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Immortal Hounds

Immortal Hounds – Tome 1

Immortal Hounds – Tome 1 Éditeur : Ki-oon
Titre original : Shinazu no Ryouken
Dessin : Ryo YASOHACHI
Scénario : Ryo YASOHACHI
Traduction : Jean-Benoit SILVESTRE
Prix : 7.9 €
Nombre de pages : 208
Date de parution : 13/10/2016

L’immortalité est ce qui différencie l’homme de l’animal. Depuis cette évolution majeure, chaque être humain est capable de ressusciter en quelques secondes, en pleine possession de ses moyens et avec son apparence initiale, quelles que soient les blessures subies. Avec ça, une balle dans la tête est souvent le remède le plus expéditif pour guérir d’un simple rhume ! Mais cet état de choses est menacé par l’expansion d’un terrible fléau : le RDS, ou Resurrection Deficit Syndrome. Toute personne infectée perd à jamais sa capacité de régénération ! Il n’existe pas de vaccin, et les informations sur l’origine de ce mal sont rares… Tout ce qu’on sait, c’est que la transmission se fait par des “vecteurs”, des agents déjà mortels. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Mystère ! Ils ont l’apparence des humains, parlent comme des humains et se fondent dans la masse… L’ONU a déclaré la guerre à ces porteurs de virus, et la police est autorisée à les éliminer à vue. L’inspecteur Kenzaki est un fervent chasseur de vecteurs. Et pour cause, sa petite sœur adorée est morte à cause de l’un d’eux… Mais face à lui se dresse une professionnelle du combat dotée de capacités physiques surhumaines et d’armes inconnues, qui apparaît à chaque fois que des vecteurs sont en danger. Sa mission : les exfiltrer et les aider à disparaître…

Les lecteurs de comédies romantiques devraient réagir en entendant le nom de l’auteur de la dernière sortie en date de Ki-oon. En effet, Ryô YASOHACHI n’est autre que l’auteur d’Uwagaki, série en 4 tomes sortie il y a quelques temps chez Doki-Doki. Le mangaka avait alors proposé une petite série facile à lire et dont le scénario était tourné de manière plutôt intelligente. Avec une ambiance variable selon les volumes, le titre avait de quoi plaire. En est-il de même avec Immortal Hounds ?

Publié dans Harta (magazine qui compte Bride StoriesLe Monde de Rin, Stravaganza, Rudolph Turkey, entre autres…), Immortal Hounds est un titre encore en cours et qui compte quatre tomes. La série démarre donc tout doucement et vient proposer autant de violence qu’Uwagaki proposait de romance !

Dans ce monde où mourir n’est pas vraiment un problème, on retrouve deux personnages stéréotypés à souhait : un inspecteur déterminé ayant perdu un membre de sa famille en luttant contre les vecteurs (ces humains infectés qui peuvent « enlever » l’immortalité aux humains) et une jeune fille aux réactions robotiques totalement dénuée de sentiments qui ne vit que pour sa « mission ». Quand on voit ça, il faut avouer que c’est plutôt mauvais signe…

Même si Kenzaki a le droit à un chapitre complet qui sert de prologue et explique comment il en est arrivé là, il n’en reste pas moins assez plat. L’auteur ne lui donne aucune nuance et son côté trop lisse et trop prévisible lui donnent très peu de crédibilité en tant que personnage de seinen.
Rin est peut-être plus crédible mais, encore une fois, beaucoup trop classique pour vraiment faire la différence. La jeune femme apparaît comme une version cheap et peu travaillée de Makina, l’héroïne de Shikabane Hime. Son côté sombre et ses expressions faciales vides la rendent cependant un peu plus intéressante mais surtout plus intrigante que Kenzaki.

Là où l’auteur devrait faire plaisir, c’est dans le développement de son histoire. Alors qu’il présente un monde et des personnages ancrés dans un manichéisme primaire (combat du bien contre le mal tout ce qu’il y a de plus classique), il y a fort à parier que la barrière sera brisée et qu’entre les gentils et les méchants, des ponts seront créés et des alliances se formeront. On avait déjà bien vu dans Uwagaki qu’il ne fallait pas se fier aux apparences dans le travail de YASOHACHI.

Graphiquement, c’est super propre à tous les niveaux. On reconnaît assez facilement le train du mangaka grâce aux yeux assez longs de ses personnages et le design des armes est plutôt réussi. On notera quand même des décors assez vides par moment pour mieux concentrer le regard du lecteur sur les personnages. Ce n’est pas particulièrement gênant mais on aurait peut-être aimé quelque chose d’un peu plus détaillé (quelques impacts de balles, la destruction des bâtiments…) histoire de donner encore plus de dynamisme à l’action.

Le découpage est très classique : entre 5 et 7 cases banales lorsqu’il s’agit de scènes de la vie quotidienne et des planches de 3 cases ainsi que des double-pages pour les scènes d’action. Ça pète de partout, les onomatopées sont là pour renseigner le lecteur sur la violence des impacts et leur force destructrice, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

L’édition de Ki-oon n’a rien d’extravagant. L’éditeur reste dans ce qu’il sait faire avec son format seinen classique qui a fait ses preuves à de maintes reprises. Les lecteurs fidèles à l’éditeur ne devraient donc pas être dépaysés et l’ouvrage reste de très bonne qualité. Au niveau de la traduction, rien de particulier à signaler si ce n’est l’utilisation de tournures impersonnelles quand Rin s’exprime, de quoi lui enlever encore plus son humanité.

Lara Fabian pourrait se remettre à chanter !

Graphisme - 70%
Histoire - 58%
Mise en scène - 65%
Originalité - 48%
Edition - 75%
Dans son genre - 53%

62%

Mortel ?

Immortal Hounds est un titre qui démarre de façon très moyenne avec un scénario assez banal et des personnages vraiment trop stéréotypés pour qu'on apprécie. Cependant, connaissant l'auteur, il doit avoir quelques atouts en réserve histoire de re-dynamiser un peu le tout. On vous en reparle lors de la sortie du tome 2 !




A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

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