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Igai – Tome 1

Igai – Tome 1 Éditeur : Glénat
Titre original : Igai -THE PLAY DEAD/ALIVE-,
Dessin : Tsukasa SAIMURA
Scénario : Tsukasa SAIMURA
Traduction : Marie-Saskia RAYNAL
Prix : 7.6 €
Nombre de pages : 196
Date de parution : 06/07/2016

Et si la zombification, tout comme la rage, vous rongeait peu à peu par crises répétées ? Pourriez-vous tuer un zombie, sachant qu’il pourrait redevenir votre petite amie dans quelques minutes ? Que feriez-vous, si votre meilleur ami vous poursuivait avec une batte à la main, en vous traitant de zombie ?

Si on vous dit Tsukasa SAIMURA, le nom doit vous dire quelque chose, non ? Avec Kozô TAKAHASHI, ils proposaient Crueler Than Dead l’année dernière chez Glénat, qui les avait invité à Japan Expo. Avec Igai, l’auteur revient en France avec une histoire de zombies comme il les aime.

Les mangas de zombies ne manquent pas et en sortir un pour qu’il vienne « s’ajouter » à la liste ne présente pas grand intérêt. Glénat l’a compris et avec Igai, c’est avant tout l’idée de départ que l’éditeur semble avoir sélectionnée et validée. Dans le titre de SAIMURA, les zombies ne sont pas encore complètement transformés. Ils ont des « phases » de zombification pendant lesquelles ils cherchent à manger tout ce qui bouge mais reviennent à eux après quelques minutes.

Il est assez rare de voir des morts-vivants ne pas vraiment être « morts ». Il n’y a généralement aucun doute sur le côté inhumain des créatures que combattent les héros. Pourtant ici, la frontière est beaucoup plus floue puisque les zombies reprennent conscience. Tuer est donc plus compliqué et les problèmes moraux posés sont abordés différemment de ce qu’on à l’habitude de voir.

Malheureusement, le premier tome tourne un peu en rond. On voit le héros dans les mêmes situations deux fois. Il se fait attaquer par sa copine devenue zombie, il discute des possibilités et de ce qu’elle va devenir lorsqu’elle récupère sa conscience et boom, le cycle recommence. Le mangaka ne cherche pas vraiment à creuser mais plutôt à instaurer un rythme qui ne prend pas vraiment.

Son découpage n’est pas en accord avec la vitesse qu’il essaye de donner au déroulement de son histoire. Plutôt que de multiplier les petites cases (ou ajouter des gros plans) pour donner un effet d’accélération, il joue plutôt avec des plans moyens et fixes… L’effet obtenu n’est évidemment pas celui escompté et même si on ne s’ennuie pas forcément, le côté « déjà-vu » est bien présent.

Alors que le duo avait été plutôt convaincant, SAIMURA seul peine un peu à convaincre. Le mangaka possède de bonnes idées mais il ne semble pas avoir de quoi aller au bout de celles-ci. La faute à un emploi du temps trop chargé lorsqu’il doit se charger de toutes les étapes de la production d’un manga ? Peut-être… En tout cas, à plusieurs reprises, le lecteur se dira que les visages sont trop « figés », que le tout est trop « fixe » et que les planches manquent de mouvement.

Il manque à SAIMURA le trait de TAKAHASHI pour pouvoir exprimer pleinement son talent, ses mises en images n’étant pas assez bonnes pour faire passer ses idées de manière optimale.

Autre élément négatif : les personnages. Ils sont malheureusement tous trop stéréotypés. Le héros paumé, la jeune fille en détresse, le gros musclé qui cherche à aider… Vous les connaissez tous et vous les avez certainement croisés au détour d’une lecture ou du visionnage d’une série Z. En tout cas, ils ne sont en rien modifiés pour avoir ce « petit truc en plus » qui nous ferait compatir ou qui viendrait nous accrocher.

Au niveau de l’édition, on est loin du soin apporté à Crueler than Dead il y a un an, on se trouve plutôt dans la politique actuelle de Glénat qui semble vouloir tout miser sur la souplesse…
Il est vrai que l’ouvrage possède des noirs solides et deux pages en couleur sur papier glacé mais les similitudes s’arrêtent là. Le format est plus petit, le papier plus transparent et la qualité générale de l’ouvrage plus basse (encore un livre pliable…).
Ce qui ne change pas, c’est l’effort fait sur la traduction qui joue bien avec l’omission de certains détails.

Toi aussi, mange ton(ta) petit(e) ami(e) !

Graphisme - 58%
Histoire - 52%
Mise en scène - 44%
Originalité - 63%
Edition - 40%
Dans son genre - 50%

51%

Graaaahhh

Igai est un manga malheureusement décevant. Il y a quelques bonnes idées au niveau du scénario mais sont très mal exploitées. Le graphisme figé n'aidera pas non plus le lecteur à se plonger dans cette nouvelle histoire proposée par Tsukasa SAIMURA, dommage...




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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