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Le diable s'habille en soutane tome 1

Le Diable s’habille en soutane – Tome 1 de Yuki YOSHIHARA (Soleil Manga)

Le Diable s’habille en soutane – Tome 1 de Yuki YOSHIHARA (Soleil Manga) Éditeur : Soleil Manga
Titre original : Mephistopheles wa Dare?
Dessin : Yuki YOSHIHARA
Scénario : Yuki YOSHIHARA
Traduction : Julie GERRIET
Prix : 6.99 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 11/04/2018

Sur le point de se marier, Nanako largue son fiancé après avoir découvert qu’il la trompait. Elle se réfugie alors dans une église où le pasteur, au lieu de lui suggérer pardon et miséricorde, l’incite à se venger ! Un malheur n’arrivant jamais seul, elle se fait aussi licencier ! Et c’est encore le pasteur qui va la sauver en lui offrant un emploi au sein même de son église. Mais la proximité avec ce religieux non conventionnel ne va pas être de tout repos !

Nouveau titre pour Yuki YOSHIHARA, une auteure habituée des éditions Soleil Manga et qui est éditée en France depuis maintenant plus de 10 ans. Auteure à succès pour ses jôsei mêlant humour et érotisme, elle a enclenché un petit virage depuis quelques années pour proposer des œuvres plus softs sur tous les plans.
Le Diable s’habille en soutane ne fait pas exception mais conserve la patte de l’auteure qui reste tout à fait appréciable. En jonglant avec les réactions absurdes, elle contribue à faire des héroïnes aux caractères bien trempés et des amants plutôt intrigants.

Avant toute lecture, il est important de rappeler que l’église dont on parle ici est protestante et autorise les pasteurs à se marier. Cette précision est importante car l’apparence du pasteur peut faire penser à un prêtre catholique et amener de la confusion.

Le titre semble particulièrement pencher sur le thème du mariage. Les trois intrigues qui le composent, bien que centrées sur le duo pasteur/Nanako, tournent autour de ce moment bien particulier dans la vie d’un couple. Au départ c’est l’héroïne qui ouvre la marche. Trompée, bafouée juste avant l’autel, son fiancé donne une bien piètre image de ce moment sacré. Pour lui le mariage n’est qu’un avancement stratégique pour sa carrière. Vient ensuite l’hôtesse de bar dont le beau-père refuse l’union et pour finir l’histoire d’amour de la sœur de Nanako, qui la fait passer avant son propre bonheur.

Si les histoires de couples sont tout à fait l’apanage de Yuki YOSHIHARA, elle avait rarement démontré un aussi large panel de personnages et de situations dès le premier tome. Heureusement, ce n’est pas au détriment des héros qui avancent en fil rouge de ce titre.
Néanmoins, quelques raccourcis sont rapidement faits : on ignore pourquoi Nanako a quitté son travail même si on suppose que c’est dû à son fiancé qui travaillait avec elle. Le pasteur a toujours une attitude très intrigante qui laisse l’héroïne dans l’inconnu, mais également le lectorat et il est difficilement compréhensible de l’envoyer faire un travail d’hôtesse de bar sans lui en expliquer les raisons (ça ne vient que beaucoup plus tard).

L’alchimie entre les deux personnages centraux fonctionnent plutôt bien car Nanako n’est pas une femme faible. Au contraire, elle s’accroche à fond dans ce qu’elle entreprend, elle était même prête à pardonner à son fiancé son infidélité. Ce trait de caractère est vraiment propre aux femmes que dessine l’auteure et c’est une force car cela empêche le titre de sombrer dans la mièvrerie. Ainsi, le pasteur et elle sont presque sur un pied d’égalité : il n’est pas un sauveur, elle n’est pas une victime.

Incontestablement ce titre plaira au lectorat pour lequel il est conçu : des femmes dans la vie active. On aurait apprécié un peu plus d’avancées dans la relation amoureuse, l’auteure laisse d’ailleurs planer quelques bribes de scénario de fond concernant le pasteur. Le titre ne faisant que trois tomes c’est amplement suffisant pour développer un peu leur idylle et la vision de Yuki YOSHIHARA sur le mariage. Un peu d’espoir est permis pour obtenir des scènes plus osées dont elle a le secret. Quant à l’humour, il est assez présent chez le pasteur qui agit de façon relativement incongrue.

Son style graphique n’a que très peu changé depuis toutes ces années. On y retrouve donc la douceur dont l’auteure a le secret avec un style plus réaliste que la plupart des shôjo. La lecture est fluide et facile, on passe un bon moment dans une ambiance plus amusante que tragique.
Il est très appréciable que Soleil fasse toujours la même édition pour les séries de Yuki YOSHIHARA, cela permet une certaine continuité dans la collection. Le jeu de mot qui joue sur le titre « Le Diable n’habille en Prada » est plutôt bien trouvé, le titre original étant « Qui est ce Mephistopheles ? » (ce qui ne parlera pas forcément à beaucoup de monde).

Au final et sans grande surprise, ce manga s’insère tout à fait dans la continuité des titres de Yuki YOSHIHARA. L’histoire ne s’appesantit pas sur l’infidélité ou d’autres sentiments négatifs. Tout est traité de façon assez légère grâce au personnage du pasteur et après un premier tome assez mignon et tout dans le flirt, on a hâte de lire la suite pour savoir comment ces deux là vont se mettre ensemble. La religion n’étant que prétexte au scénario, elle n’est pas abordée dans ce tome, ce qui est dommage.

Le mariage rend aveugle, le pasteur rend la vue

Graphisme - 55%
Histoire - 45%
Mise en scène - 48%
Originalité - 42%
Édition - 55%
Dans son genre - 57%

50%

Amen

Malgré des personnages toujours aussi inattendus et des réactions vraiment drôles, Yuki YOSHIHARA peine depuis pas mal de titres à se renouveler. Le jôsei étant rare dans nos contrées, on ne va pas non plus bouder car indépendamment, ses œuvres restent vraiment appréciables et celle-ci ne fait pas exception. Espérons qu'elle retrouvera la flamme qui donnait à ses histoires le piquant qui les caractérisait.




A propos de Marcy

Juste un chat qui traine partout, fan de Sailormoon devant l'éternel, spécialiste du glauque et du déviant, chose étrange: ne travaille pas/plus dans le monde de l'animation.

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