux.

Malheureusement pour elle, son amour va causer quelques problèmes à la race humaine et notamment à la famille de Sakuya, le personnage principal. Cette dernière, à l’instar de la série, ne donne pas une super première impression. Elle n’a pas vraiment de charisme (et passe son temps à pleurnicher) et même si certaines de ses techniques sont plutôt bien mises en scène, on est quand même assez loin de ce qu’on peut attendre d’une héroïne.

En phase avec sa série, Sakuya va changer complètement avec le flashback de la princesse Osekami. On retrouvera une héroïne plus forte, plus battante et surtout, plus à même d’avancer. Pour elle, tout tourne autour de son ami d’enfance Kaïna et c’est avec ce nouvel objectif et les souvenirs d’Osekami qu’elle va changer et se donner les moyens de régler la situation dans laquelle elle s’est embourbée.

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© TOMÔ MARUYAMA / GENTOSHA COMICS INC.

Osekami/Sakuya, le destin des deux femmes est très similaire mais chacune aura sa façon de le gérer et de lui faire face. MARUYAMA aurait pu choisir la facilité et reproduire le même schéma pour les deux personnages mais non, il semble avoir appris des erreurs du début de sa série ou alors son tantô a changé en cours de route et le second est bien meilleur quand il s’agit de le guider.

Le dessin est, dans son ensemble, plutôt réussi et, évolue pas mal lui aussi. Alors que le début voit des faiblesses évidentes sur les proportions du corps humains (je parle des pieds et non des poitrines, c’est assez étonnant pour être souligné), le mangaka penche petit à petit vers un trait qui apparaît comme plus brouillon dans ses contours mais aussi comme beaucoup plus maîtrisé.

Le design des loups n’est pas mauvais du tout et même si les « sous-fifres » ne sont pas spécialement mémorables mais les loups supérieurs ont eu le droit à un traitement de faveur de par leur rôle dans l’histoire (qui, une fois de plus, apparaît comme plus évident et mieux structuré après le flashback de la princesse Osekami).
Là où MARUYAMA se fait plaisir, c’est au niveau des techniques de combat à l’épée qui sont toutes sublimes et même s’il y a peu de renouvellement, les angles sont assez variés pour que le lecteur n’ait pas l’impression de revoir plusieurs fois la même chose.

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© TOMÔ MARUYAMA / GENTOSHA COMICS INC.

On notera aussi un découpage plutôt réussi, surtout au niveau des combats qui sont particulièrement nerveux et force est de constater que le mangaka sait rendre les actions de ses personnages dynamiques sans pour autant empiéter sur la visibilité. En résulte des affrontements qui se lisent très vite mais qui possèdent un impact visuel maximum sur le lecteur qui pardonnera ainsi certaines facilités prises par l’auteur pour terminer certains d’entre eux.

Doki-Doki, l’éditeur au coeur palpitant, n’a pas changé sa façon de faire pour cette série : format seinen, papier crème plutôt résistant et peu transparent, des pages colorées à chaque début de volume et même quelques pubs aussi en couleur pour quelques titres de l’éditeur à la fin.
On notera aussi un vocabulaire assez vulgaire par moments et des scènes particulièrement violentes, d’où l’interdiction aux lecteurs de moins de 15 ans et le film plastique qui recouvre chacun des tomes, empêchant malheureusement le chaland de se faire sa propre idée idée du graphisme.

Lune de Sang est un titre assez mitigé cause de son mauvais début que MARUYAMA parvient à rattraper à mi-chemin mais le mal est fait pour le lecteur qui n’aura pas forcément envie d’attendre trois volumes avant de rentrer dans le vif du sujet et de pouvoir apprécier un personnage principal qui passe de l’insipide à l’attachant.

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Le loup est un homme pour le loup

Graphisme - 62%
Histoire - 61%
Mise en scène - 65%
Originalité - 54%
Edition - 70%
Dans son genre - 73%

64%

Coupez !

Graphiquement inégal, le titre de MARUYAMA a le mérite de remonter d'une pente assez raide alors qu'on s'attendait à ce qu'il sombre de plus en plus dans la médiocrité. Lune de Sang finit comme un bon divertissement qui sera surtout remarquable par ses effusions d'hémoglobines qui mettent à l'amende les films de Tarantino les plus violents.




A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

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