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Dossier Boichi

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Ino-Head Gargoyle – Tomes 1~5

Ino-Head Gargoyle – Tomes 1~5 Éditeur : Pika Édition
Titre original : Ino-Head Gargoyle
Dessin : Tôru FUJISAWA
Scénario : Tôru FUJISAWA
Traduction : Xavière DAUMARIE
Prix : 6.95 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 21/09/2016

Le retour du flic véreux de GTO !
Après des années à semer la pagaille avec Onizuka sous le pseudo du « Chien enragé de Kamakura », Toshiyuki Saejima s’est rangé. Le voici aujourd’hui devenu un respectable policier à peine corrompu. Il mène une petite vie bien paisible entre magouilles et prostituées moches, jusqu’à sa rencontre avec la belle Shizuka, call-girl de luxe qui cherche désespérément à échapper à son ex-petit copain et proxénète. La gargouille d’Inokashira va-t-elle enfin réussir à faire l’amour gratuitement ?

Manga Mag continue sa petite rétrospective GTO avec Ino-Head Gargoyle, toujours signé Tôru FUJISAWA et toujours chez Pika. La différence, c’est que cette fois, le héros n’est pas Onizuka mais son ancien pote Saejima. Devenu flic, l’ancien voyou a tout du ripou mais qui sait, quelqu’un parviendra peut-être à le faire changer de style…

Saejima est un personnage de génie. On l’avait déjà vu via les chapitres spéciaux éparpillés dans GTO (Un jour comme les autres dans la vie de Saejima, agent de police) mais l’ancien bozozoku n’a rien d’un représentant de l’ordre. Comme Onizuka, il ne pense qu’à s’envoyer en l’air (gratuitement, ça a son importance), il n’hésite pas à abuser de son autorité, bref, le genre de flic qu’on ne veut pas vraiment croiser.

Pourtant, il fait du bon boulot et tient à ce que le domaine qui est placé sous sa coupe soit bien tenu. Ne croyez pas que Saejima le fait dans les règles de l’art. FUJISAWA ne se prend absolument pas au sérieux et chaque séquence n’est qu’un prétexte pour une blague vaseuse ou un délire aléatoire.

La clé d’Ino-Head Gargoyle, c’est l’humour. Si vous le lisez pour de l’action traditionnelle avec des flics, c’est raté. C’est le côté décalé de l’ancien loubard contrastant avec la position officielle qu’il occupe qui donne tout le sel à la série et qui la rend même digne d’intérêt.
Le mangaka a même pris la peine d’ajouter une intrigue de fond (assez basique mais quand même drôle) histoire de fédérer le lecteur à tous les niveaux.

Cependant, c’est peut-être là que le problème se pose.
FUJISAWA va réunir Saejima avec son camarade de toujours Kamata (leur duo dans Young GTO avait fait un gros carton et ils avaient posé pas mal de soucis à l’Onibaku combi, le duo formé par Eikichi Onizuka et Ryûji Danma) pour les mettre sur la trace d’un vendeur de drogue avec un tatouage en forme de rose bleue.

On retrouvait ainsi tout ce qui avait fait le succès de GTO : un héros charismatique (malgré ses coupes de cheveux bien loufoques), une position officielle pervertie par quelqu’un qui n’était pas vraiment digne de l’occuper, de l’humour parfois borderline et des situations ultra exagérées…
Malheureusement, le lecteur est un peu coupé dans son enthousiasme au début du tome 5 puisque l’auteur met en standbye l’histoire qu’il avait commencé à développer. Plutôt que de finir la recherche de l’homme à la rose bleue responsable des tourments de Kamata, il va proposer plusieurs petits chapitres humoristiques sans aucun lien.

C’est d’autant plus dommage qu’il avait dit dans une interview il y a quelques années que la série marchait bien au Japon (la publication était en cours) donc qu’est-ce qui a bien pu se passer pour que ça s’arrête subitement ? On ne le saura que quand l’occasion se représentera d’interviewer l’auteur à nouveau…
Pour le moment, il faudra se contenter d’une fin ouverte qui ne vient absolument pas terminer l’intrigue et c’est avec une vraie tristesse que l’on referme le cinquième tome d’Ino-Head Gargoyle que l’on avait pourtant ouvert avec envie et entamé avec étonnement.

Passé dans un magazine un peu plus adulte, FUJISAWA peut se permettre un peu plus au niveau du dessin et de nouvelles possibilités s’offrent à lui. Vous vous en doutez, le mangaka n’hésite pas à balancer encore plus de fan service que d’habitude mais après tout, il adore ça et il n’a plus besoin de s’en priver…

En tout cas, c’est clairement joli à tous les niveaux et on a le droit à de super planches lors de l’utilisation de la fameuse drogue de la rose bleue. Les hallucinations sont bien rendues et on voit que le travail sur Tokkô lui aura servi à quelque chose.

Le découpage est classique mais terriblement efficace. FUJISAWA n’a rien à prouver en matière de contrôle de rythme ou de mise en page, il sait exactement ce qu’il fait, pourquoi il le fait et de quelle manière le faire. On peut vraiment parler, à ce niveau, de dessinateur accompli.

L’édition est plutôt très bonne de la part de Pika. On a le droit à un ouvrage dans leur format seinen donc un peu plus grand que les tomes de GTO, un papier blanc et une fabrication semi-rigide particulièrement efficace.
Même si Xavière DAUMARIE se débrouille très bien à la traduction et les dialogues sont fluides et aussi irrévérencieux que ce que l’on était en droit d’attendre. Cependant, le fan aurait peut-être préféré que le titre soit confié à quelqu’un ayant déjà travaillé sur la saga comme Taro OCHIAÏ ou Vincent ZOUZOULKOWSY, mais ce n’est que du pinaillage.
Le bonus qui fait plaisir : les chapitres spéciaux dont on vous a parlé un peu avant on été ré-introduits dans le manga comme des « hors-série », l’occasion pour tous ceux qui ne les avaient jamais lus de les découvrir un peu plus en contexte.

Great Cop Saejima

Graphisme - 72%
Histoire - 52%
Mise en scène - 60%
Originalité - 62%
Edition - 80%
Dans son genre - 55%

64%

Le flic du parc Inokashira

Ino-Head Gargoyle n'est pas une mauvaise série. Saejima est vraiment le même qu'Onizuka dans une profession différence. Grâce à cette similitude, le titre se lit facilement d'une traite et on retrouve bien l'efficacité d'un titre qui porte la marque "GTO". Cependant, l'auteur se tire lui-même une balle dans le pied avec une fin précipitée vraiment mal amenée et une cassure dans une histoire qui promettait de longues heures de délires.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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