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L'Île Errante 1

L’Île errante – Tome 1

L’Île errante – Tome 1 Éditeur : Ki-oon
Titre original : Bouken Erekite Tou
Dessin : Kenji TSURUTA
Scénario : Kenji TSURUTA
Traduction : Géraldine OUDIN
Prix : 15 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 07/09/2017

Mikura Amelia est une des rares pilotes à s’occuper des livraisons entre les îles éloignées de la préfecture de Tokyo. À bord de son hydravion, elle est un lien précieux entre les villages de pêcheurs et connaît la mer environnante comme sa poche. Élevée par son grand-père, elle se retrouve seule après sa mort, avec pour seul héritage sa maison et ses affaires personnelles. Mikura y découvre une pile de carnets de notes et un courrier adressé à une Mme Amelia, sur l’île d’Electriciteit. Sauf que cette île n’existe sur aucune carte ! Certains affirment l’avoir vue apparaître tout à coup au milieu de la mer et disparaître aussi vite, comme par enchantement… Réalité ou illusion ? Peu importe ! Mikura décide de reprendre le flambeau de son grand-père : elle se donne pour mission de retrouver l’île et de livrer le mystérieux courrier coûte que coûte !

Après Forget-me-not et Spirit of Wonder chez Casterman, Kenji TSURUTA est de retour en France avec L’Île errante chez Ki-oon (et sera très vite suivi des Souvenirs d’Emanon en janvier 2018), un titre enchanteur à tous les niveaux qui nous rappelle le talent fou que possède cet auteur encore trop peu connu chez les lecteurs francophones.

Le premier contact avec le titre est visuel. C’est beau, point. Le dessinateur porte une attention toute particulière à ses personnages qu’il place dans un décor qui s’efface souvent pour laisser le lecteur admirer le niveau de détail apporté aux être humains qui peuplent le monde imaginé par l’artiste japonais.

Ce qui est intéressant, c’est qu’il ne se contente pas d’une seule et même technique pour parvenir à ce résultat, il utilise différentes méthodes. Parfois,  il remplace l’arrière-plan de la case par quelques coups d’aquarelles, histoire de donner un petit côté relaxant. Il aime aussi mettre son héroïne dans des endroits tellement banals qu’on ne voit plus qu’elle. Bien sûr, il y a aussi les fois où il choisit de rien dessiner derrière son personnage, histoire de laisser libre l’imagination de celui qui lit.

En fait, si ça fonctionne aussi bien, c’est grâce à cette apparente simplicité du trait qui force l’admiration. Ce n’est pas facile de dessiner avec si peu de fioritures. Chaque trait possède un rôle, il suffit de regarder les cheveux de Mikura pour s’en rendre compte. Même constat lorsqu’on nous fait découvrir la chambre de cette dernière. Les éléments présents le sont pour renseigner le lecteur sur le caractère et la façon d’être de l’héroïne de TSURUTA sans que ce dernier ne le fasse de manière directe.

Qui dit aventure et découverte dit larges cases et double-pages à gogo. C’est bien évidemment le cas ici où la mise en page est clairement au service de l’histoire. Le rythme est lent et la protagoniste est loin d’arriver facilement à ses fins. Il y a un processus qui se met en place. Mikura cherche, méthodiquement, cette fameuse île qui se déplace et comme tout explorateur avant elle, ce n’est pas quelque chose qui se fait d’un coup.

En effet, la base du scénario est particulièrement simple et sans détour. L’héroïne continue le travail de son grand-père (dont elle était très proche) et va se mettre en quête d’une île qui se déplace. Si l’existence même de son objectif ne fait aucun doute pour la jeune fille (puisque celui qu’elle considère comme le membre le plus important de sa famille y croyait dur comme fer), son entourage semble le considérer comme une chimère et va même tenter de la décourager.

On retrouve donc une histoire classique et qui n’a rien de follement original seulement, TSURUTA garde intact l’intérêt du lecteur de la première à la dernière page. Le rythme participe évidemment à cet effet mais il n’y a pas que ça. Le mangaka réussit à disséminer suffisamment d’éléments mystérieux pour piquer notre curiosité (quelques vues de l’île, des informations sur le grand-père de l’héroïne…) mais jamais au détriment du rythme de son histoire.

La progression est très importante dans L’Île errante et le dessinateur fait un travail impressionnant sur la mise en scène pour bien le faire comprendre. Il alterne intelligent scènes d’exploration, de vie quotidienne mais aussi quelques flashbacks et un peu d’action quand on s’y attend le moins. L’utilisation du journal du grand-père de Mikura est plutôt bien pensé pour donner une bonne idée de tous les efforts nécessaires et pour épaissir le mystère autour de l’île en question.

Pour l’édition, Ki-oon reste dans son niveau de qualité habituel de la collection « Latitudes » : grand format, papier épais et une vraie sensation d’un livre de qualité en main. L’objet est clairement à la hauteur de son contenu mais ce n’est vraiment pas quelque chose dont on aurait pu douter avec l’éditeur.
La traduction passe aussi très bien. Géraldine OUDIN parvient à retranscrire avec brio les différentes émotions de Mikura dans des bulles fluides et toujours bien senties. À ce niveau là, il n’y a rien à redire.

L'histoire d'un voyage

Graphisme - 88%
Histoire - 64%
Mise en scène - 82%
Originalité - 70%
Édition - 75%
Dans son genre - 85%

77%

Volatile

L'Île errante, c'est un titre comme on en a parfois besoin. Loin des tumultes de combats dantesques ou de complots malsains, le manga de TSURUTA propose de l'Aventure avec un A majuscule, le tout sans contrainte de temps et avec un trait tout simplement sublime. Avec un tel degré de maîtrise affiché, il serait dommage de ne pas s'y intéresser.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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