Publicité

Accueil / Chroniques Manga & Animé / Chroniques Mangas / Lady Snowblood – Tomes 1~3

[Dossier] Bilan de l’année manga 2016 : les tops, les flops, l’état du marché…

Publicité

Lady Snowblood – Tomes 1~3

Lady Snowblood – Tomes 1~3 Éditeur : Kana
Titre original : Shurayukihime
Dessin : Kazuo KAMIMURA
Scénario : Kazuo KOIKE
Traduction : Samson SYLVAIN
Prix : 12.7 €
Nombre de pages : 512
Date de parution : 23/11/2007

Sayo, condamnée à la prison à vie, pour avoir tué l’assassin de son mari et de son fils, ne vit plus que pour une chose : donner naissance à l’instrument de sa vengeance. Elle décède malheureusement en couches en donnant le jour à une fille, Yuki, qui, suivant sa destinée, deviendra la redoutable Lady Snowblood, aux charmes aussi affûtés que le sabre !

On continue notre petit tour d’horizon des œuvres de Kazuo KAMIMURA avec un titre qui aura inspiré l’un des cinéastes les plus en vue de notre époque Quentin TARANTINO et l’une de ses œuvres phares, Kill Bill. À l’origine ne se trouvait pas une mariée mais une fille, bien déterminée à venger sa mère dans Lady Snowblood, une histoire de revanche scénarisée par Kazuo KOIKE et dessinée par l’estampiste du manga.

Né de l’union d’un scénariste accro à la violence (allez lire Crying Freeman et vous verrez si KOIKE est un enfant de coeur) et d’un dessinateur dont le lyrisme n’est plus à démontrer, Lady Snowblood ne pouvait que faire des étincelles en mêlant deux univers qui ne sont pas forcément faits pour être associés.

Il est vrai que KAMIMURA aime mettre en scène des personnages qui souffrent beaucoup, physiquement comme psychologiquement mais peut-être pas au niveau de ceux imaginés par KOIKE. On retrouve cet aspect dans Le Fleuve Shinano où l’amour semait la mort sur le chemin d’une héroïne en proie à ses pulsions mais aussi dans Lorsque nous vivions ensemble où les pulsions destructrices de Kyôko et je ne vous parle même pas de maria

Dans le titre qui nous intéresse, les deux mangaka nous racontent l’histoire de Yuki, fille de condamnée qui va se retrouver prisonnière du destin. Alors que sa mère la met au monde, elle lui transmet sa rage et sa colère contre ceux qui l’ont emprisonnée pour un crime qui n’était que vengeance. Chose intéressante, on nous laisse comprendre que Sayo s’en serait probablement tirée si elle avait été un homme…
C’est donc en portant une rancoeur tenace que Yuki va grandir et aiguiser ses sens et son corps pour pouvoir venger celle qui l’a mise au monde.

Ne laissant place à aucun compromis et explorant l’un de ces univers sombre à souhait dont KOIKE à le secret, Lady Snowblood s’organise autour de Yuki, véritable point d’ancrage du titre. Cette dernière, même si elle n’a pas été imaginée par KAMIMURA, possède tout des femmes qu’il dépeint dans ses oeuvres : blessée, orgueilleuse, vengeresse, déterminée…
Derrière son visage impassible, la tueuse cache de nombreux talents et une prédisposition au maniement du sabre. En se dissimulant et en utilisant ses charmes, elle parvient à leurrer ses adversaires et ne laissera aucun obstacle se mettre sur le chemin de sa vengeance. Sa mère étant la victime de personnages haut placés, elle prendra un malin plaisir à faire tomber ceux qui ont sali l’honneur de sa génitrice en les faisant tomber du haut de leur piédestal.

Avec ses duels dantesques, ses changements de rythme qui pourront être vus comme « brusques » et son contexte historique presque « propice » à ce genre d’histoire, Lady Snowblood est un manga unique, certes, mais qui n’est pas sans rappeler les 7 Samouraïs d’Akira KUROSAWA.
Ce n’est pas forcément l’histoire de vengeance mais plutôt cette ambiance très travaillée autour d’un même sentiment d’injustice que l’on retrouve dans les deux oeuvres. Il y a aussi cette idée de « vivre par le sabre » qui revient et qui se trouve être l’un des points essentiels de la vie de Yuki. Lorsque sa mission est terminée, il ne lui reste plus grand chose. Que faire de son sabre ? Comment continuer à vivre dans un monde que l’on conçoit comme foncièrement pourri ? Pourquoi continuer à alimenter les caisses d’un gouvernement corrompu ?

