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L’Île du Temps

L’Île du Temps Éditeur : Komikku
Titre original : Jikanto
Dessin : Naotsugu MATSUEDA
Scénario : Takashi SUGIMOTO
Traduction : Thibaud DESBIEF
Prix : 8.5 €
Nombre de pages : 256
Date de parution : 24/11/2016

L’équipe de tournage d’une émission de télé se rend sur une île fantôme autrefois habitée. Acteurs, producteurs, staff technique, tout le monde s’apprête à passer deux jours sur l’île, avant de regagner Tokyo. Mais une étrange vidéo envoyée par un homme masqué vient bouleverser le cours des événements. En effet, non seulement le message viendrait du futur, mais en plus, il prédit la mort de tous les membres de l’équipe… Qui survivra à l’île du temps ?

Après Kirito il y a quelques mois, komikku continue à enrichir son catalogue avec un one-shot dans un environnement fermé. Ne vous attendez pas à une rediffusion, dans L’Île du temps, l’horreur n’a pas vraiment sa place.

On pourrait passer tout cet article à comparer Kirito et L’Île du temps mais quel serait vraiment l’intérêt de la chose ? Pour être clair dès le départ, on peut dire tout de suite ce qui différencie les deux oeuvres et c’est tout simplement le traitement du « surnaturel ».
Dans le premier titre, on a le droit à une sorte de fantôme revenu se venger et l’auteur joue beaucoup sur la terreur et l’effroi des victimes. Dans l’histoire de SUGIMOTO, le côté surnaturel pas très poussé, ce qui rend les choses plus intéressantes. Il expédie le petit détail du téléphone portable très rapidement et ne cherche pas vraiment à expliquer quoi que ce soit de manière rationnelle. Il pose ça comme un axiome.
C’est très probablement ce qui donne l’avantage à son titre. Malgré cette histoire de téléphone et de futur, tout le titre reste ancré dans un présent très réaliste. Les personnages ne vont pas vraiment utiliser le lac pour faire des folies et ce dernier ne restera qu’un détail du début à la fin.

L’Île du temps possède un scénario classique : des humains dans un endroit « fermé » (du moins duquel ils ne peuvent pas s’échapper) et un tueur se cache parmi eux. Un peu comme dans le jeu du loup (ou dans le romans d’Agatha Christie, on a les références qu’on mérite), une fois la série de meurtres commencées, tous vont commencer à spéculer et la confiance va, peu à peu, s’ébranler dans le groupe.

On aurait peut-être aimé que l’auteur développe un peu plus les liens entre les personnages. Même si chacun a le droit à son petit quart d’heure de gloire, les auteurs ne vont réellement développer que les deux protagonistes (et encore, ça reste limité). On a bien le droit à quelques interactions bien senties mais jamais rien qui viendra tenter de rentrer dans le détail.

La mise en scène ne brille pas non plus par son originalité. Les différentes situations proposées ont un petit air de déjà-vu (l’accident de la falaise, la personne tuée dans sa chambre alors qu’on lui avait de ne pas rester seule…). C’est un peu dommage pour une série qui cherche à jouer sur le suspense et les spéculations.
Pourtant, il faut avouer que ce côté classique reste plutôt bien fait et que le tout s’enchaine bien. Les choses avancent assez rapidement et le lecteur n’a jamais vraiment le temps de s’ennuyer.
La fin est aussi plutôt bien trouvée et ne manquera pas de faire sourire ceux qui sauront déceler les quelques indices qui se dissimulent au fil des chapitres. En tout cas, les auteurs semblent avoir une conception de la « fin heureuse » qui leur est propre, ce qui donne une petite touche d’originalité loin d’être désagréable à leur conclusion.

Graphiquement, le trait de MATSUEDA est très standard et ne viendra pas vous chatouiller la rétine. C’est propre, ça fait le travail mais ne vous attendez pas à quelque chose de fou. Cependant, on notera une utilisation intéressante des trames, notamment pour rendre les jeux de lumière. Sa façon d’organiser ses planches est très libre et on retrouve un découpage très cinématographique.
Sur certaines pages, on retrouve une scène en gros plan et des rectangles se focalisant sur le visage des personnages et donc sur leur réaction, ce qui permet au lecteur de bien rentrer dans ce genre de scènes.

komikku a l’habitude des pavés et les fabrique plutôt bien de manière générale. Ce volume unique de L’Île du temps ne fait pas exception à la règle et on a le droit à un ouvrage de qualité à tous les niveaux. Les noirs sont profonds et le détail des trames bien rendu pour un confort de lecture optimal. Cerise sur le gâteau, la traduction de Thibaud DESBIEF coule grâce à un vocabulaire riche (et bien choisi) mais aussi à des tournures modernes et adaptées au langage oral.

La boucle (temporelle) est bouclée ?

Graphisme - 64%
Histoire - 75%
Mise en scène - 71%
Originalité - 56%
Edition - 75%
Dans son genre - 71%

69%

En retard

Le principe de base de l'histoire de L'Île du temps est effectivement similaire à ce que l'on avait pu lire dans Kirito mais le duo d'auteurs parvient à traiter le sujet un peu plus efficacement qu'HONDA. L'explication se tient et la boucle temporelle saura faire sourire le lecteur en fin de volume. Si vous cherchez un tome unique maîtrisé à vous mettre sous la dent, on ne peut que vous le recommander !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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