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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

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L’Enfant et le Maudit – Tome 1

L’Enfant et le Maudit – Tome 1 Éditeur : Komikku
Titre original : Totsukuni no Shôjo
Dessin : NAGABE
Scénario : NAGABE
Prix : 7.9 €
Nombre de pages : 174
Date de parution : 09/03/2017

Il y a très longtemps, dans une contrée lointaine, existaient deux pays… “L’intérieur” où vivaient les humains, et “l’extérieur”, où habitaient des créatures monstrueuses qu’il ne fallait surtout pas toucher, sous peine de subir la malédiction. Cette histoire commence le jour où se sont rencontrés deux êtres qui n’auraient jamais dû se croiser…
Ils sont aussi différents que le jour et la nuit… Et malgré tout ce qui les sépare, malgré les ténèbres qui les entourent, ils vont écrire petit à petit une fable tous les deux…

Après le succès du manga The Ancient Magus Bride, les éditions Komikku nous proposent un autre titre de fantasy issu du catalogue MAG Garden au propos et à l’ambiance proches de l’œuvre de YAMAZAKI : L’Enfant et le Maudit (Totsukuni no Shôjo) de NAGABE.

Le point fort de ce titre est sans conteste le trait de NAGABE, fin et recelant de nombreuses subtilités. Ses héros, dans des styles radicalement différents –l’un évoquant la lumière, l’autre l’obscurité–, sont amoureusement croqués et invitent le lecteur à lire l’ouvrage.
Son découpage sied à son choix de narration lente et posée, mais on ne cesse de se dire, tout au long de ce volume, que l’artiste serait sans doute plus à son aise sur un livre illustré que sur un manga. Il aime les planches dénuées de dialogues et fait beaucoup passer par le trait.

Si le dessin du mangaka est le point fort de ce titre, son point faible est sans aucun doute son scénario quasi inexistant et son univers qui manque singulièrement de travail.
Là où un Magus Bride (puisque l’éditeur semble vouloir à tout prix les lier) installe dès son premier tome un univers foisonnant, cohérent et limpide sans trop en révéler, L’Enfant et le Maudit se révèle creux. L’univers n’est absolument pas développé, c’est à peine si l’on sait qu’il y a des humains et des maudits, des êtres de « l’intérieur » et de « l’extérieur ». Si trop en révéler peut être un handicap dans un récit, ne rien en dire, ou ne rien avoir développé, peut le léser.

L’histoire est posée de manière très succincte et il est difficile de vraiment voir où l’auteur veut nous emmener. Il n’y a pas vraiment de contextualisation comme c’était de le cas dans l’oeuvre de YAMAZAKI. On se retrouve donc avec deux personnages qui vaquent à leurs occupations quotidiennes sans qu’un réel but ne soit même esquissé.

Les personnages sont, eux aussi, à la peine. Le professeur a un graphisme affirmé particulièrement réussi, mais il n’a nullement le charisme que peut avoir un Elias dans Magus Bride. Il est accompagné d’une enfant dont on ne comprend pas bien l’utilité, en dehors de l’humanisation du “maudit”… A-t-elle un passé important ? Est-elle la clé de quelque chose ? On ne peut qu’extrapoler car l’auteur ne nous donne pas grand chose à se mettre sous la dent.
Que dire des personnages secondaires… inexistants ? Où sont les personnages d’arrière-plan qui mettent les principaux en lumière ? Tout ce premier tome tient donc sur les épaules de ces protagonistes qui souffrent tous deux d’un très net manque de charisme.
Alors oui, c’est joli, c’est vraiment très joli. Mais où sont passés les enjeux ? N’est-ce qu’un “slice of life” standard mâtiné de fantasy ?

L’édition proposée par Komikku est, comme toujours, de très bonne facture avec des noirs profonds qui rendent hommage au travail de NAGABE, et une très jolie couverture sans fioritures.
Un badge aux couleurs de The Ancient Magus Bride est offert avec la première édition de ce tome, alors qu’un aux couleurs de L’Enfant et le Maudit l’est avec le tome 6 de Magus Bride. Une opération promotionnelle croisée pour deux titres que son éditeur semble vouloir lier au maximum.

On ressort de la lecture de ce tome 1 de L’Enfant et le Maudit avec un sentiment fortement mitigé. Le potentiel, notamment graphique, est bien présent, mais l’auteur pêche par une incapacité à faire avancer son récit, à monter un univers construit, et nous laisse naviguer dans une histoire aux contours flous.
C’est beau, c’est indubitablement beau mais c’est plat, creux, sans réel enjeu ni personnage digne de ce nom. Ce nouveau titre apparaît donc comme une petite déception.