Même si ce n’est pas Duke Togo (personnage principal de Golgo 13), Yuki est une vraie maniaque du combat (elle en est folle et ils la rendent folle)  qui ne se laissera jamais dominer par la peur, même lorsque ses adversaires semblent prendre le dessus. Avec un bon instinct combattif, elle enchaîne les combats difficiles et les souffrances qui les accompagnent. Même si elle ne tue pas pour le plaisir, elle n’hésite pas non plus lorsque le moment est venu d’agir. Elle est et reste une machine à vengeance, destinée à laver l’affront subi par sa mère et rien ne saura la faire dévier de sa route.
Même si Uma THURMAN faisait une superbe mariée vengeresse dans Kill Bill, elle n’arrive pas à la cheville de Yuki. Avec ce personnage, les mangaka ont créé une véritable personnification de la vengeance, insensible, distante et froide mais à laquelle il est impossible de ne pas s’attacher.

Pour le dessin, c’est du KAMIMURA au top de sa forme. Ses femmes sont toujours aussi belles et dangereuses et ce n’est pas la dame des neiges qui va venir changer la donne. À l’instar de sa collaboration dans Le Fleuve Shinano (et contrairement à Une Femme de Shôwa), le dessinateur n’a pas été bridé et soit KOIKE a adapté son scénario pour prendre en compte la spécificité de « l’Esampiste de Shôwa », soit ce dernier n’a pas hésité à imposer les envolées lyriques qu’on lui connait.

Bien évidemment, pour proposer des combats ultra rythmés et aussi dynamique, il organise sa page avec une précision et un niveau de détail qui force le respect. On retrouve ces successions de cases longues qui reprennent le même dessin mais en changeant un tout petit détail à chaque fois. Il y a donc une absence de mouvement (en tout cas, il n’y a aucun effet qui l’indique) dans chaque case et c’est leur association qui va permettre de voir les personnages s’animer. Ce n’est pas quelque chose de facile à rendre en mots mais lorsqu’on le voit, c’est tout simplement impressionnant.

Kana n’a, malheureusement, pas édité l’oeuvre dans le même format que les autres mangas de l’auteur. C’est un format assez standard (de taille moyenne si vous préférez) qui a été choisi, la seule différence étant que chaque volume totalise la bagatelle de… 512 pages ! C’est épais mais ça se lit à une vitesse… Les deux premiers tomes en sont presque frustrants tellement l’histoire s’enchaine et les pages défilent à une vitesse affolante pendant les combats…
En ce qui concerne le papier, gros volume oblige, l’éditeur n’a pas pu utiliser un papier trop fin (il se serait sûrement déchiré sinon) et on a un résultat bien équilibré et même si les tomes sont un peu difficiles à garder en main, sur votre jambe ou sur une table, ça ne posera aucun problème. À noter qu’un coffret regroupant les trois tomes était sorti à l’époque mais il est très peu probable qu’il en reste encore à l’heure actuelle.

On continue notre petit tour d'horizon des œuvres de Kazuo KAMIMURA avec un titre qui aura inspiré l'un des cinéastes les plus en vue de notre époque Quentin TARANTINO et l'une de ses œuvres phares, Kill Bill. À l'origine ne se trouvait pas une mariée mais une fille, bien déterminée à venger sa mère dans Lady Snowblood, une histoire de revanche scénarisée par Kazuo KOIKE et dessinée par l'estampiste du manga. Né de l'union d'un scénariste accro à la violence (allez lire Crying Freeman et vous verrez si KOIKE est un enfant de coeur) et d'un dessinateur dont le lyrisme n'est plus à…

Blanche Neige et les 7 sabres

Graphisme - 88%
Histoire - 79%
Mise en scène - 87%
Originalité - 72%
Edition - 75%
Dans son genre - 85%

81%

Tranchant

Lady Snowblood est une oeuvre fantastique à tous les niveaux. Avec son trait qui ne vieillit pas, KAMIMURA met en scène une histoire poignante signée KOIKE avec le talent qu'on lui connaît. L'estampiste a eu tout le loisir d'exercer son art en proposant des double-pages fixes dont la beauté restera figée dans l'esprit de tous les lecteurs désireux de s'y aventurer.




Acheter sur Amazon

A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

Laisser un commentaire

banner