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Jusqu’à ce que nos os pourrissent – Tome 1

Jusqu’à ce que nos os pourrissent – Tome 1 Éditeur : Pika Édition
Titre original : Hone ga Kusaru Made
Dessin : Yae UTSUMI
Scénario : Yae UTSUMI
Traduction : Jean-Benoît SILVESTRE
Prix : 7.5 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 09/05/2018

L’été de leurs 11 ans, cinq amis d’enfance commettent un meurtre et enterrent le corps au fond d’une grotte. Depuis, ils se réunissent chaque année pour se remémorer leur crime et renouveler leur serment d’amitié. Cependant, l’année de leurs 16 ans, tout ne se passe pas comme prévu : le corps a disparu et un maître-chanteur menace de révéler leur secret ! Peur et suspicion s’immiscent dans le groupe d’amis…

Le mois de mai est assez pauvre en nouveautés et on comprend facilement pourquoi. Avec la période Japan Expo qui arrive, les éditeurs préfèrent garder leurs meilleures cartouches pour fin juin/début juillet. Il y a pourtant quelques nouveaux titres à se mettre sous la dent et notamment chez Pika qui en propose trois. Jusqu’à ce que nos os pourrissent (Hone ga Kusaru Made) de Yae UTSUMI vient donc garnir un catalogue seinen de mieux en mieux fourni.

Cinq lycéens, un pacte pour garder un meurtre secret… La base du scénario n’est pas la plus originale mais pour ce genre de thriller, c’est l’exécution plus que le fond qui va déterminer la qualité générale. Pour le coup, c’est pas la folie.
On rentre assez facilement dans l’histoire même si les choses mettent un petit moment avant d’être clarifiées. Après, le principal, c’est qu’à la fin du tome, on sache à quoi s’en tenir et ici, c’est le cas. L’introduction peut donc être considérée comme réussie. Le problème, c’est qu’on se retrouve avec une histoire que l’on a déjà lue et qui emprunte un peu à de nombreux titres du même genre. On a le même genre de feeling que dans Doubt ou même Revenge Classroom pour le côté scolaire.

Les personnages ne viennent pas non plus sauver les meubles. Ils sont clichés au possible et on retrouve les poncifs du genre qui ne vous feront pas forcément rêver puisque vous les avez vus et revus. Entre la bimbo de service jalouse de l’amie d’enfance, un héros un peu psychopathe sur les bords et l’ami beau et bon en tout, il n’y a vraiment aucune place laissée pour l’originalité.

Le secret sur lequel se base l’histoire est assez simple et même s’il est assez touchant pour accrocher le lecteur, il reste trop peu développé et un peu trop une excuse pour que les personnages s’adonnent à la folie. Alors qu’on les voit le plus souvent comme des lycéens classiques, ils se mettent en mode « psychopathe » très facilement et sans vraiment crier gare. Ces changements d’humeur mal gérés sont donc assez décevants et montrent une écriture parfois un peu faible et qui a tendance à choisir la facilité, ce qui ne laisse pas énormément espérer pour la suite.

Graphiquement, c’est plutôt joli mais très quelconque. Le style de Yae UTSUMI n’est pas déplaisant mais on a l’impression de l’avoir vu tellement de fois qu’il ne fait pas beaucoup d’effet. Pourtant, les personnages sont assez bien proportionnés et les décors assez varié pour un titre censé se passer en milieu scolaire. On a le droit à une kermesse super vivante, des montagnes bien glauques et une école assez traditionnelle et on se balade assez facilement de l’un à l’autre pendant les quelques chapitres de ce premier volume.

Le découpage est assez intelligent et si les planches restent assez classiques dans l’ensemble, on a quand même le droit à quelques cases originales où les bulles vont venir déborder et exprimer des sentiments particulièrement forts de certains personnages. Les double-pages sont aussi très bien utilisées pour capturer un moment singulier dans la vie de ces cinq meurtriers malgré eux…

L’édition est toujours aussi propre chez Pika qui n’a pas encore succombé à l’extra-souple « qui est soit-disant comme au Japon mais qui en fait ne l’est pas quand on compare avec un tome en main ». On retrouve donc le format seinen traditionnel de l’éditeur avec un soin tout particulier au lettrage. L’éditeur fait vraiment de gros efforts à ce niveau là quand on compare avec les concurrents et force est de constater que ce changement visuel apporte pas mal à la lecture.

On le voit notamment lors de la scène où le maître chanteur appellent les cinq amis et sa voix complètement folle dans le téléphone montre sa folie et sa volonté d’intimider le groupe. Ces quelques planches auraient eu beaucoup moins d’impact avec un lettrage classique comme c’est le cas chez Kana qui garde la même taille et la même police dans chacune de ses bulles.

Petit meurtre entre amis ?

Graphisme - 67%
Histoire - 59%
Mise en scène - 60%
Originalité - 57%
Édition - 75%
Dans son genre - 53%

62%

Le club des 5

Jusqu'à ce que nos pourrissent est un titre assez peu original au final. On retrouve une base d'histoire avec un très fort arrière-goût de déjà vu et un côté gore un peu forcé qui ne vient pas forcément aider. Sachant que les personnages ne sont pas beaucoup moins cliché, il est difficile de s'attacher au dernier seinen signé par Pika, en tout cas pour l'instant...




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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