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L'apprentie geisha

L’Apprentie Geisha

L’Apprentie Geisha Éditeur : Kana
Titre original : Itezuru
Dessin : Kazuo KAMIMURA
Scénario : Kazuo KAMIMURA
Traduction : Pascale SIMON
Prix : 12.7 €
Nombre de pages : 352
Date de parution : 01/10/2010

O-Tsuru (« la grue »), appelée ainsi parce que petite elle avait l’habitude de se tenir sur un pied pour réchauffer l’autre, a été vendue par ses parents pour qu’elle devienne une geisha. Elle va donc commencer comme shikomikko (« apprentie ») dans une okiya : la maison où vivent les geishas. En faisant les commissions de ses aînées, Tsuru va découvrir la vie de ses femmes. Enfin, un jour, son tour arrive. Elle se rend dans la chambre de son bienfaiteur. Celui qui, en payant les frais de cérémonie, va la faire entrer dans le monde des geisha. Tsuru va alors prendre le nom de Tsurugiku et devenir une geisha célèbre dans le monde des plaisirs.

Manga Mag continue son petit tour d’horizon des titres de Kazuo KAMIMURA avec L’Apprentie Geisha (toujours chez Kana) et vous propose aujourd’hui de vous pencher sur l’histoire d’une jeune fille vendue par ses parents afin de subvenir à leurs besoins. Cette dernière vit et évolue dans une okiya car elle est destinée à devenir geisha afin de racheter sa liberté et de pouvoir vivre pour elle…

L’éditeur nous le dit lui-même, « quand Kazuo KAMIMURA faisait ses débuts de dessinateur de mangas, il louait un bureau au premier étage d’une maison de geisha à Kagarazuka. C’est probablement là qu’il a découvert le monde d’élégance et de tristesse dans lequel elles vivent ».
Nombreux sont les ouvrages où le mangaka fait intervenir les fameuses courtisanes qui le fascinent tant. Cependant, le propos est légèrement différent ici puisqu’il va s’intéresser à l’un des parcours initiatiques traditionnels de l’une d’entre elles.

Lorsqu’O-Tsuru arrive à la maison Matsunoya, elle n’est qu’une moins que rien, une enfant de pauvre que ses parents ont du échanger pour pouvoir subvenir à leurs besoins les plus simples. En bonne apprentie, elle va suivre diverses leçons (arts d’agréments, etc.) mais aussi les ordres de la patronne et faire les courses dont elle la chargera, elle va accompagner les autres geisha dans certaines soirées et autres salons… Bref, elle va apprendre… ou du moins, elle va essayer !

La jeune fille étant un peu gauche, elle fait beaucoup d’erreurs et se fait donc pas mal réprimander et même taper dessus pour son manque de débrouillardise. Pourtant, elle endure avec le sourire et malgré son sort (qui n’est pas vraiment enviable), elle ne va jamais se plaindre de sa condition et va même aller jusqu’à défendre son envie de terminer sa formation.
Même si O-Tsuru n’est pas arrivé dans le milieu de sa propre volonté, elle a su trouver un véritable foyer dans cette okiya qui lui a permis de trouver des gens qui voulaient prendre soin d’elle et se souciaient de son futur. La patronne va même réprimander les parents de la petite venus lui demander un peu plus d’argent, ce qui a pour effet d’augmenter sa dette et donc de retarder sa « libération » puisque la future geisha devra reverser ses bénéfices jusqu’à ce que les deniers investis sur sa personne soient remboursés.

L’auteur ne s’arrête pas cependant au chemin parcouru par la petite fille. Il va aussi nous montrer le résultat. Une fois la formation terminée, le lecteur pourra donc découvrir le pur produit d’une okiya en la personne de Tsurugiku, nouvelle coqueluche des salons qui ne faillit jamais à ses obligations.
Une fois arrivée au sommet, c’est à celle qui était shikkomiko d’en employer une et de lui apprendre les rudiments du métier. Bien sûr, elle ne manquera pas de la réprimander lorsque ça sera nécessaire et saura faire preuve d’une patience qui force le respect, même dans une situation qui aurait pu très mal tourner pour elle.

Si l’acte sexuel a toujours une place prépondérante dans l’oeuvre de KAMIMURA, il se fait ici beaucoup plus rare que dans ses autres titres. Plus souvent mentionné que montré, le mangaka a préféré se focaliser sur le thème de l’enseignement. C’est un mode de vie qu’apprend O-Tsuru (pour mieux l’enseigner ensuite) et il y a toute une hygiène de vie qui va avec.
La routine de l’apprentie est claire : quelques courses, quelques cours, un accompagnement. Ses relations avec les autres geisha sont plutôt bonnes même si ces dernières n’hésitent pas à se défouler sur elle (bon, ça reste gentillet) à la première occasion ! Jour après jour, mois après mois, O-Tsuru continue, inlassablement, et finit par évoluer. La petite grue qui se tenait recroquevillée sur une patte a fini par se redresser et montrer toute sa splendeur.

D’un point de vue graphique, ce n’est probablement pas l’oeuvre de KAMIMURA qui viendra illuminer vos rétines mais il sert plutôt bien le propos. On retrouve le trait reconnaissable entre mille de l’auteur et on le surprendra d’ailleurs à utiliser un peu plus de trames que d’habitude. Sachant que sa protagoniste voyage dans des paysages assez différents, il joue un peu plus avec les différentes variations que l’on peut retrouver sur le territoire japonais au niveau de la peau.

Au niveau du découpage, c’est peut-être le plus classique de tous les titres de l’auteur sortis en France. On retrouve très peu des artifices qu’il utilise d’habitude pour exprimer les choses ou jouer avec nos émotions. Ici, quelques jolies planches à case unique pour représenter des instants qu’il désire figer à tout jamais dans l’esprit du lecteur mais pour le reste, on est dans une configuration classiques avec un bon équilibre entre le nombre de cases et leurs tailles, juste de quoi donner un rythme posé et une impression de maîtrise évidente.

L’édition de Kana est plutôt bonne dans son ensemble. L’ouvrage  ne bénéficiait pas encore de cette « mode » des fabrications super-souples (et donc qui plient pour un rien) que l’on a depuis quelques mois chez plusieurs éditeurs. Pour L’Apprentie Geisha, on retrouve un papier blanc épais qui ne bave pas et un grand format, de quoi apprécier le trait de maître KAMIMURA comme il se doit.
La traduction n’est pas mauvaise mais se voit entachée de quelques lourdeurs et de certaines tournures de phrases un peu limite. Un petit coup d’adaptation n’aurait pas été de refus pour mettre un peu plus en valeur le style d’écriture pourtant très particulier du mangaka.

La vie qui tenait sur une jambe

Graphisme - 72%
Histoire - 74%
Mise en scène - 83%
Originalité - 77%
Edition - 75%
Dans son genre - 80%

77%

Équilibre

L'Apprentie Geisha est un manga particulièrement intéressant dans la mesure où il nous fait découvrir l'une des routes qui peut mener à la vie de ces femmes qui évoquent la volupté et le désir chez les gens les plus fortunés. C'est juste ce qu'il vous faut pour patienter jusqu'à demain et la sortie d'Une Femme de Shôwa qui présente un chemin différent mais un résultat identique.




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A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

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