L'Enfant et le Maudit
©NAGABE / MAG Garden
Après le succès du manga The Ancient Magus Bride, les éditions Komikku nous proposent un autre titre de fantasy issu du catalogue MAG Garden au propos et à l’ambiance proches de l’œuvre de YAMAZAKI : L'Enfant et le Maudit (Totsukuni no Shôjo) de NAGABE. Le point fort de ce titre est sans conteste le trait de NAGABE, fin et recelant de nombreuses subtilités. Ses héros, dans des styles radicalement différents –l'un évoquant la lumière, l'autre l’obscurité–, sont amoureusement croqués et invitent le lecteur à lire l'ouvrage. Son découpage sied à son choix de narration lente et posée, mais on ne cesse…

L'Enfant et l'Ennui

Graphisme - 80%
Histoire - 48%
Mise en scène - 69%
Originalité - 40%
Dans son genre - 45%
Edition - 75%

60%

Maudit

On ressort de la lecture de ce tome 1 de L'Enfant et le Maudit avec un sentiment fortement mitigé. Le potentiel, notamment graphique, est bien présent, mais l’auteur pêche par une incapacité à faire avancer son récit, à monter un univers construit, et nous laisse naviguer dans une histoire aux contours flous. C’est beau, c’est indubitablement beau mais c’est plat, creux, sans réel enjeu ni personnage digne de ce nom. Ce nouveau titre apparaît donc comme une petite déception.




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A propos de Kubo

Kubo
Enfant de la « génération Club Dorothée », c'est un gros lecteur de mangas shônen, particulièrement ceux issus du Weekly Shônen Jump et des publications Shueisha en général, mais l’âge aidant ses lectures s’orientent de plus en plus vers les seinen.

3 commentaires

  1. Lectrice atterrée

    Je ne sais pas ce qui est le plus aberrant : que la critique ne développe absolument rien niveau argu en répétant en boucle les mêmes choses, ou que son auteur se vante sur twitter d’être « à contre-courant » des autres critiques…

    Ce n’est pas Komikku qui est à l’origine de la présentation en lien étroit avec Magus Bride : les deux séries sont présentées aussi en lien étroit au Japon, il y a même une expo commune qui a été dédiée. Juste parce qu’elles viennent du même magazine. Il faut se renseigner un minimum avant d’écrire… Komikku n’a fait que reprendre l’idée (ce qui est excellent pour la comm’ autour de la série).

    Arrêtez de trop comparer avec Magus Bride d’ailleurs : « Il n’y a pas vraiment de contextualisation comme c’était de le cas dans l’oeuvre de YAMAZAKI. » (et relisez-vous : « de le cas »… Cette critique torchée), ça n’a juste aucun sens de comparer les deux mangas comme ça. Il y a une base similaire (deux êtres complètement différents se rencontrent et s’apprivoisent), mais c’est tout… les deux titres prennent des voies différentes. Vous vouliez lire un ersatz de Magus Bride ?

    Dire que l’univers manque de travail, alors que c’est le plus gros point fort du manga, c’est affirmer qu’on est passé complètement à côté. L’univers est en corrélation directe avec le graphisme, quasiment tout passe par le dessin, et on comprend beaucoup de choses en l’observant. Chose que le chroniqueur n’a pas fait visiblement…

    « c’est à peine si l’on sait qu’il y a des humains et des maudits, des êtres de « l’intérieur » et de « l’extérieur ». » : c’est complètement faux ! C’est abordé petit à petit, la narration est géniale pour ça, l’univers s’enrichit petit à petit et est parfaitement posé… Sans dire que c’est hyper original dans le fond, tout est bien mis en place… Je ne comprends pas comment on peut écrire un truc tellement à côté de la plaque.

    « On se retrouve donc avec deux personnages qui vaquent à leurs occupations quotidiennes sans qu’un réel but ne soit même esquissé. » : deux êtres différents qui apprennent à se découvrir en dépassant les clichés sur leur « espèce » respective. L’innocence de la petite fille qui considère le » Maudit » sans a priori. Le « Maudit » qui protège l’enfant et prouve par là que les non-humains ne sont pas tous des « monstres ». Ils évoluent ensemble dans un univers où aucun des deux n’est totalement accepté (vu que les humains seraient prêts à tuer la gamine en plus de tous les non-humains). Juste apprendre à survivre ensemble dans une jolie leçon de tolérance et d’ouverture, si ça c’est pas un but, je ne sais pas ce qu’il vous faut…

    A partir de là, dire que les personnages sont à la peine, c’est d’une tristesse… C’est encore plus triste de s’enfoncer encore dans les comparaisons à Magus Bride entre le Professeur et Elias (qui, à part leur physique non-humain, n’ont rien en commun).
    Quant à la fillette : « A-t-elle un passé important ?  » : bah c’est une enfant qui a été ABANDONNEE. C’est dit en toutes lettres. Pourquoi serait-elle la clé de quelque chose ? On s’en fout. Pourquoi s’interroger sur des trucs qui n’ont rien à faire dans ce manga ?

