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King of Eden – Tome 1

King of Eden – Tome 1 Éditeur : Ki-oon
Titre original : King of Eden
Dessin : IGNITO
Scénario : Takashi NAGASAKI
Traduction : Kette AMORUSO
Prix : 7.9 €
Nombre de pages : 208
Date de parution : 11/01/2018

Des villages entiers sont rayés de la carte par de gigantesques incendies aux quatre coins du globe. Thaïlande, Écosse, Espagne… le scénario est toujours le même : les cadavres calcinés des habitants portent des traces de morsures et ont subi de telles déformations qu’ils n’ont plus rien d’humain… Étrangement, un jeune archéologue coréen, Teze Yoo, semble lié à ces tragédies : sur chaque site, il achève le dernier survivant avant de brûler les corps. Mais pour les services de renseignements internationaux, il est surtout le suspect numéro un quant à la propagation d’un virus convoité par les groupes terroristes du monde entier ! Le Dr Itsuki, elle-même archéologue et ancienne camarade de classe de Teze, est recrutée par les services secrets coréens pour retrouver sa trace. De l’Angleterre à la Chine en passant par la Roumanie, la chasse à l’homme est lancée !

L’une des deux nouveautés de ce mois de janvier 2018 chez Ki-oon n’est pas un manga mais un manwha. Publié en Corée du Sud, King of Eden de Takashi NAGASAKI et IGNITO est un manga à suspense à l’intrigue bien ficelée qui devrait plaisir à tous ceux qui ont apprécié le travail du Japonais sur les oeuvres d’URASAWA. Après, ce n’est pas pour rien si le titre est vendu non pas par le talent de son dessinateur (qui est pourtant très bon) mais par celui de son scénariste.

Alors que tout le monde se met à regarder Devilman crybaby sur Netflix (on vous en parle très vite), ce ne sont pas des démons que va devoir affronter le Dr Itsuki mais d’autres êtres humains qui ont été contaminés par un virus et qui sont devenus assez « bestiaux ». Affronter est peut-être un bien grand mot parce que dans ce premier tome, on ne fait que nous présenter la situation, sans vraiment mettre en contact celle qui semble être l’héroïne ou du moins l’une des protagonistes (à première vue en tout cas) directement avec le problème.

La base de l’histoire est donc assez classique. Cependant, il y a quand même un petit plus original puisque l’auteur va mêler de nombreux éléments bibliques pour donner un côté un peu fantastique à l’histoire. Attention, il ne cherche absolument pas à faire quelque chose qui sortira trop de la réalité mais on sent qu’il construit son ambiance grâce au « mystique » apporté par l’intégration d’élément comme l’histoire d’Abel et Caïn. La contribution est évidemment positive puisque le lecteur se trouve en terrain connu (il y a pas mal de choses empruntées à la culture occidentale).

Par contre, pour profiter au maximum de ce King of Eden, il va falloir aimer les introductions lentes. L’auteur prend son temps et ne va pas hésiter à nous montrer plusieurs scènes de « tueries » où les victimes du virus s’en donnent à coeur joie pour bien montrer le problème en présence. Malheureusement, ça empiète un peu sur la présentation des personnages qui, pour un premier tome, est presque inexistante. On prend la peine de nous dire qui ils sont mais ça s’arrête plus ou moins là.

Il n’y a pas vraiment de temps pour commencer à les développer ou même de les rendre sympathiques afin de permettre au lecteur de les apprécier un peu. Pour le moment, la plupart de ceux mis en avant restent particulièrement génériques et on se demande comment ils vont faire pour prendre un peu d’importance (et gagner en charisme).

Cependant, il n’y a probablement pas de soucis à se faire. NAGASAKI aime ce genre de d’exposition fragmentée, on le sait bien puisqu’on a pu le voir dans le premier volume de Billy Bat ou encore de Pluto. Il écrit ce format à la perfection et c’est encore vrai ici. Même si les personnages sont seulement survolés, le cadre de l’histoire est forgé à la perfection grâce à des changements de lieux et de temporalité particulièrement bien gérés. Si vous aimez les intrigues qui vous font réfléchir et qui vous donnent envie de relire le tome à peine fini, vous êtes au bon endroit.
L’histoire n’avait peut-être rien de spécial (même si les références chrétiennes sont bien trouvées et bien utilisées) mais la mise en scène va clairement compenser grâce à cette capacité de l’auteur à jouer avec les différents éléments de son histoire (il les agence vraiment comme il en a envie, pour le plus grand plaisir du lecteur).

Si le dessin d’IGNITO n’a rien à voir avec celui d’URASAWA, il n’en reste pas moins particulièrement bien choisi pour mettre en image le récit du scénariste de l’auteur de Monster. On retrouve ici un style assez BD franco-belge, tant dans la morphologie des personnages que dans le découpage. La volonté du dessinateur de proposer un visuel réaliste concorde bien avec l’ambiance globale de la série.
C’est beau, rarement vide et les planches nous font rentrer facilement dans l’histoire. On peut dire que le pari est gagné, non ?

Ki-oon ne change pas de style au niveau de la fabrication et on retrouve les qualités inhérentes aux productions de l’éditeur, avec tout le plaisir de lecture que ça implique. On notera aussi qu’une bonne partie du premier chapitre est en couleurs. Cependant, ne vous attendez pas à une colorisation traditionnelle, on est dans un esprit très « noir », très « polar », un vrai plus qui saura mettre le lecteur immédiatement dans l’ambiance.

On avait déjà pu voir Kette AMORUSO à l’oeuvre niveau traduction sur les autres titres manwha de l’éditeur (Warlord, Witch Hunter…) et pour ceux qui se souviennent du titre, elle oeuvrait aussi sur le regretté Demon King publié chez Samji. Pour King of Eden, c’est plutôt fluide et ça se lit bien; rien d’autre à signaler à ce niveau là.

Ce qui se passe au village...

Graphisme - 76%
Histoire - 64%
Mise en scène - 85%
Originalité - 62%
Édition - 75%
Dans son genre - 64%

71%

Bestial

Ce premier tome est vraiment très court (malgré 208 pages !) et on sent bien que l'introduction n'est pas encore totalement terminée. Pour entretenir le mystère et bien construire son récit, le scénariste va même jusqu'à conserver un flou intéressant sur le rôle de ses personnages. Avec ses références bibliques et son aspect réalistico-fantastique, King of Eden étonne et intrigue. Rendez-vous à la sortie du tome 2 !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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