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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

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Innocent Rouge – Tome 1

Innocent Rouge – Tome 1 Éditeur : Delcourt/Tonkam
Titre original : Innocent Rouge
Dessin : Shin'Ichi SAKAMOTO
Scénario : Shin'Ichi SAKAMOTO
Traduction : Sylvain CHOLLET
Prix : 7.99 €
Nombre de pages : 208
Date de parution : 26/04/2017

Dans Innocent Rouge, place à la révolution française vue à travers les yeux de Charles-Henri Sanson. À l’aube de la Révolution, Charles-Henri Sanson, maître des hautes oeuvres de Paris, règne sur la famille des exécuteurs de France. Sa jeune soeur Marie-Josèphe, en charge de l’office de Versailles, devient incontrôlable à la mort d’Alain, son premier amour. Elle se jure de le venger en éliminant son assassin et ne recule devant rien pour renverser le système injuste qui lui a coûté la vie.

Après 9 volumes qui ne faisaient que monter en puissance, Innocent, manga de Shin’ichi SAKAMOTO publié aux éditions Delcourt/Tonkam, n’avait pas dit son dernier mot. Charles-Henri et Marie-Josèphe sont de retour dans une période où leurs services vont être mis à rude épreuve…

Pour commencer, il est très important de mettre en garde le lecteur qui n’aurait pas lu les neuf premiers volumes d’Innocent. Ce dernier aura beaucoup de mal à comprendre les motivations des personnages ainsi que les liens entre certains d’entre eux dans Innocent Rouge.

La coupure effectuée par le mangaka (plus probablement décidée par son éditeur) n’a pour intérêt que de signifier l’entrée dans la période de la révolution. L’évolution de Charles-Henri a atteint un certain palier et il est peu probable que le bourreau change beaucoup.
Il est maintenant à la tête de la famille et, comme son père à l’époque, il la dirige d’une main de fer. Il veut décider de tout et faire en sorte de contrôler la réputation des siens. Évidemment, avec sa soeur qui veut faire ce qu’elle veut, ça n’est pas forcément facile.

Il est intéressant de voir que Charles-Henri répète les erreurs de son père (en un peu plus soft quand même). Il va vouloir forcer Marie-Josèphe à se marier et donc à agir selon son bon vouloir pour la seule et bonne raison qu’il est le chef de famille.
Il va aussi forcer son fils à assister à des exécutions et à des dissections pour le former à son futur métier de « Monsieur de Paris » malgré les réticences fortes de ce dernier (comme lui-même à l’époque). Si Charles-Henri va réussir à rassurer sa progéniture sur son futur métier, il va se heurter au regard des autres, encore et toujours…

Plus intéressant, sa soeur, Marie-Josèphe, est particulièrement remontée. La mort de son premier amour va la lancer dans une vendetta impitoyable envers l’assassin mais plus généralement envers le gouvernement qui permet aux nobles d’agir de la manière qui leur plaît.
La jeune femme complote et utilise tous les atouts qu’elle possède pour parvenir à ses fins. Elle comprend bien mieux que son frère comment fonctionnent les hautes strates du pouvoir et elle compte bien s’y immiscer sans y être invitée.

C’est Marie-Josèphe qui incarne l’esprit de la révolution dans la famille Sanson. Alors que Charles-Henri apparaît comme (plus ou moins) conformiste, la jeune fille veut que les choses changent. Elle a vu tous les travers de la royauté et en a aussi souffert, contrairement à son frère.
Le mangaka a de quoi mettre en place le développement de thèmes différents de la première partie. Finie la découverte de soi et l’évolution de l’esprit. Ici, on parlera plutôt de gouvernement et de la différence entre les différentes composantes du peuple (nobles, tiers-état…).

Ceux qui ont lu la « première » saison ou encore Ascension connaissent le trait de l’auteur et ne seront pas surpris. C’est tout simplement magnifique (à tous les niveaux, vraiment) et il est difficile d’en demander plus à cet artiste qui réussit à nous en mettre plein la vue à chaque planche…

Pour l’édition, les choix de Delcourt/Tonkam ont été vivement critiqués sur les réseaux sociaux, en particulier concernant la jaquette. L’éditeur français a eu l’audace (ou le malheur, c’est selon) d’ajouter un fond et de styliser le logo un peu plus qu’ils ne l’avaient fait pour la première série.
On aime ou on n’aime pas mais on ne peut nier qu’il semblait y avoir une bonne idée à l’origine. Là où c’est difficilement défendable, c’est qu’il n’y avait rien eu de tel pour la première saison où les couvertures avaient été réutilisée quasi à l’identique…

Au niveau de l’ouvrage, même si on a un livre ultra-souple (nouveau standard oblige), le papier est assez épais et plus blanc que la majorité des autres publications de chez Delcourt/Tonkam. Il fallait au moins ça pour faire honneur au dessin de SAKAMOTO.
Aucune surprise en ce qui concerne la traduction puisque c’est toujours Sylvain CHOLLET qui est aux commandes et qui fournit un travail efficace et particulièrement agréable à lire. C’est fluide, cohérent et niveau de langue parfaitement adapté.

Des têtes vont tomber... !

Graphisme - 93%
Histoire - 74%
Mise en scène - 81%
Originalité - 74%
Edition - 65%
Dans son genre - 82%

78%

Sang

Innocent Rouge ne marque pas une véritable coupure dans la série. Même si on peut comprendre l'envie de l'auteur de marquer le coup de la révolution, il est difficile de justifier ce changement de titre. La violence est toujours au rendez-vous et se retrouve presque naturellement chez des personnages qui possèdent une sensibilité particulièrement forte grâce au génie de Shin'Ichi SAKAMOTO.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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