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King of Ants – Tomes 1 & 2

King of Ants – Tomes 1 & 2 Éditeur : Komikku
Titre original : Ari no Ou
Dessin : Ryu ITÔ
Scénario : Nagahisa TSUKAWAKI
Traduction : Masaya MORITA
Prix : 7.9 €
Nombre de pages : 220
Date de parution : 25/01/2018

Shirô est le caïd du quartier. Il y fait régner sa loi à coups de poing et ses ennemis sont légion ! Un jour, il apprend qu’il est le fils biologique du patron de la multinationale Rikudô. Les autres héritiers ne veulent pas que Shirô touche un centime de cette fortune et ils mettent sa tête à prix ! Mais c’est bien mal connaître ce dernier qui va déclencher une guerre sans précédent ! Les coups vont pleuvoir !

Komikku frappe fort et nous propose la version française d’un manga qui pourrait prendre la suite de Sun-Ken Rock à la tête des meilleures séries de baston publiée dans l’hexagone. Une chose est sûre, King of Ants de Nagahisa TSUKAWAKI et Ryû ITÔ tape dur dès les premières pages, pour le plus grand plaisir des amateurs de séries du genre.

Depuis la fin du titre phare des éditions Doki-Doki, il n’y avait plus grand chose à se mettre sous la dent pour les amateurs de baston pure et simple avec des personnages qui puent la classe. Ce Ari no Ou (titre japonais de la série) vient donc tenter de prendre la place d’un titre que le public a choyé pendant plusieurs années mais possède-t-il les armes pour le faire ?

En un mot… Oui ! Il y a, dans King Of Ants, presque tout ce qui a fait le succès de Sun-Ken Rock (il ne manque que la gent féminine). Avec Shirô, on retrouve un personnage principal au passé compliqué et qui cherche à devenir le meilleur non pas pour son propre intérêt mais pour les autres.

Même s’il n’en a pas particulièrement envie, il va se retrouver malgré lui en plein centre d’une guerre de succession à un empire dont il se fiche totalement. Ce côté un peu nonchalant du personnage principal fait qu’on s’attache assez vite. Il n’est pas aussi « méchant » que son statut de voyou ne laisse présumer et c’est encore plus vrai lorsqu’on le voit rassembler autant de gens autour de lui sans vraiment essayer de le faire.
Ses premiers ennemis deviennent ses alliés et commencent à voir en lui un homme fascinant, un leader inspiré qui pourra les mener au plus haut niveau.

L’histoire est plutôt bien tournée même si on se doute qu’elle n’est qu’un prétexte à une chasse à l’homme impitoyable. La fratrie Rikudô semble déjà avoir désigné le successeur et ne veulent pas qu’on leur mette des batons dans les roues et même si Shirô n’en avait pas l’intention, il se retrouve pris dans les querelles intestines d’une famille dans laquelle il n’a pas grandi.

Le scénariste insiste d’ailleurs beaucoup sur la filiation du héros. S’il n’a pas vécu toute sa vie avec son père, le peu de moments qu’il a passé avec lui compte clairement, il suffit de voir les flashbacks pour s’en convaincre. Dans chacun d’entre eux, on découvre une discussion entre Shirô et Rikudô qui a clairement influencé la vie du jeune homme.
Là où c’est bien fait, c’est que la série ne tombe jamais dans le pathos ou dans une sorte de mélodrame mal écrit. À chaque fois, c’est une petite leçon de vie dont le lecteur peut profiter.

La notion de « roi des fourmis » a évidemment une place capitale dans le titre d’ITÔ et TSUKAWAKI. On la retrouve d’ailleurs dans un de ces fameux flashbacks et on pourrait la définir comme la philosophie de Rikudô. Ce dernier voit le monde comme une fourmilière gigantesque et pour que tout fonctionne, il faut un chef d’orchestre, un guide et c’est là qu’il intervient. Il n’est pas là pour jouer aux petits chefs mais plutôt pour montrer la voie et faire en sorte que tout se passe bien.
Eh oui, même si King of Ants joue la carte de la baston au maximum, il saura vous surprendre en proposant une reflection intéressante sur la société humaine et son fonctionnement que l’on espère voire étoffée dans les prochains tomes.

Les fans de dessins ultra-réalistes ne devraient pas être déçus puisque Ryu ITÔ possède un style qui semble être hybride entre Shin’ichi SAKAMOTO (regardez de plus près les lèvres, les cheveux et les yeux) et BOICHI (pour les musculatures et le dynamisme des scènes de combat). Pour le moment, on ne peut encore rien dire sur les plastiques féminines puisqu’il n’y en a aucune qui apparait dans ces deux premiers tomes (et pourtant, on tourne les pages à une vitesse folle) !

Il n’y a rien à dire de plus, les planches sont sublimes et le découpage est parfaitement adapté à une action nerveuse presque ininterrompue de la première à la dernière page. Le dessinateur balade le regard de son lecteur et l’entraîne en plein coeur des combats en alternants plans loins et zooms chirurgicaux lorsqu’il veut mettre en avant les dégâts sur une certaine partie du corps ou encore un mouvement bien précis.

À la traduction, Masaya MORITA signe une copie correcte avec des textes plutôt fluides en général même si on retrouve quelques lourdeurs structurelles dans certaines scènes d’introspection et de réflexion. Après, il n’y a rien de vraiment choquant et le tout se lit sans aucun soucis mais lorsque le titre est passé à la correction, des retouches auraient pu être apportées très facilement.

Pour l’édition, on ne peut que regretter le manque d’investissement graphique de komikku au niveau de la couverture. Quand on compare avec les versions japonaises, tout l’effet de puissance du titre disparaît et son placement sur l’image est, lui aussi, loin d’être optimal. C’est d’autant plus dommage que l’éditeur se débrouille très bien au niveau de la fabrication avec un ouvrage semi-rigide plus qu’agréable en main et des pages en couleurs inédites dans la première impression de la série.

Quand le tamanoir n'est pas là, les fourmis dansent

Graphisme - 85%
Histoire - 72%
Mise en scène - 81%
Originalité - 70%
Édition - 66%
Dans son genre - 84%

76%

Tekken

Ça frappe et ça frappe encore ! King of Ants est un manga où les personnages ne s'arrêtent jamais de cogner et c'est tant mieux ! Si vous recherchez un bon manga défouler avec une pointe de philosophie, le titre de Ryu ITÔ et Nagahisa TSUKAWAKI est clairement fait pour vous !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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