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Jumping – Tome 1

Jumping – Tome 1 Éditeur : Éditions Akata
Titre original : Jumping
Dessin : Asahi TSUTSUI
Scénario : Asahi TSUTSUI
Traduction : Yuki KAKIICHI
Prix : 6.95 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 08/06/2017

À cause de son écriture très peu soignée, Ran a toujours été la risée de ses camarades de classe. Et pour ne rien arranger, depuis qu’elle a raté ses examens d’entrée à l’université, la jeune femme vit enfermée chez elle, ne sachant plus quoi faire de sa vie. Heureusement, Sayuri, sa seule véritable amie, décide de l’embarquer de force à Aomori, région plus reculée du Japon, où elle fait ses études. Elle y fréquente notamment le club équestre, en parallèle de ses études. Au contact des membres du club d’équitation, mais aussi des chevaux, Ran va, malgré son manque d’assurance, retrouver goût à la vie !

Lorsqu’Akata a annoncé la sortie de Jumping, il était difficile d’y voir autre chose qu’un shôjo lambda pas très enthousiasmant. C’était sans compter sur le savoir-faire de l’éditeur pour trouver des titres frais et qui réussissent à faire changer d’avis après quelques pages seulement. L’oeuvre d’Asahi TSUTSUI s’avère bien plus intéressante que ce qu’on aurait pu imaginer avec le résumé et les quelques pages dévoilées jusqu’ici.

Si vous vous attendiez à voir de nombreuses scènes d’équitation dans ce premier tome de Jumping, c’est loupé ! On commence seulement à entrevoir ce qui devrait constituer le socle de la série mais ce n’est pas plus mal pour autant ! Dans un soucis de bien mettre en place son histoire, Asahi TSUTSUI ne précipite pas les choses, au contraire. Elle préfère prendre son temps et quoi de plus normal que d’avancer étape par étape lorsqu’on a une héroïne qui a perdu toute confiance en elle ?

Ran (et son état d’esprit) est le pur produit d’un système scolaire compétitif à souhait. La jeune fille, à cause de son écriture un peu bancale (mais clairement lisible) a été mise de côté par la société qui la considère comme « inapte ». Alors qu’aucun de ses profs de lycée ne croit en sa réussite (on retrouve un peu les concepts vus dans GTO avec des profs du même type qu’Uchiyamada qui humilient presque les élèves), elle perd espoir et finit par rater (pas à cause de son intelligence, c’est important pour l’histoire) les concours d’entrée à l’université.

Sans travail, sans perspective d’avenir, elle va continuer à se dévaloriser et à se considérer comme une moins que rien, une incapable, un peu comme ce que ses professeurs et certains amis de sa mère sous-entendent. Pourtant, elle peut compter sur le soutien de ses parents (qui ne la lâchent jamais) mais aussi de sa (seule ?) meilleure amie, Sayuri. Cette dernière a vu en Ran une jeune fille qui ne demandait qu’à s’épanouir et c’est pour ça qu’elle lui propose de changer d’air et de la suivre à Aomori.

Il y a, dans la relation Sayuri-Ran, une véritable sensation d’entraide mutuelle. Ce n’est pas une co-dépendance mais bien une coopération qui produit des effets bénéfiques sur ses deux parties. Quand Sayuri pousse Ran, cette dernière va au delà de ce qu’elle pensait pouvoir faire. De son côté, l’héroïne sert de point de repère, de phare à une jeune fille qui a débarqué dans l’inconnu et que personne n’a daigné aider. En réalité, peu importe les demandes de Sayuri, Ran finit toujours par céder et l’aider, même si elle sait que ça lui demandera des efforts considérables.

La place de l’équitation est très claire dès le premier volume et on voit la protagoniste avec des étoiles dans les yeux à chaque fois qu’elle voit un cheval. Elle va d’ailleurs s’avérer être très à l’aise au contact des bêtes, bien plus que lorsqu’elle doit aborder des humains. L’auteure entend bien faire de ce sport la clé qui viendra révéler la personnalité de Ran aux yeux de tous.
Shôjo ou pas, la romance n’est pas très présente et s’éclipse un peu (même si on a un début de piste sur ce qui pourrait être l’enjeu romantique de la série) pour laisser un peu plus de place aux sports équestres et à quelques scènes de saut qui viendront marquer les souvenirs de notre héroïne.

Le trait de la dessinatrice fait beaucoup penser à celui d’Ichigo TAKANO sur Orange. Il y a de grosses similitudes au niveau du chara-design des personnages et surtout des cheveux. On note aussi une utilisation des trames « typées shôjo » très limitée, ce qui vient donner un style un peu plus adulte à l’oeuvre et la rend aussi accessible à un plus grand public.
Aucune folie au niveau du découpage, le rythme étant assez lent, il n’y a pas énormément de petites cases et les plans larges se font la part belle dans les planches de la mangaka. Même si ses arrière-plans ne sont pas dingues, ils ont le mérite d’être là et de bien équilibrer le ration entre le dessin et le vide.
Une fois que l’équitation sera au centre de l’histoire et que l’héroïne se sera lancée, on devrait avoir le droit à un peu plus de diversité, surtout lors des scènes de concours ou la tension devrait être à son paroxysme. Au final, on se retrouve avec un dessin beau, fonctionnel et qui devrait plaire au plus grand nombre. Que demander de plus ?

Avec un logo assez sobre mais recherché qui se marie bien avec la simplicité des couvertures dessinées par Asahi TSUTSUI, Akata donne le ton de ce qui sera la qualité globale de l’ouvrage. L’éditeur n’a pas encore cédé à l’ultra-souple d’un certain nombre d’éditeurs qui plie et qui est censé être « comme les livres japonais » (qui ne sont absolument pas pliables et fait avec du papier à cigarette mais bon…) et on peut lire le titre sans avoir peur de le corner.
La traduction fonctionne bien et le tout apparaît comme très fluide. Le lecteur n’est pas confronté à trop de vocabulaire spécifique pour l’instant (mise en place de l’histoire oblige) et la traductrice n’a pas trop dû s’arracher les cheveux sur des répliques trop compliquées, les mots employés par la mangaka étant souvent simples et efficaces.

Cavaliers en herbe... À vos selles !

Graphisme - 76%
Histoire - 67%
Mise en scène - 65%
Originalité - 74%
Edition - 75%
Dans son genre - 73%

72%

Cheval

Jumping est un manga qui surprendra de manière positive quiconque lui donnera sa chance. Grâce à un dessin vraiment beau et à une mise en scène efficace, la série fait mouche. Même si le pitch ne vous parle pas, laissez-vous tentez par l'histoire de Ran car il est fort probable que vous puissiez vous y retrouver.




A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

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