Publicité


Accueil / Chroniques Manga & Animé / Chroniques Mangas / L’Atelier des Sorciers – Tome 1

L'Atelier des Sorciers #01
L'Atelier des Sorciers

L’Atelier des Sorciers – Tome 1

L’Atelier des Sorciers – Tome 1 Éditeur : Pika Édition
Titre original : Tongari Bôshi no Atelier
Dessin : Kamome SHIRAHAMA
Scénario : Kamome SHIRAHAMA
Traduction : Fédoua LAMODIÈRE
Prix : 7.5 €
Nombre de pages : 208
Date de parution : 07/03/2018

Coco a toujours été fascinée par la magie. Hélas, seuls les sorciers peuvent pratiquer cet art et les élus sont choisis dès la naissance. Un jour, Kieffrey, un sorcier, arrive dans le village de la jeune fille. En l’espionnant, Coco comprend alors la véritable nature de la magie et se rappelle d’un livre de magie et d’un encrier qu’elle a achetés à un mystérieux inconnu quand elle était enfant. Elle s’exerce alors en cachette. Mais, dans son ignorance, Coco commet un acte tragique ! Dès lors, elle devient la disciple de Kieffrey et va découvrir un monde dont elle ne soupçonnait pas l’existence !

Pika aime la magie et après Fairy Tail, l’éditeur tente un registre un peu différent avec ce qui devrait être l’une de ses plus grosses sorties de l’année. D’ailleurs, il semble beaucoup miser sur son nouveau seinen puisque L’Atelier des Sorciers a le droit à une édition limitée et son auteure, Kamome SHIRAHAMA est invitée au salon du livre qui se tiendra du 16 au 19 mars 2018.

Ce nouveau manga, c’est l’histoire de Coco, une jeune fille qui n’a rien de spécial si ce n’est un encrier et un carnet de magie offert par un étranger alors qu’elle se baladait en ville quand elle était enfant. Si elle n’avait jamais pu (ou plutôt « su ») s’en servir, sa rencontre avec Kieffrey va tout changer…
Comme beaucoup de mangas, celui-ci commence par un incident (voire même un double incident). Alors qu’elle ne possède aucune connaissance, Coco va jouer avec le feu et… se brûler. Même si ce n’est pas elle qui en fait les frais, sa mère n’y coupera pas.

Là où SHIRAMA fait quelque chose d’intéressant comparé aux autres titres, c’est dans sa manière de « blesser » son héroïne. Les dégâts ne sont pas physiques mais psychologiques. Coco, qui a toujours été fascinée par la magie, va en avoir peur pendant un petit moment. La jeune fille va donc rapidement apprendre la réserve et la réflexion (à la dure, certes mais quand même).

Voyage initiatique, découverte de nouvelles possibilités, théorie du complot, organisation maléfique… Il y a, dans L’Atelier des sorciers absolument tous les éléments nécessaires pour un bon manga d’aventure, certains pourraient même dire « shônen d’aventure » puisqu’on ne sait pas grand chose du père de Coco.

L’un des gros points forts de L’Atelier des sorciers, c’est sa mise en place qui se fait de manière progressive et très naturelle. En deux pages, SHIRAHAMA pose la base de son monde, en quelques actions, elle va montrer ce qui peut être fait et il ne lui faudra que quelques planches supplémentaires pour donner une profondeur et un background particulièrement intéressant au monde qu’elle a créé.
Evidemment, le tout est bien réparti sur plusieurs chapitres et on a jamais l’impression d’être noyé dans une masse d’informations indigeste.

C’est là qu’on voit la différence de savoir-faire entre les productions françaises et les productions japonaises. Plus ou moins dans le même type d’univers, Glénat vient de publier Tinta Run de Christophe COINTAULT. Là où SHIRAHAMA a fait le choix de la légèreté, l’auteur français va plutôt blinder ses planches de textes et perdre son lecteur, créant l’effet inverse…

À la lecture, on pense un peu à un mélange entre Seven Deadly Sins (pour l’univers un peu médiéval et le caractère des personnages) et The Ancient Magus Bride (pour l’ambiance et la magie). Cependant, le titre de Kamome SHIRAHAMA est assez fort pour posséder une identité qui lui est propre.
D’ailleurs, les habitués devraient se rendre compte qu’il y a quelque chose de très japonais dans le titre. On retrouve un univers codifié à l’extrême, avec des règles bien précises et des conditions d’execution spécifiques que l’on retrouve souvent dans les productions du pays du Soleil Levant.

Impossible dans cette chronique de ne pas se poser la question : « Est-ce que le délire des chapeaux pointus pour les magiciens était vraiment nécessaire ? »
Pas sûr mais après tout, qui n’a pas en tête l’image du Merlin l’Enchanteur de Disney ? Pour beaucoup de monde en occident, ce dernier la première porte d’entrée du grand public dans le monde de la magie.
Après, il ne faut pas négliger le travail de la mangaka pour moderniser ce chapeau et refaire les robes et autres habits des sorciers. À aucun moment on ne se dira : « Ah mais c’est vieux ce truc ! ».

Le dessin de SHIRAHAMA possède des qualités indéniables.
Les personnages possèdent une forte individualité dans leur design et si certains traits peuvent paraître classiques, l’auteure a toujours de quoi insuffler un peu d’originalité dans le style où la façon de les présenter.
Les décors ne sont pas en reste avec pas mal de variation pour un premier tome, preuve que la mangaka a déjà bien travaillé sur son titre et ne laisse rien au hasard. Certains ne sont d’ailleurs pas sans rappeler la campagne anglaise…

Le découpage est super dynamique, rien à dire à ce niveau là. Qui dit présentation de l’univers dit évidemment double-pages et si l’auteure n’en abuse pas, il y a quand même pas mal de passages très contemplatifs dans ce premier volume (mais c’est loin de nous déplaire, au contraire…).
Le rythme est maîtrisé à tel point qu’il est difficile de s’arrêter. D’ailleurs, ça s’enchaîne tellement bien qu’on mange le tome en quelques minutes…

Pour l’édition, c’est vraiment du bon boulot (ils se débrouillent vraiment bien ces derniers temps chez Pika) car on retrouve un ouvrage assez classique dans sa fabrication semi-rigide. Petit bonus pour ceux qui achèteront la version collector, vous pourrez retrouver des croquis en couleur dans un petit artbook, une interview exclusive et une jaquette différente pour marquer le coup.

La traduction, assurée par Fédoua LAMODIÈRE, passe plutôt bien. Les dialogues restent agréables et rien ne semble se perdre dans le flot du texte. Il n’y a pas non plus de construction trop bancale à signaler, ce qui montre que la relecture a été effectuée avec soin.

La théorie du complot, version magiciens

Graphisme - 81%
Histoire - 77%
Mise en scène - 72%
Originalité - 74%
Édition - 85%
Dans son genre - 80%

78%

Magique

L'Atelier des sorciers est une excellente surprise qui viendra plaire aux amateurs de manga bien construits. L'auteure prend la peine d'installer un univers intéressant et dont le potentiel est virtuellement illimité. Sachant qu'en plus les personnages ne sont pas en reste et qu'on a aussi le droit à une édition limitée, il n'y a pas vraiment de raison de ne pas se laisser tenter par l'histoire de Coco et son entrée dans le monde de la magie.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

Laisser un commentaire