    Désolée d’être si virulente, je n’aime pas critiquer comme ça le travail de quelqu’un, mais là ça se sent tellement que le chroniqueur a lu le titre en 10 minutes pour vite torcher sa chronique. Peut-être n’est-ce pas son genre de lecture à la base, mais du coup pourquoi se forcer à le chroniquer si c’est pour pondre un truc autant à la ramasse, qui ne développe rien, qui répète en boucle les mêmes choses sans fondement (comparaisons à Magus Bride, pas d’enjeux ce qui est complètement faux, personnages creux ce qui est à la ramasse aussi…) qui ne cherche même pas à comprendre l’univers (bravo pour être passé à côté des références au registre du conte) et les intentions de l’auteur ? C’est vraiment le genre de critique qui me file des boutons, parce que des gens vont s’y fier alors que l’auteur ne s’y est pas du tout impliqué (suffit de voir les fautes d’inattention, les répétitions, le manque d’argumentation… le vide global de la critique). Un conseil aux lecteurs qui passeront ici : fiez-vous plutôt aux autres chroniques déjà disponibles sur internet, comme celles de Nostroblog ou Manga-news pour ne citer que les toutes premières mises en lignes, qui au moins expliquent en détails le fond et la forme. Ne pas aimer est une chose, mais savoir expliquer en détails pourquoi en et surtout rester objectif est une autre…

    • Kubo

      L’auteur ne se vante de rien sur Twitter, il dit « on va sûrement s’en prendre dans la tronche ». Si ça c’est se vanter, il faudra revoir la définition du dictionnaire. Il ne faut pas interpréter les choses comme on voudrait qu’elles soient.
      De mon côté, il n’y a aucun plaisir à donner une mauvaise note à un titre. Si j’avais pu éviter de chroniquer le titre je l’aurai bien fait, mais sur trois lecteurs chez nous, c’est moi qui l’ait le plus apprécié…

      Bien sûr que c’est MAG Garden qui a communiqué sur les deux séries en lien l’une de l’autre, mais qu’est-ce que cela change ? Ce qui m’intéresse, dans le cas présent, c’est la volonté de Komikku de signifier en substance : « si vous avez aimé Magus Bride, vous aimerez l’Enfant et le Maudit ». J’aime beaucoup Magus Bride, et j’ai trouvé l’autre chiant comme la pluie.

      En fait, si je comprends bien il faut avoir le même avis que vous, car vous avez forcément raison, pour que ça passe ? J’attendais le titre et je me suis ennuyé ferme, n’ai-je pas le droit ? Avez-vous le « goût sur » ?
      Il faudra, un jour, apprendre qu’il y a autant d’avis et d’appréciation que de gens et que vous ne détenez pas nécessairement la vérité (je fais volontairement une généralité). J’ai trouvé ce bouquin très beau mais ennuyeux. Si je ne critique pas le fait que tu le considères comme génial, merci de respecter tout autant mon avis.

    • Ours256

      Hello,

      Il est intéressant de voir que, même si tu te considères comme « virulente » (je dirais plutôt « passionnée » ou « engagée »), tu as pris le temps de formuler ta pensée de manière correcte, ce que tout le monde n’arrive pas à faire de nos jours.

      Là où je tique un peu, c’est sur le « il l’a lu en dix minutes pour faire la chronique ». Alors déjà, ce n’est pas le genre de la maison et de deux, je fais partie de ceux qui l’attendaient et l’ont lu et on en a discuté assez longuement pour que je puisse te dire qu’il n’a pas survolé le titre. Remettre en question le professionnalisme d’un chroniqueur juste parce que le contenu d’une chronique ne me pousse pas à aller dans ton sens.

      Kubo a reconnu une qualité au titre (avec laquelle je n’étais même pas d’accord, disons le tout de suite), son graphisme, mais au niveau du reste, ses propros restent siens et il a le droit d’avoir son avis.

      Nous ne prenons pas les lecteurs pour des idiots. Lorsque nous publions une chronique, c’est un avis parmi d’autres. Si les gens veulent complémenter l’avis que nous donnons sur le site, il est tout naturel qu’ils se tournent vers les sites que tu mentionnes et il n’y a aucun problèmes avec ça.

      Ce que j’aimerais essayer de te faire comprendre par ce commentaire, c’est qu’il n’y a pas de valeur absolue quand on parle d’avis. Le chroniqueur a tout a fait expliqué pourquoi le titre ne lui avait pas plu. Tu n’es pas d’accord avec ses arguments et tu l’as fait comprendre dans ton commentaire, ce que l’on comprend et que l’on accepte parfaitement.

      Remettre en cause son intégrité parce qu’il ne partage pas ton avis reste, selon moi, une erreur.

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