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Ken'en - Comme chien et singe 1

Ken’en, Comme chien et singe – Tome 1

Ken’en, Comme chien et singe – Tome 1 Éditeur : Doki-Doki
Titre original : Kenen
Dessin : Hitoshi ICHIMURA
Scénario : FUETSUDO
Traduction : Julien POULY
Prix : 7.5 €
Nombre de pages : 162
Date de parution : 04/04/2018

Les habitants du village de Mitsuke sont sommés par un kakuen, une créature mi-homme mi-singe, de déposer une jeune fille en sacrifice au sanctuaire dédié à Tenjin. Le jeune bonze Benzon part alors pour le temple Kôzen-ji chercher de l’aide, et revient en compagnie du célèbre Hayate, un chien exorciste, pour tendre un piège à la créature malfaisante qui terrorise les villageois. Mais rien ne se passe comme prévu quand Mashira le kakuen décide d’adopter le superbe chien. Ainsi commencent les relations tumultueuses, « comme chien et singe », de ces deux êtres surnaturels au gré des saisons du Japon légendaire !

Ce chien blanc sur la coverture vous rappelle quelque chose ? Vous avez peut-être joué à Okami sur l’un des nombreux supports qui a accueilli le jeu ces dernières années. Hayate, protagoniste de Ken’en, Comme chien et singe, possède un petit côté Amaterasu qui n’est pas pour nous déplaire, mais pas que ! Petit avis sur ce seinen de FUETSUDO et d’Hitoshi ICHIMURA qui arrivera demain chez Doki-Doki.

Ken’en est histoire fantastique mettant en scène un dieu chien et des mononoke. Si la base peut vous rappeler un certain long-métrage animé d’un studio mondialement connu, l’exécution est complètement différente. Le point principal de l’histoire, c’est la rencontre entre Hayate et Mashira. Le chien exorciste était censé tuer le kakuen (être mi-homme mi-singe) mais il finira par se faire adopter.
Leur relation est intéressante dans la mesure où elle n’est pas forcée (même si le héros peut penser le contraire). On sent assez rapidement une véritable complicité entre les deux héros. Hayate comprend très rapidement la position dans laquelle se trouve son maître.

D’ailleurs, le récit se centre très rapidement sur le problème de reproduction des kakuen. Ces derniers ne peuvent faire survivre leur lignée qu’en utilisant des humaines. En effet, tous les bébés kakuen naissent masculins. Il leur faut donc trouver des femmes humaines pour se reproduire. Sachant qu’ils sont en petit nombre, on se doute que ce n’est pas facile tous les jours, que ce soit moralement ou physiquement.
Ces derniers sont loin d’être des bêtes sauvages, ils n’ont pas forcément recours à la violence. Ils ne font que ce qu’ils doivent faire pour assurer leur survie ou du moins, c’est le cas du groupe que l’on nous présente.

Le fait que Mashira n’aime pas particulièrement les humains ne rend pas les choses faciles et on se rend compte que son aversion est loin d’être anodine. La population du village qui se trouve près du sanctuaire où les kakuen vivent n’éprouvent que de la haine envers les mononoke en général et n’hésitent pas à l’exprimer haut et fort, de quoi blesser les plus jeunes qui se sentent rejetés et détestés par ce peuple qui leur est pourtant très similaire (les kakuen ont une apparence plus humaine qu’animale).
Le thème du racisme devrait donc abordé tout au long de l’oeuvre et un message de tolérance commence déjà à se dégager du titre.

D’un point de vue visuel, c’est vraiment sublime. Si vous ne connaissiez pas ICHIMURA, elle est déjà venue en France lors de Japan Expo 2009. Elle avait été invitée par les éditions Ki-oon afin de promouvoir la version manga de Tales of Symphonia. Son style n’a pas beaucoup changé mais il a gagné en finesse. Il suffit de regarder le niveau de détail sur les vêtements, les jeux d’ombre et même les poils du dieu chien pour s’en rendre compte.
Les décors ne sont pas en reste avec des paysages luxuriants que l’on peut admirer à loisir puisque les cases sont assez larges et proposent souvent des scènes qui laissent entrevoir au loin.
La dessinatrice se fait également plaisir au niveau des temples qui sont particulièrement bien représentés. Lorsque l’on regarde les photos qui lui ont servi de modèle, on ne peut que saluer le travail de l’artiste qui a su restituer parfaitement ces petites merveilles d’architecture japonaise que l’on trouve souvent dissimulés dans la nature.

Hayate, lorsqu’il prend sa forme humaine, possède un petit côté Inuyasha dans le chara-design qui est loin d’être déplaisant. Les fans de la série de Rumiko TAKAHASHI pourraient presque y voir un hommage tant le personnage est devenu mythique et vit dans la culture populaire japonaise.

Le découpage est d’ailleurs en phase avec l’ambiance, à savoir que tout est très calme. Il n’y a pas de grosses scènes d’action même si on a le droit à quelques scènes bien senties (une poursuite, un peu de chasse…) qui montrent bien les capacités d’adaptation de la dessinatrice. Les choses se déroulent calmement et laissent au lecteur le plaisir de la découverte tout en installant des enjeux pour Mashira.

Pour l’édition, il est difficile de dire si ça sera le cas sur tous les volumes (même si on espère que non) mais la copie en notre possession (et qui nous a servi pour la chronique), imprimée chez l’italien Lego, est un travail de cochon. Il y a plusieurs pages où l’encre bave et, cerise sur le gâteau, la jaquette est découpée n’importe comment, laissant apparaître la couverture en bas et dépassant d’un ou deux millimètres au dessus.
Heureusement, l’ouvrage se rattrape par sa traduction qui fait des choix lexicaux judicieux et qui ne cherche pas à tout traduire à tout prix, laissant certains pans de la culture japonaise dans leur version originale mais avec des notes explicatives claires et concises, histoire de ne pas couper la lecture.

Un titre qui a du chien

Graphisme - 75%
Histoire - 68%
Mise en scène - 70%
Originalité - 68%
Édition - 60%
Dans son genre - 76%

70%

God doG

Ken'en (comme chien et singe) est une bonne surprise. C'est bien dessiné, bien raconté grâce à un duo de protagonistes qui fonctionne. Avec son côté tranche de vie fantastique, le titre tapera sûrement dans l'oeil de ceux qui ont aimé le jeu Okami mais aussi aux fans d'Inuyasha !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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